« Mon parcours est un peu atypique… »
C’est l’une des phrases que j’entends le plus souvent chez les personnes qui envisagent une VAE ou sont déjà engagées dans cette démarche.
Certains parlent d’un parcours « cabossé », d’autres ont l’impression d’avoir changé trop souvent de direction.
Il y a ceux qui ont commencé dans un métier alimentaire avant de découvrir leur voie, ceux qui ont suivi une orientation qui ne leur correspondait finalement pas, ou encore ceux dont la carrière s’est construite au fil des opportunités.
Et très souvent, derrière ces mots, il y a une inquiétude :
Est-ce que mon parcours est suffisamment cohérent pour une VAE ?
La réponse est simple : oui.
La VAE ne s’adresse pas forcément aux parcours linéaires ou aux carrières parfaitement tracées.
Elle a justement été créée pour reconnaître les compétences acquises par l’expérience, quelles que soient les étapes qui ont jalonné votre chemin professionnel.
Car dans la réalité, très peu de carrières suivent une ligne droite.
La plupart se construisent par essais, par choix parfois contraints, par opportunités ou par découvertes tardives d’un métier qui fait réellement sens.
L’important n’est donc pas que votre parcours soit « parfait ».
Ce qui compte, c’est de comprendre ce qu’il raconte, d’en révéler la logique et de montrer comment chaque expérience a contribué à construire les compétences que vous mobilisez aujourd’hui.
Et c’est précisément ce travail de mise en lumière que permet la démarche de VAE.
Dans cet article, je vais vous expliquer, concrètement, pourquoi un parcours atypique n’est pas un obstacle dans une VAE, et surtout comment le valoriser pour qu’il devienne un véritable atout devant le jury.
Et si vous préférez un format audio, vous pouvez retrouver l’épisode sur Youtube, où je rentre davantage dans les détails de chaque partie :
Vous prenez le toboggan à l’envers
Dans un parcours de formation classique, on commence généralement par acquérir des connaissances.
Puis on les met en pratique lors de stages, avant de passer un examen pour vérifier que ces compétences sont maîtrisées.
La VAE fonctionne différemment.
On pourrait dire que vous prenez le toboggan… à l’envers.
Votre expérience professionnelle existe déjà.
Vous avez appris sur le terrain, développé des compétences, évolué dans vos fonctions.
Au fil du temps, vous avez construit une véritable expertise.
La VAE intervient alors pour reconnaître officiellement cette expertise par l’obtention d’un diplôme.
Cette démarche permet souvent de sécuriser un parcours professionnel : pour évoluer, changer d’entreprise, créer son activité ou simplement faire reconnaître ses compétences.
Un parcours atypique n’est pas un frein
C’est ici que le premier problème se pose, où plutôt la première « barrière ».
Des candidats pensent que leur parcours est trop irrégulier pour entrer dans une démarche de VAE.
Pourtant, ce n’est pas la linéarité du parcours qui compte.
Ce qui importe, c’est le sens que vous donnez à votre trajectoire.
Dans une carrière, il est courant d’avoir occupé des emplois dits « alimentaires », simplement pour répondre à des besoins essentiels : payer son logement, subvenir aux besoins de sa famille, sécuriser sa situation financière.
Cela fait partie de la réalité de la vie professionnelle et il n’y a aucune raison de le cacher.
Parfois, un parcours comporte aussi des détours : une orientation choisie trop tôt, des études qui ne correspondent finalement pas à ses aspirations, ou encore des opportunités professionnelles qui orientent progressivement vers un autre métier.
Et puis, il y a ces trajectoires où la vocation se révèle plus tard.
On commence dans une fonction, puis on découvre progressivement un domaine qui nous passionne.
Les responsabilités évoluent, les compétences se développent, et une nouvelle identité professionnelle se construit.
Tous ces parcours ont une logique.
Même lorsqu’elle n’apparaît pas immédiatement.
Donner des clés de lecture au jury
Dans une démarche de VAE, le jury ne connaît ni votre histoire ni votre parcours.
Votre rôle consiste donc à lui permettre de comprendre qui vous êtes professionnellement.
On peut imaginer le jury comme un invité que vous accueillez chez vous.
Vous lui ouvrez la porte, vous l’accompagnez dans chaque pièce et vous lui expliquez ce qu’il voit.
Il en va de même pour votre parcours professionnel.
Vous invitez le jury à entrer dans votre histoire professionnelle et vous lui montrez comment vous travaillez, ce que vous savez faire, et comment vous avez construit vos compétences.
Il ne s’agit pas de vous justifier ou de vous excuser pour certaines étapes de votre parcours.
L’objectif est simplement d’apporter des clés de compréhension : expliquer d’où vous venez, comment vous avez évolué et pourquoi votre demande de VAE est cohérente aujourd’hui.
Mettre des mots sur vos compétences
L’une des difficultés les plus fréquentes dans une VAE n’est pas d’avoir des compétences… mais de savoir les nommer.
Dans le quotidien professionnel, nous agissons, nous résolvons des problèmes, nous menons des projets, nous accompagnons des équipes.
Pourtant, nous prenons rarement le temps de mettre des mots précis sur ces actions.
La VAE demande justement ce travail d’analyse.
Il s’agit d’identifier ce que vous faites réellement dans votre activité professionnelle et de le relier aux compétences attendues dans le diplôme visé.
Le référentiel de certification devient alors un outil précieux pour mettre en lumière la correspondance entre votre expérience et les attendus du diplôme.
Peu à peu, ce travail permet de constituer une véritable « boîte à outils » de compétences : des projets menés, des situations professionnelles significatives, des responsabilités assumées.
C’est à partir de cette matière que vous pourrez construire votre dossier (livret 2).
Clarifier votre parcours pour mieux le raconter
Avant de rédiger votre dossier de VAE, il est souvent utile de prendre du recul sur votre parcours.
Avec le temps, les expériences s’enchaînent et se superposent parfois sans que l’on en perçoive clairement la cohérence.
Prendre un moment pour retracer son chemin professionnel permet souvent de révéler une logique qui n’était pas évidente au premier regard.
Certaines personnes utilisent une frise chronologique, d’autres une carte mentale ou simplement un récit écrit.
L’essentiel est de reconstituer les grandes étapes de votre parcours, les événements marquants et les choix qui vous ont conduit là où vous êtes aujourd’hui.
Cette réflexion constitue une base solide pour la rédaction du livret 2 et pour votre présentation devant le jury.
Un parcours dont vous pouvez être fier tout simplement !
S’engager dans une VAE demande du temps, de l’énergie et de l’engagement.
Cette démarche se mène souvent en parallèle d’une vie professionnelle et personnelle déjà bien remplie.
Faire ce choix témoigne d’une volonté de progresser, de reconnaître la valeur de son expérience et de construire un avenir professionnel plus solide.
Votre parcours, quel qu’il soit, mérite d’être valorisé.
Chaque expérience, chaque étape et chaque apprentissage ont contribué à construire le professionnel que vous êtes aujourd’hui.
La VAE n’est pas là pour juger votre parcours.
Elle est là pour lui donner une reconnaissance officielle.
Alors, relevez la tête et allez défendre ce parcours.
Même s’il est cabossé, même s’il manque parfois de sens à vos yeux.
C’est votre histoire, il faut simplement prendre le temps de la raconter.
Tous mes voeux de succès.
Alexandra
Accompagnatrice VAE
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