J’ai reçu récemment, sur ma chaîne YouTube, un commentaire qui a particulièrement retenu mon attention.
Un candidat y partage son ressenti après son passage à l’oral de VAE.
17 années d’expérience.
Un parcours qui semblait solide à ses yeux.
Et pourtant, à la sortie de l’entretien, un sentiment brutal :
celui d’être « brisé ».
Comme si, en une heure, toute sa légitimité venait d’être remise en cause.
Comme si son expérience ne valait plus rien.
Ce type de retour n’est pas isolé.
Et il mérite d’être compris avec justesse.
Voilà pourquoi je rebondis sur ce commentaire pour vous proposer cet éclairage.
Mes propos vont peut être déranger, choquer, mais vous ne pouvez pas entrer dans une VAE, sans comprendre cela.
Une réalité difficile à entendre… mais essentielle
Il est important de poser un cadre clair :
On ne brise pas quelque chose de solide.
On ne brise que ce qui est déjà fissuré.
Un jury de VAE ne détruit pas un parcours.
Il ne remet pas en cause 17 années d’expérience en une heure.
En revanche, il met en lumière ce qui n’a pas été suffisamment consolidé en amont.
Oui, un oral peut surprendre.
Oui, certaines questions peuvent déstabiliser.
Oui, il est possible de sortir un peu secoué ou lessivé.
Mais se sentir anéanti, illégitime ou vidé dépasse le simple effet d’un entretien.
C’est souvent le signe qu’un travail essentiel n’a pas été mené avant.
Avant la VAE : un travail d’alignement indispensable
La VAE ne commence pas avec un dossier ou un écrit.
Elle commence bien avant.
Pour pouvoir parler de son expérience avec justesse, il est nécessaire d’avoir fait un travail de fond sur son parcours.
Faire la paix avec son histoire personnelle.
Pas seulement avec ses réussites.
Mais aussi avec ses détours, ses hésitations, ses moments de doute.
Car un parcours n’est jamais linéaire.
Il est fait d’apprentissages, d’ajustements, d’évolutions.
Et surtout, il ne définit pas une personne.
Il la construit.
La VAE n’est pas là pour réparer une histoire.
Elle n’est pas là pour combler des manques : un manque d’estime, la honte de ne pas avoir fait d’études…
Elle demande autre chose :
être capable de poser son parcours, tel qu’il est, de l’assumer, et d’en démontrer la valeur.
Le jour de l’oral : une posture à incarner
Se présenter devant un jury de VAE, ce n’est pas venir se justifier.
C’est être en capacité de dire :
« Voilà d’où je viens.
Voilà ce que mon parcours m’a appris.
Et voilà pourquoi cette expérience a de la valeur. »
Cela suppose une posture ancrée.
Une capacité à assumer son parcours, y compris dans ses imperfections.
Car personne ne devrait avoir à baisser les yeux dans la vie, et certainement pas devant un jury.
Identifier et renforcer ses zones de fragilité en amont
Ce travail de préparation est concret.
Il consiste à identifier ses zones fragiles… et à les renforcer.
Vous allez donc avoir un certain nombre d’actions à mener sur ce sujet.
Plusieurs axes sont fréquemment concernés :
- Le rapport à l’écrit et au langage professionnel : se remettre à lire, enrichir son vocabulaire, structurer sa pensée.
- La prise de parole : s’entraîner, se filmer, apprendre à s’écouter et à ajuster son discours.
- La structuration des idées : savoir expliquer clairement ce que l’on fait, avec méthode et précision.
- La légitimité : reconnaître ses compétences, les nommer, les assumer.
- La posture : sortir du doute, éviter la minimisation, affirmer des éléments concrets et maîtrisés.
- Le regard de l’autre : s’exposer progressivement, s’entraîner à répondre, apprendre à tenir sa place.
La VAE ne laisse que peu de place à l’improvisation.
Ce travail en amont est déterminant.
Si vous improvisez, préparez-vous à vous… ramasser.
Dans les deux sens…
VAE ou formation : faire un choix éclairé AVANT !
Il est également essentiel de rappeler qu’il existe une autre voie.
Si ce travail de fond n’a pas été engagé, ou si certaines bases ne sont pas encore solides, la formation peut être une alternative pertinente.
Une formation apporte :
- des méthodes,
- des repères,
- des connaissances structurées.
Elle permet de s’entraîner, d’être accompagné, et d’être évalué progressivement sur sa compréhension.
Là où la VAE attend que ces éléments soient déjà acquis.
Faire ce choix en amont est essentiel.
Et il nécessite d’être pleinement au clair avec sa situation.
La VAE : une démarche exigeante, mais surtout révélatrice
La VAE n’est pas qu’un dispositif de validation.
C’est une démarche exigeante.
Parfois confrontante.
Mais profondément révélatrice.
Être prêt pour une VAE, ce n’est pas seulement maîtriser un dossier.
C’est être prêt à :
- être évalué,
- être questionné,
- être challengé,
- être regardé avec exigence,
- être critiqué : au sens noble du terme,
- voir son parcours analysé en profondeur.
Non pas pour être jugé.
Mais pour être reconnu, à sa juste valeur.
Etre tout simplement évalué.
Conclusion
Lorsqu’elle est préparée avec sérieux et lucidité, la VAE ne détruit rien.
Au contraire, elle permet souvent une bascule essentielle :
Le parcours que l’on pensait imparfait devient la preuve concrète de ses compétences.
À condition, toutefois, d’avoir pris le temps de le comprendre…
et de s’y préparer pleinement.
J’espère que ce candidat qui a laissé ce commentaire, aura compris ma réponse,
Puis comprendra un peu plus ce développement, que ne permet pas une simple réponse sur Youtube.
A vous qui me lisez, j’espère que cet article vous aidera à vous positionner,
Pour ne pas subir votre démarche, mais apprécier le chemin de valorisation que vous êtes en train de mener.
Alexandra
Accompagnatrice VAE
Articles complémentaires à consulter suscpetibles de vous intéresser :
1 – Durant une VAE, le jury doit vous voir « aux commandes »
2 – Comment valoriser un parcours « atypique » durant une démarche de VAE ?
3 – Rédiger son Livret 2 : ce que le jury attend vraiment (et que personne ne vous explique clairement)