Beaucoup de candidats abordent leur VAE comme un dû.

Après tout, et avec tant d’années d’expériences professionnelles : « Je mérite ce diplôme ».

Or, la reconnaissance des acquis n’est pas un droit automatique.

Le jury de VAE n’est ni un distributeur de diplômes, ni un psy, encore moins un fan club.

Il a une mission et une seule : évaluer la démonstration de vos compétences, pas l’histoire de votre vie.

Le piège, c’est de confondre expérience vécue et compétence démontrée.

Ce n’est pas parce que vous avez traversé des épreuves, occupé un poste ou

« toujours fait comme ça », que vous êtes au niveau du diplôme visé.

Le jury n’est pas là pour applaudir votre parcours, mais pour analyser comment vous agissez, décidez, structurez, et formalisez.

Et quand vous vous présentez avec la conviction que “vous le méritez”,

Sans avoir pris le temps de traduire ce mérite en compétences, en preuves concrètes, en niveau de maîtrise

Vous créez une attente qui vous dessert.

Alors remettons les choses à l’endroit :

Vous ne méritez pas ce diplôme.

Vous devez le prouver !

Et bonne nouvelle : ça, ça se travaille.

C’est ce qu’on va voir ensemble aujourd’hui.


Oui, votre parcours est peut-être semé d’embûches.

Oui, vous avez tenu bon, appris sur le terrain, évolué sans filet, dans des conditions parfois difficiles.

Mais cela ne suffit pas à valider un diplôme.

Le jury n’est pas un agent de réparation sociale.

Il n’est pas là pour rectifier le passé, réparer un système scolaire qui vous a laissé sur le bord de la route ou compenser une carrière sans reconnaissance.

Il a une mission précise :

s’assurer que les compétences attendues au niveau du diplôme sont bien acquises, exercées, maîtrisées.

Peu importe le contexte, peu importe la douleur ou le mérite.

Ce qu’il cherche, c’est de la preuve, pas du pathos.

Et ça, c’est une claque pour beaucoup de candidats, quand ils obtiennent une invalidation de leur démarche.

Parce que cela demande de sortir de soi, de prendre de la hauteur, d’objectiver ce qu’on croyait évident.

Mais c’est aussi bénéfique, car, justement, en cas de validation partielle ou d’invalidation de votre VAE,

Ce n’est pas votre personne qui est visée, ou dévalorisée,

Mais la restitution de votre parcours et la conscientisation de votre expérience qui ne sont pas suffisamment abouties.

Cette dissociation est importante pour la suite,

Car elle vous permet de mettre cette démarche et son résultat, à bonne distance.


Vous pouvez avoir un parcours de vie bouleversant, avoir surmonté l’adversité, vous être battu pour en arriver là.

Je serai la première à saluer ce parcours, ce courage, et soif de revanche.

Mais si vous arrivez en entretien avec une posture de victime, vous risquez de désarçonner le jury.

Ce n’est pas de l’indifférence.

C’est une posture professionnelle.

Le jury n’est pas là pour écouter votre histoire, il est là pour évaluer votre posture :

Votre capacité à analyser, structurer, formaliser vos pratiques.

Ce qui l’intéresse, ce n’est pas ce que vous avez vécu, c’est ce que vous en avez fait.

Il ne vous demande pas de vous raconter, mais de vous positionner.

Pas d’émouvoir, mais d’argumenter.

Pas de vous justifier, mais de démontrer.


Certains candidats entrent dans la salle en mode « séduction » :

Bonne présentation, sourire, anecdotes, pour montrer qu’ils sont motivés, volontaires, reconnus dans leur entreprise.

Mais là encore, c’est à côté.

Le jury ne cherche pas un bon collaborateur.

Il cherche à savoir si vous fonctionnez déjà au niveau du diplôme visé.

Pas si vous êtes sympa (même si un candidat souriant est toujours plus agréable !).

Pas si votre N+1 vous aime bien.

Pas si vous êtes un bon élément dans l’équipe.

Mais si vous tenez une fonction, si vous avez une vision métier, si vous comprenez les enjeux et savez agir avec méthode et recul.

Autrement dit : pas de jeu de rôle.

Pas de marketing personnel.

Juste du contenu professionnel structuré.


C’est peut-être la partie la plus brutale.

Mais elle est fondamentale.

Vous n’avez pas à attendre que le jury vous reconnaisse.

Vous devez le conduire à constater.

Ne lui laisser aucune autre option que celle de valider ce fichu diplôme.

C’est votre job de l’emmener, pas le sien de deviner.

Et tant que vous restez dans une posture d’attente — que ce soit une attente de reconnaissance, de validation ou d’encouragement — vous restez dans un rapport déséquilibré.

Lorsque j’étais candidate VAE pour un Master 2, il y’a un temps maintenant,

J’avais cette soif de reconnaissance.

Parce que mon parcours était « cabossé », sur certaines parties : douloureux.

On parle poliment d’un parcours « atypique » !

En bref, j’ai fait comme j’ai pu pour avancer, évoluer, et compenser ce manque de diplôme.

Mais mettre un mouchoir sur cette absence de « parcours formatif », ne l’efface pas pour autant.

Et quand vous engagez une démarche, ce joli mouchoir, et tout ce qu’il y’a en dessous,

Vous explosent à la figure,

Et vous renvoient à vos choix de l’époque, de quitter le cursus scolaire,

Ou parfois à l’absence de choix.

Et cela fait rejaillir, en prime, tout ce que vous n’avez pas traité :

  • Manque de confiance en soi
  • Sensation d’être illégitime dans cette démarche
  • Doute sur ses compétences
  • L’impression d’avoir bricolé un petit parcours pro
  • Ne pas savoir après tout ce qu’il vaut…

J’en passe et des meilleurs !

Je vais donc vous livrer le conseil que j’aurais aimé avoir, lors de cette démarche.

La seule posture qui tient la route en VAE, c’est celle de l’auteur.

Pas du demandeur.

Pas du méritant.

Celui ou celle qui prend la parole, construit une démonstration, assume un niveau de professionnalisation, et invite le jury à voir ce que vous êtes réellement capable de produire.

Et tout ça, sans connaitre le résultat, et sans en avoir peur.

Car on est au clair avec soi et son parcours.


Arrêtez de subir la VAE comme une épreuve imposée, un jugement que l’on vous ferait plutôt qu’une opportunité à saisir.

Des miettes qu’on voudrait bien vous accorder, car vous avez « galéré » !

Le vrai pouvoir est entre vos mains.

Le jury n’est qu’un miroir, un prisme qui reflète ce que vous lui montrez.

Alors posez-vous ces questions :

Qu’est-ce que je choisis de montrer ?

Laissez-vous votre parcours vous définir, ou allez-vous lui donner un sens ?

Structurez-vous, analysez-vous, formalisez-vous réellement vos compétences ?

Comprenez-vous ce que vous faites au quotidien,

Ou exécutez-vous simplement une série de tâches ?

La VAE n’est pas une loterie, ce n’est pas une faveur.

C’est un combat.

Un combat contre vos doutes, contre vos automatismes, contre cette tendance à penser que « ça va passer tout seul ».

Spoiler : ça ne passe jamais tout seul !

Les personnes qui réussissent sont allées chercher ce diplôme.

Prendre le pouvoir, c’est décider que vous ne serez pas un candidat parmi d’autres,

Mais un professionnel qui sait convaincre, argumenter et s’imposer par la compétence.

La VAE ne vous doit rien.

Le jury non plus.

Mais vous, vous pouvez tout lui donner.

Vos soirées, vos week-ends, vos congés.

Car c’est aussi ça qui fera la différence :

Votre temps, vos sacrifices, vos priorités.


Ce qui se joue ici changera votre « demain ».

Ce qui se joue dans la VAE dépasse largement la simple obtention d’un diplôme.

C’est un révélateur, parfois brutal, de votre capacité à vous responsabiliser.

À cesser de subir.

Vous pouvez continuer à vous plaindre, à attendre que les choses changent “par miracle”,

Ou bien décider de vous lever, de prendre en main votre parcours, vos choix, vos actions.

La VAE est un véritable laboratoire de cette posture :

Êtes-vous capable de prendre du recul ?

D’analyser ce que vous maîtrisez réellement ?

De formaliser, défendre et incarner vos compétences ?

De voir vos points d’amélioration aussi, pour continuer votre parcours formatif ?

D’avouer vos échecs, vos difficultés, vos doutes ?

Se responsabiliser, c’est faire le choix conscient de ne plus être simple spectateur de votre existence, mais acteur principal.

Si vous passez à côté de cela, la VAE ne sera qu’un rendez-vous manqué de plus.

Vous voulez que ça change ?

Commencez par cesser d’attendre que cela vienne à vous.

Allez le chercher.

Car votre vie, elle aussi, ne vous doit rien.


Je sais que cet article va secouer, déranger peut-être.

C’est même très bien comme ça.

Parce qu’en écriture, comme dans la vie, il faut parfois bousculer les codes, casser les habitudes, pour provoquer le vrai changement.

Je terminerai avec une expression mexicaine que j’adore, parfait pour la démarche d’écriture et d’introspection :

« Lo que choque, checke ! » —

Comprenez : ce qui choque mérite qu’on s’y arrête, qu’on l’analyse, qu’on le comprenne.

Alors si mes mots vous déstabilisent, prenez-le comme un signe :

Il est temps de regarder en face vos blocages, d’affiner votre récit, et de reprendre la plume avec courage et clarté.

Personne ne fera le travail à votre place.

Et personne ne viendra vous sauver.

A vous de construire une vie, qui aura un sens pour vous.

Alexandra

Accompagnatrice VAE Certifiée

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