Vous voulez votre diplôme sans retourner sur les bancs de l’école ?
Très bien.
Mais comprenez une chose : ça ne se donne pas.
Ça se mérite.
La VAE, ce n’est pas un raccourci.
C’est un face-à-face.
Avec vous-même.
Avec votre parcours.
Avec tout ce que vous avez fait — ou cru bien faire — sans jamais avoir dû le justifier noir sur blanc.
On ne vous demande pas de “raconter ce que vous avez vécu”.
On vous demande de démontrer.
De décortiquer vos décisions, vos actions, vos résultats.
De mettre des mots professionnels sur ce que vous faites, parfois de manière intuitive.
Et ça, c’est inconfortable.
C’est exigeant.
C’est déroutant.
Alors non, la VAE n’est pas dure.
Elle est juste réservée à celles et ceux qui sont prêts à aller au bout d’eux-mêmes pour transformer leur vécu en reconnaissance.
Le diplôme est à portée.
Mais il a un prix.
Pas un prix financier.
Un prix existentiel.
Vous allez le payer de votre chair.
La seule vraie question, c’est : êtes-vous prêt à le payer ?
1. Ce que vous allez laisser sur le chemin
La VAE, ce n’est pas seulement ce que vous allez gagner.
C’est surtout ce que vous allez perdre.
Et il faut l’accepter dès maintenant.
Vous allez perdre vos illusions.
Celles qui vous faisaient croire que “ce que vous faites parle pour vous”.
Ou que vous « faites le boulot » depuis 15 ans… alors !
Ce n’est pas à vous qu’on va apprendre quoi que ce soit n’est-ce pas ?
Non.
Ça ne suffit pas.
Le jury de VAE ne vous connaît pas.
Il ne voit ni votre posture, ni votre charisme, ni vos résultats concrets.
Il lit un écrit.
Point.
Et dans ce dossier, il n’y a que ce que vous avez su expliciter qui compte.
Ce qui n’est pas dit n’existe pas et ne sera pas validé !
Vous allez devoir mettre l’ego de côté.
Il ne s’agit pas de “se vendre” ou de faire briller un CV.
Il s’agit d’analyser, avec humilité et précision, ce que vous avez su faire, apprendre, décider, corriger.
Parfois, vous allez aussi devoir admettre que vous n’avez pas tout maîtrisé.
Et justement : c’est là que se trouve la compétence.
Dans la façon dont vous avez géré l’imprévu, la contrainte, la difficulté.
Dans la façon dont vous avez appris.
Dans la façon dont vous vous êtes aussi ramassé !
Écrire sur soi, ce n’est jamais naturel.
Encore moins quand il faut le faire dans un cadre normé, avec des preuves, des indicateurs, des référentiels.
Ce n’est pas intuitif.
C’est inconfortable.
Mais c’est aussi là que commence la bascule :
Quand vous arrêtez de “faire” et que vous commencez à comprendre ce que vous faites !
2 – Ce que ça demande vraiment : discipline, solitude et courage (les sportifs comprendront !)
On ne valide pas une VAE entre deux réunions.
On ne rédige pas un livret sur un coin de table, en pilotage automatique.
On avance, un mot après l’autre, souvent seul, souvent dans le doute.
On efface, on corrige, on recommence.
Et pour ça, il faut trois choses que personne ne vous offrira.
De la discipline
Il faudra écrire quand vous êtes fatigué.
Revenir sur vos textes, encore et encore.
Vous relire, reformuler, détailler.
Chercher les bons mots.
Coller au référentiel sans perdre votre voix.
C’est une traversée du desert, sans eau, avec un caillou dans la godasse !
Et il faut avancer, encore et toujours.
De la solitude
Personne ne peut écrire votre livret à votre place.
Oui, vous pouvez être accompagné.
Vous allez avoir une méthode, une aide, un regard extérieur.
Même des encouragements si votre accompagateur est sympa !
Mais au final, c’est vous seul face à vous-même.
Combien de candidats que j’accompagne m’ont écrit à 23h, minuit, 1h du matin, pour me faire part de leur désespoir, de leurs doutes…
C’est normal : c’est le process.
C’est le tarif !
Tous les candidats qui ont passé une VAE ont vécu cela (moi la première !).
C’est dans cette solitude que vous allez creuser.
Trouver.
Comprendre.
Évoluer.
Du courage
Celui de vous regarder en face.
De mettre des mots sur ce que vous savez faire, mais que vous n’avez jamais valorisé.
Celui de vous exposer, sans connaitre le résultat.
De prendre le risque du non, et de l’assumer.
Mais aussi, et surtout, le courage de revendiquer ce que vous avez fait.
3 – Pourquoi il faut savoir ce que vous visez (sinon vous allez lâcher)
Il y a un moment où la technique ne suffit plus.
Pas de motivation.
Pas d’inspiration.
Juste l’envie de tout fermer.
Et dans ce moment-là, il ne restera qu’une chose pour vous tenir debout : votre “pourquoi”.
Ce terme a été tellement utilisé qu’il en a perdu toute sa beauté.
Le pourquoi, c’est cette énergie que vous avez au fond de vos tripes.
Ce feu, cette soif de revanche !
Vous ne tiendrez pas avec un objectif flou
“Je veux un diplôme” — trop vague.
“Je veux qu’on reconnaisse mon expérience” — trop passif.
Il faut quelque chose de plus fort, de plus profond.
Un vrai moteur.
Quelqu’un à qui vous voulez prouver quelque chose.
Un plafond que vous voulez faire exploser.
Une situation que vous refusez de revivre.
Un patron que vous voulez quitter, le plus vite possible !
Une entreprise à créer…
Une revanche sur votre enfance.
Où est votre rage ?
Ce que vous visez doit être viscéral
Posez-vous la vraie question :
Qu’est-ce qui fait que je ne peux pas me permettre d’abandonner cette VAE ?
Si la réponse vous touche, vous fait trembler un peu, c’est que vous êtes sur le bon chemin.
Sinon, vous risquez d’être parmi ceux qui commencent fort et s’éteignent en cours de route.
Quand on n’a aucun plan B, on s’accroche : croyez-moi !
La clarté, c’est votre bouée de sauvetage
Quand vous saurez exactement pourquoi vous faites ça, tout prendra un autre sens :
– chaque heure passée à écrire,
– chaque moment de solitude,
– chaque retour de votre accompagnateur qui vous fait grincer des dents (oui parfois, on peut être un peu… embêtant !).
Tout ça deviendra du carburant.
Parce que la vérité, c’est que vous n’êtes pas juste en train de chercher un diplôme.
Vous êtes en train de prendre votre place.
Conclusion – Oui, ça coûte cher. Mais rester à votre place actuelle vous coûte encore plus.
On ne va pas se mentir : valider une VAE, c’est rude.
Ça bouscule, ça épuise, ça gratte là où c’est sensible.
Vous allez être bousculé, fatigué, traversé par le doute.
Mais ce n’est rien comparé au coût silencieux de l’immobilisme.
Le vrai prix, c’est celui que vous payez déjà :
Chaque fois qu’on ne reconnaît pas votre valeur.
Chaque fois que vous vous autocensurez sur une opportunité.
Chaque fois que vous laissez passer un poste “parce qu’il faut un diplôme”.
La VAE, ce n’est pas une formalité.
C’est une déclaration.
Une prise de position.
Un “ça suffit” lancé à tout ce qui vous maintient en-dessous de votre potentiel.
Oui, cela vous demandera du temps, de l’énergie, et du courage.
Mais ce que vous gagnerez dépasse largement un simple bout de papier :
Vous gagnerez de la légitimité, de l’assurance, et une nouvelle trajectoire.
Alors la seule vraie question est la suivante :
Êtes-vous prêt à payer le prix… pour enfin obtenir ce que vous méritez ?
Si oui, retournez à vos claviers et allez chercher ce diplôme !
Tous mes voeux de succès.
Alexandra
Accomagnatrice VAE Certifiée
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