Guide méthodologique pour comprendre et réussir votre dossier de validation
Depuis le 1er septembre 2026, le Diplôme d’État d’Éducateur Technique Spécialisé (DEETS) est entré dans une nouvelle ère.
Le nouveau référentiel du diplôme modifie l’architecture des compétences attendues, désormais organisées autour de quatre blocs de compétences.
Mais cette nouvelle organisation ne constitue pas un simple changement de présentation.
Elle vient réaffirmer et préciser ce qui fait la spécificité du métier d’éducateur technique spécialisé :
Accompagner des personnes en situation de vulnérabilité ou de handicap en s’appuyant notamment sur l’activité technique, le travail et la transmission de savoir-faire comme supports de la relation éducative, du développement de l’autonomie et de l’insertion sociale et professionnelle.
L’ETS se situe ainsi à l’articulation de plusieurs dimensions : éducative, technique, pédagogique et professionnelle.
À travers l’organisation et l’encadrement d’activités techniques, il crée des situations d’apprentissage adaptées aux capacités et aux besoins des personnes accompagnées. Il favorise l’acquisition de compétences, la valorisation des potentialités, l’autonomie, la socialisation et l’inscription dans un parcours d’insertion sociale ou professionnelle.
Le nouveau référentiel accorde également une place importante à l’autodétermination des personnes accompagnées, à leur participation et à leur pouvoir d’agir.
Il renforce parallèlement la démarche réflexive, l’inscription dans les dynamiques institutionnelles, partenariales et territoriales, l’actualisation des connaissances ainsi que l’adaptation des interventions aux besoins et aux parcours des personnes accompagnées.
Cette réforme entraîne également une évolution du dossier de validation utilisé dans le cadre de la VAE pour les candidats s’engageant sur le nouveau référentiel.
J’ai pu obtenir et prendre connaissance de cette nouvelle trame du dossier de validation des acquis de l’expérience, anciennement appelé livret 2.
Si elle ne constitue pas une révolution dans sa structure générale, elle comporte plusieurs évolutions qu’il est important de comprendre avant de commencer à rédiger.
L’une d’entre elles est particulièrement visible : dans la partie consacrée à la description de votre expérience, le nouveau dossier permet désormais de présenter jusqu’à quatre situations de travail.
Mais attention : disposer de quatre espaces de rédaction ne signifie évidemment pas qu’il suffit de présenter une situation par bloc de compétences.
Ce serait même passer à côté de la logique de la VAE.
Une même situation professionnelle peut permettre de mobiliser plusieurs compétences et plusieurs blocs.
L’organisation d’une activité technique ou d’une situation d’apprentissage, pour exemple, peut vous conduire à évaluer les capacités et les besoins d’une personne, à adapter votre accompagnement et vos modalités pédagogiques, à transmettre des savoir-faire professionnels, à favoriser son autonomie et son pouvoir d’agir, mais également à travailler avec l’équipe pluriprofessionnelle, à mobiliser des partenaires ou encore à inscrire votre intervention dans le projet de l’établissement ou du service.
Tout l’enjeu sera donc de choisir des situations suffisamment riches et complémentaires, de les mettre en relation avec le nouveau référentiel et surtout de démontrer, à travers leur explicitation et leur analyse, les compétences que vous avez réellement développées au cours de votre expérience.
C’est précisément l’objectif de ce guide.
Pour ceux qui ont moins de temps, voici une vidéo à consulter (mais vous aurez nettement moins d’infos !).
Comprendre la logique du nouveau dossier de validation du DEETS
Lorsque vous ouvrez votre nouveau dossier de validation pour la première fois, vous retrouverez de nombreuses rubriques déjà présentes dans l’ancien livret 2.
Vous devrez notamment présenter :
- vos motivations ;
- votre parcours professionnel ;
- votre parcours de formation ;
- la ou les expériences professionnelles que vous souhaitez mobiliser ;
- votre environnement institutionnel ;
- votre structure ;
- votre positionnement professionnel ;
- vos activités ;
- le public que vous accompagnez ;
- vos situations de travail ;
- une analyse globale de votre expérience ;
- ainsi que les documents que vous souhaitez joindre en annexe.
La logique générale du dossier reste donc relativement familière.
Pour autant, quelques évolutions méritent votre attention.
Un dossier désormais construit autour de quatre situations de travail
La principale évolution concerne le nombre de situations professionnelles proposées dans la nouvelle trame.
Le précédent livret 2 permettait de développer trois situations de travail.
La nouvelle version en prévoit désormais quatre au maximum.
Difficile de ne pas faire le rapprochement avec la nouvelle architecture du diplôme, elle-même organisée autour de quatre blocs de compétences.
Attention toutefois à une interprétation qui pourrait rapidement vous mettre en difficulté :
Quatre blocs de compétences ne signifient pas nécessairement une situation exclusivement consacrée à chacun des quatre blocs.
Une situation professionnelle est rarement aussi cloisonnée
Lorsque vous accompagnez une personne dans l’apprentissage d’un geste technique ou dans la construction de son projet professionnel, par exemple, vous pouvez simultanément mobiliser des compétences relatives à l’accompagnement éducatif, à la transmission de savoir-faire, au travail en équipe et au partenariat.
Certaines compétences sont donc naturellement transversales.
L’objectif n’est pas de forcer vos expériences à entrer artificiellement dans quatre cases.
Il consiste plutôt à identifier, pour chaque situation, les compétences que celle-ci vous permettra de démontrer de manière suffisamment approfondie.
L’erreur à éviter : vouloir tout démontrer dans chaque situation
À l’inverse, évitez de sélectionner quatre situations en essayant, à chaque fois, d’y faire entrer l’intégralité du référentiel.
Vous risqueriez de multiplier les références aux compétences sans jamais réellement les démontrer.
Une situation de travail doit vous permettre de prendre le temps d’expliquer :
- ce que vous avez observé ;
- ce que vous avez compris de la situation ;
- les besoins, capacités et potentialités que vous avez identifiés ;
- les hypothèses que vous avez formulées ;
- les choix éducatifs, techniques et pédagogiques que vous avez réalisés ;
- les actions que vous avez mises en œuvre ;
- la manière dont vous avez adapté l’activité, les apprentissages ou votre accompagnement ;
- les membres de l’équipe et les partenaires que vous avez mobilisés ;
- les résultats obtenus ;
- la manière dont vous avez évalué votre intervention ;
- les éventuels réajustements réalisés ;
- et ce que cette expérience vous a appris ou vous a conduit à questionner dans votre pratique.
Le jury n’évalue pas le nombre de compétences que vous citez.
Il cherche surtout à identifier celles que votre expérience vous permet réellement de démontrer.
C’est toute la différence entre raconter une situation professionnelle et produire une démonstration de compétences.
Une, deux ou trois expériences : combien devez-vous en présenter ?
La nouvelle trame vous permet toujours de présenter plusieurs expériences professionnelles.
Une précision s’impose ici : une expérience professionnelle n’est pas une situation de travail.
Une expérience correspond à un poste que vous avez occupé au sein d’un établissement ou d’un service.
Au sein de cette expérience, vous allez ensuite sélectionner des situations professionnelles précises permettant de démontrer vos compétences, appelées « situations de travail« .
Vous n’êtes donc absolument pas obligé de présenter trois expériences différentes.
Une seule expérience peut parfaitement suffire.
Si votre expérience actuelle ou récente est suffisamment riche pour vous permettre de démontrer l’ensemble des compétences attendues dans le nouveau référentiel du DEETS, il peut être beaucoup plus pertinent de construire votre dossier autour de celle-ci.
Cette solution présente plusieurs avantages.
Votre expérience récente sera généralement plus facile à restituer avec précision.
Vous disposerez également plus facilement de documents permettant d’étayer vos situations : projet ou fiche d’activité technique, support pédagogique, grille d’évaluation des apprentissages, écrit professionnel, projet personnalisé, compte rendu de réunion, outil de suivi, document partenarial, support relatif à un projet d’insertion sociale ou professionnelle…
Vous éviterez enfin d’alourdir inutilement votre dossier.
Car chaque nouvelle expérience présentée nécessite de nouveau de contextualiser votre environnement professionnel, votre structure, votre positionnement et votre public.
De quoi faire de votre dossier un sacré pavé, pour le plus grand malheur de votre jury de VAE.
Quand mobiliser une deuxième expérience pour votre dossier de validation ?
Une deuxième expérience devient intéressante lorsque la première ne vous permet pas de couvrir suffisamment certains attendus du référentiel.
Prenons un exemple.
Imaginez que votre poste actuel vous permette de démontrer très largement vos compétences dans l’accompagnement éducatif par l’activité technique, l’organisation des apprentissages et la transmission de savoir-faire, mais qu’il vous offre peu d’occasions de développer une véritable dynamique partenariale autour de l’insertion sociale ou professionnelle.
Une précédente fonction vous a, au contraire, conduit à travailler régulièrement avec des employeurs, organismes de formation, acteurs de l’insertion ou autres partenaires du territoire.
Cette deuxième expérience peut alors venir compléter intelligemment votre démonstration.
La question à vous poser n’est donc pas :
« Combien d’expériences puis-je présenter ? »
mais :
« De quelles expériences ai-je réellement besoin pour démontrer les compétences attendues ? »
Attention : quatre situations de travail au maximum pour l’ensemble du dossier
C’est un point particulièrement important.
Même si vous choisissez de présenter plusieurs expériences professionnelles, vous ne disposez pas de quatre situations pour chacune d’entre elles.
Les quatre situations de travail constituent un maximum pour l’ensemble de votre dossier de validation.
Vous pourriez donc retenir :
- trois situations issues de votre expérience actuelle et une situation issue d’une expérience antérieure
- deux situations issues d’une première expérience et deux d’une seconde
- ou tout simplement quatre situations issues d’une seule et même expérience (simple et efficace)
Le choix dépendra entièrement de votre parcours et de la richesse des situations que vous avez rencontrées.
Vous comprenez dès lors pourquoi il serait dommage de commencer à rédiger immédiatement.
Avant toute rédaction, il faut réfléchir, penser votre écrit, et trouver une concordance entre expérience et référentiel.
C’est cette étape qui va vous permettre de déterminer quelles expériences retenir, quelles situations sélectionner et quelles compétences vous pourrez réellement démontrer.
Et c’est précisément ce que nous allons construire dans la suite de ce guide.
Avant de rédiger : faire le lien entre votre expérience et le référentiel
Vous l’avez compris : disposer de quatre situations de travail ne signifie pas qu’il faut commencer immédiatement à les rédiger.
Une étape préalable est indispensable : vous assurer que les expériences et situations que vous envisagez de présenter vous permettront effectivement de démontrer les compétences attendues pour le DEETS.
Partez du référentiel, pas uniquement de vos souvenirs.
Le premier réflexe consiste souvent à rechercher les situations professionnelles qui nous semblent les plus importantes, les plus complexes ou simplement celles dont nous nous souvenons le mieux.
Ce n’est pas nécessairement le meilleur point de départ.
Une situation peut avoir été particulièrement marquante dans votre parcours sans pour autant constituer la situation la plus pertinente pour votre VAE.
Votre objectif reste bien de démontrer les compétences du diplôme visé.
Avant d’arrêter votre choix, prenez donc le temps de relire les quatre blocs de compétences du DEETS et de les mettre en perspective avec les activités que vous exercez réellement.
Interrogez notamment :
- les accompagnements éducatifs que vous conduisez ;
- les activités techniques que vous utilisez comme supports de l’accompagnement ;
- les situations d’apprentissage que vous concevez, organisez et animez ;
- la manière dont vous transmettez des savoirs et des savoir-faire techniques ou professionnels ;
- la façon dont vous adaptez vos interventions, vos supports et vos modalités pédagogiques aux capacités et aux besoins des personnes accompagnées ;
- la place laissée à la personne dans son parcours, ses apprentissages et les décisions qui la concernent ;
- votre contribution à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des projets ;
- votre contribution à l’insertion sociale et professionnelle des personnes accompagnées ;
- votre travail avec l’équipe pluriprofessionnelle, votre réseau et vos partenaires ;
- votre inscription dans l’environnement institutionnel et territorial ;
- ainsi que la manière dont vous analysez et faites évoluer vos pratiques.
Cette première lecture permet généralement de faire émerger plusieurs situations intéressantes.
Ne recherchez pas obligatoirement quatre situations indépendantes
Votre dossier doit être pensé dans sa globalité.
Une situation pourra mettre particulièrement en évidence certaines compétences, tandis qu’une autre viendra compléter votre démonstration sur des dimensions moins présentes dans la première.
Une situation centrée sur l’accompagnement d’une personne dans l’apprentissage d’une activité technique pourra ainsi vous permettre de développer votre observation, l’évaluation de ses capacités, la définition d’objectifs d’apprentissage, vos adaptations pédagogiques et votre posture éducative.
Une autre situation pourra davantage mettre en évidence la construction d’un projet, l’insertion sociale ou professionnelle, le travail avec l’équipe et la mobilisation de partenaires.
Il est donc préférable de rechercher la complémentarité entre vos situations, plutôt que d’essayer de reproduire quatre fois la même démonstration.
Cela peut sembler logique, mais j’ai déjà vu passer des livrets 2 portant sur 3 accompagnements différents.
Cela n’a pas de sens pour votre évaluation, puisque vous viserez le même bloc.
Certaines compétences apparaîtront naturellement dans plusieurs situations.
Ce n’est pas un problème.
L’important est qu’à l’issue de la lecture de votre dossier, le jury puisse disposer d’éléments suffisamment précis pour apprécier votre maîtrise des différents attendus du diplôme, avec une documentation (annexes) qui appuie votre développement.
Quelques questions avant de retenir une situation
Avant de sélectionner définitivement une situation professionnelle, demandez-vous simplement :
- Quel était mon rôle dans cette situation ?
- Quelle place l’activité technique, l’apprentissage ou l’accompagnement éducatif y occupaient-ils ?
- Quelles compétences puis-je réellement y démontrer ?
- Ai-je suffisamment de matière pour expliquer mes observations, mes choix, mes adaptations et ma démarche ?
- Cette situation apporte-t-elle quelque chose de complémentaire aux autres situations retenues ?
- Puis-je l’étayer avec des éléments ou documents issus de ma pratique ?
Si vous peinez à répondre à ces questions, il est probablement utile de poursuivre votre réflexion avant de commencer la rédaction.
Ne choisissez pas vos quatre situations uniquement parce qu’elles vous paraissent intéressantes à raconter.
Choisissez-les parce qu’ensemble, elles donnent au jury une vision suffisamment riche et représentative de votre exercice du métier d’éducateur technique spécialisé.
C’est cette cohérence globale qui donnera ensuite du sens à votre dossier de validation.
On passe maintenant aux choses sérieuses !
Place au dossier de validation à rédiger pour votre DEETS

Avant d’entrer dans la présentation détaillée de votre expérience professionnelle, le nouveau dossier de validation vous invite à revenir sur votre parcours et sur les raisons qui vous conduisent aujourd’hui à engager une VAE pour ce DEETS.
Ces premières rubriques sont relativement simples à compléter.
Elles permettent au jury de mieux comprendre le cheminement professionnel qui vous conduit aujourd’hui vers le Diplôme d’État d’Éducateur Technique Spécialisé.

Présenter vos motivations pour ce DEETS
La rubrique consacrée à vos motivations doit permettre de comprendre pourquoi vous avez choisi d’engager une VAE et pourquoi vous visez précisément le DEETS.
Il ne s’agit donc pas uniquement d’expliquer que l’obtention du diplôme vous permettra d’évoluer professionnellement ou d’obtenir une reconnaissance de votre expérience.
Prenez également le temps de faire apparaître le lien entre :
- votre parcours ;
- les fonctions que vous exercez ou avez exercées ;
- les compétences progressivement développées ;
- votre évolution professionnelle ;
- et votre projet de certification.
Après lecture de cette partie, une première concordance entre votre expérience et le référentiel du DEETS doit émerger.
Votre présentation doit aussi permettre de comprendre la cohérence de votre démarche.
Restez personnel et professionnel
Cette partie doit vous ressembler.
Évitez les formulations très générales sur le métier d’éducateur technique spécialisé, qui pourraient finalement correspondre à n’importe quel candidat.
Votre motivation prend davantage de sens lorsqu’elle s’appuie sur votre propre parcours : votre expérience technique ou professionnelle, les responsabilités éducatives que vous avez progressivement assumées, les personnes que vous avez accompagnées, les apprentissages que vous avez encadrés, l’évolution de votre pratique ou encore les raisons qui vous conduisent aujourd’hui à souhaiter faire reconnaître ces acquis par le DEETS.
Présenter votre parcours professionnel (tableau)
Le dossier vous invite ensuite à retracer les principales expériences qui composent votre parcours.
Cette rubrique donne au jury une première vision de votre trajectoire professionnelle avant d’entrer dans l’analyse détaillée de la ou des expériences que vous aurez choisi de développer.
Soyez précis sur les périodes, les structures, les fonctions exercées et les principales activités réalisées, tout en restant synthétique.
Vous pourrez également faire apparaître, lorsque cela est pertinent, des expériences réalisées en dehors du cadre salarié, notamment certaines activités bénévoles.
L’objectif n’est pas encore de démontrer vos compétences : vous donnez ici au jury les repères nécessaires pour comprendre votre parcours.
N’oubliez pas votre parcours de formation
Votre expérience professionnelle ne constitue pas la seule source de développement de vos compétences.
Au fil de votre parcours, vous avez probablement suivi des formations, obtenu des diplômes ou certifications, participé à des actions de professionnalisation ou actualisé vos connaissances techniques, éducatives, pédagogiques ou relatives aux publics que vous accompagnez.
Ces éléments ont leur place dans votre dossier.
Ils permettent notamment de rendre compte de votre dynamique de professionnalisation et d’actualisation de vos connaissances.
Vous pourrez ainsi renseigner les formations qui présentent un intérêt au regard de votre pratique et du diplôme visé, en veillant à conserver les justificatifs permettant d’en attester les dates et, le cas échéant, la durée.
À retenir
Cette première partie doit permettre au jury de répondre à trois questions simples :
- D’où venez-vous professionnellement ?
- Comment votre expérience a-t-elle évolué ?
- Pourquoi cette trajectoire vous conduit-elle aujourd’hui vers le DEETS ?
Présenter votre environnement professionnel

Après votre parcours, le dossier de validation vous demande de présenter le contexte dans lequel s’inscrit l’expérience professionnelle que vous avez choisi de développer.
La nouvelle trame adopte ici une organisation assez logique : elle part de votre environnement institutionnel pour aller progressivement vers votre structure, puis vers votre propre positionnement professionnel.
Cette partie permet au jury de comprendre le cadre dans lequel vous exercez avant de découvrir vos situations de travail.
Elle doit rester synthétique : votre objectif reste de fournir les éléments nécessaires à la compréhension de votre pratique.
Présenter votre environnement institutionnel
Commencez par situer votre structure dans son environnement.
Selon votre secteur d’intervention, vous pourrez notamment faire apparaître :
- le champ dans lequel s’inscrit votre activité : handicap, travail protégé et adapté, insertion sociale et professionnelle, protection de l’enfance, hébergement, formation…
- les principales politiques sociales qui encadrent votre intervention ;
- les acteurs institutionnels concernés ;
- les principaux partenaires avec lesquels votre structure est amenée à travailler.
Sélectionnez les informations qui ont un lien réel avec votre activité et avec l’accompagnement des personnes.
Ne faites pas, par pitié, un « copier-coller » du site internet de votre association ou groupe.
Il n’est pas nécessaire d’accumuler les textes législatifs, les dispositifs ou les sigles.
Quelques éléments pertinents et correctement contextualisés seront beaucoup plus utiles au jury qu’une présentation très théorique de votre secteur.
Faites apparaître votre compréhension de cet environnement.
Vous travaillez dans un cadre institutionnel qui influence nécessairement votre pratique.
Une évolution réglementaire, une politique publique, les orientations d’un financeur ou encore l’organisation territoriale des réponses peuvent avoir des conséquences concrètes sur les accompagnements proposés.
Votre présentation doit donc montrer que vous savez situer votre intervention éducative et technique dans un environnement plus large que votre seul établissement.
Présenter votre structure
Vous pouvez ensuite resserrer progressivement votre présentation sur la structure dans laquelle vous exercez.
Donnez au jury les informations indispensables pour comprendre son fonctionnement :
- sa nature et ses missions ;
- le public accueilli ou accompagné (rapidement, car une autre rubrique est dédiée à ce sujet) ;
- son organisation générale ;
- le cadre légal ;
- les principaux professionnels qui interviennent ;
- les modalités d’accompagnement proposées ;
- la place des activités techniques, des apprentissages ou de l’insertion dans son fonctionnement, lorsque cela est pertinent ;
- ainsi que les éléments réglementaires utiles à la compréhension de son activité.
Une nouvelle fois, restez sélectif.
Le jury n’a pas besoin de connaître toute l’histoire de votre structure depuis sa création si ces informations n’apportent rien à la compréhension de votre expérience.
Posez-vous plutôt cette question :
« De quelles informations le jury a-t-il besoin pour comprendre l’environnement dans lequel j’exerce mon métier et notre organisation ? »
Expliquer votre position dans la structure
Après avoir présenté votre environnement puis votre établissement, vous allez pouvoir vous recentrer sur votre propre place.
Précisez votre fonction, vos principales responsabilités, votre niveau d’autonomie et la manière dont vous vous inscrivez dans l’organisation.
Cette partie est particulièrement importante dans le cadre de votre VAE.
Votre intitulé de poste ne suffit pas, à lui seul, à déterminer les compétences que vous exercez réellement.
Vous pouvez être éducateur technique spécialisé, moniteur d’atelier, éducateur technique, encadrant technique d’insertion, formateur technique ou occuper une autre fonction : ce sont les activités réellement exercées, les responsabilités assumées et votre niveau d’implication qui permettront au jury d’apprécier votre expérience.
Évitez donc de simplement reproduire votre fiche de poste.
Donnez plutôt à comprendre votre place réelle dans la structure : les missions que vous prenez en charge, votre marge d’initiative, vos responsabilités, vos principaux interlocuteurs, votre articulation avec l’équipe pluridisciplinaire ou pluriprofessionnelle et, lorsque cela est pertinent, les limites de votre champ d’intervention.
Pour le DEETS, il sera également intéressant de faire apparaître la manière dont vous articulez votre expertise technique avec votre fonction éducative, comment vous concevez et adaptez des situations d’apprentissage, comment vous accompagnez le développement des compétences et de l’autonomie des personnes, comment vous contribuez à leur parcours et à leur insertion sociale ou professionnelle, mais également comment vous travaillez avec l’équipe et les partenaires.
Vous comprendrez ici que votre présentation doit déjà faire écho aux compétences attendues du DEETS et préparer la lecture des situations que vous développerez ensuite.
Présenter vos activités
Le dossier vous invite également à présenter les activités que vous réalisez dans le cadre de cette expérience.
Cette rubrique constitue une première passerelle entre votre poste et les compétences que vous développerez ensuite dans vos situations de travail.
Restez toutefois à ce stade dans une présentation synthétique de votre activité professionnelle.
Vos situations viendront ensuite montrer concrètement comment vous mobilisez vos compétences dans l’action.
Veillez simplement à ce que les activités présentées donnent une image fidèle de votre exercice professionnel et soient cohérentes avec le diplôme que vous souhaitez obtenir.
Et surtout, n’oubliez pas la veille professionnelle !!!
Pour un futur ETS, celle-ci ne se limite d’ailleurs pas à votre seul domaine technique : elle peut également concerner les évolutions des publics, des pratiques éducatives et pédagogiques, de l’insertion, du secteur social et médico-social, de votre environnement professionnel ou encore de la réglementation applicable à votre activité.
Présenter le public que vous accompagnez
Enfin, prenez le temps de présenter les personnes auprès desquelles vous intervenez.
Là encore, ne vous contentez pas d’indiquer une tranche d’âge ou une typologie.
Sans entrer dans une analyse exhaustive, donnez au jury quelques repères permettant de comprendre :
- les caractéristiques du public ;
- les principales problématiques rencontrées ;
- ses besoins, capacités et potentialités ;
- les besoins auxquels votre structure tente de répondre ;
- les éventuels enjeux liés aux apprentissages, à l’autonomie, à la socialisation ou à l’insertion sociale et professionnelle ;
- et les incidences que ces réalités peuvent avoir sur votre accompagnement et sur l’adaptation des activités techniques proposées.
Cette présentation permettra ensuite de mieux comprendre pourquoi vous intervenez de telle manière dans les situations professionnelles que vous avez choisies.
À retenir pour cette première partie du dossier de validation
Cette partie de votre dossier fonctionne comme un zoom progressif :

À l’issue de sa lecture, le jury doit pouvoir comprendre où vous travaillez, auprès de qui, dans quel cadre et quelle place vous occupez réellement.
Choisir vos quatre situations de travail pour votre dossier de validation – DEETS
Nous arrivons à la partie centrale de votre dossier de validation : les situations de travail.
C’est à travers elles que le jury pourra comprendre comment vous exercez concrètement vos fonctions, quelles compétences vous mobilisez et quelle analyse vous portez sur votre pratique professionnelle.
Elles constituent donc une part essentielle de votre démonstration.
Pour le DEETS, cette démonstration doit notamment permettre de retrouver ce qui fait la spécificité de votre pratique : l’articulation entre accompagnement éducatif, activité technique et apprentissages, mais également votre capacité à adapter vos interventions aux personnes accompagnées, à favoriser leur autonomie et leur pouvoir d’agir, à transmettre des savoirs et savoir-faire, à contribuer à leur insertion sociale et professionnelle et à inscrire votre action dans un travail d’équipe et dans des dynamiques partenariales.
Le choix de vos situations ne doit donc rien au hasard.
Qu’est-ce qu’une situation pertinente pour votre VAE ?
Une bonne situation de travail n’est pas nécessairement une situation exceptionnelle.
Vous n’avez pas besoin d’avoir accompagné une personne dans un parcours d’insertion particulièrement complexe, créé un atelier technique de A à Z ou piloté un projet partenarial de grande ampleur pour démontrer vos compétences d’éducateur technique spécialisé.
Une situation beaucoup plus quotidienne peut être particulièrement pertinente.
L’accompagnement d’une personne dans l’apprentissage d’un geste professionnel, l’adaptation d’un poste ou d’une activité à ses capacités, l’organisation d’une activité technique collective, l’accompagnement d’une difficulté rencontrée au cours d’un apprentissage, la participation à l’élaboration ou à l’évolution d’un projet, ou encore une action menée avec différents professionnels ou partenaires peuvent constituer d’excellents supports.
Ce qui importe n’est pas le caractère exceptionnel de la situation.
C’est ce qu’elle vous permet de démontrer de votre pratique professionnelle.
Privilégiez donc des situations dans lesquelles votre rôle est clairement identifiable, dans lesquelles vous avez réellement observé, évalué, conçu, adapté, transmis, accompagné, proposé ou pris des décisions et pour lesquelles vous disposez de suffisamment de recul pour expliquer et justifier vos choix.
Une situation complexe dans laquelle votre intervention reste finalement secondaire sera souvent moins intéressante qu’une situation plus ordinaire dans laquelle vous pouvez précisément montrer comment vous articulez votre expertise technique et votre accompagnement éducatif.
Pensez vos situations comme un ensemble
Vos situations ne doivent pas être choisies indépendamment les unes des autres.
Avant de les retenir définitivement, prenez le temps d’observer ce qu’elles permettent, ensemble, de donner à voir de votre expérience.
Si toutes vos situations concernent exclusivement la transmission de gestes techniques au sein d’un même atelier, pour exemple, même si vous maîtrisez parfaitement cette dimension de votre fonction, votre dossier risque de ne donner à voir qu’une partie de vos compétences.
Votre expérience vous permet peut-être également de démontrer votre capacité à évaluer les capacités et les besoins d’une personne, individualiser un apprentissage, concevoir une activité technique à visée éducative, favoriser l’autodétermination et la participation, accompagner un projet d’insertion, travailler avec l’équipe pluriprofessionnelle, mobiliser des partenaires ou encore faire évoluer votre intervention à partir de son évaluation.
L’objectif n’est donc pas de rechercher artificiellement la situation parfaite.
Il s’agit plutôt de construire un ensemble suffisamment complémentaire pour donner à voir les différentes dimensions de votre exercice professionnel.
Une situation peut mobiliser plusieurs blocs de compétences
Dans la réalité professionnelle, vous ne mobilisez évidemment pas vos compétences bloc par bloc.
Prenons l’exemple de l’accompagnement d’une personne rencontrant des difficultés dans l’apprentissage d’une activité technique.
Vous pouvez commencer par observer la personne en situation afin d’identifier ses capacités, ses difficultés, ses besoins mais également ses ressources et ses potentialités.
Cette analyse peut ensuite vous conduire à adapter vos objectifs, vos consignes, votre support technique, le rythme d’apprentissage ou encore votre manière de transmettre le geste professionnel.
Mais cette même situation peut également vous amener à favoriser la participation de la personne et son autonomie, à échanger avec les autres professionnels qui l’accompagnent, à contribuer à l’évolution de son projet, à mobiliser un partenaire ou encore à transmettre des informations utiles à l’équipe.
Une seule situation peut donc naturellement faire apparaître plusieurs blocs de compétences.
C’est même souvent ce qui rend une situation particulièrement riche.
En revanche, soyez prudent si vous considérez qu’une seule situation permet, à elle seule, de démontrer l’intégralité du référentiel.
À vouloir tout traiter, vous risquez de multiplier les références aux compétences sans disposer de suffisamment de matière pour réellement les démontrer.
Car une compétence n’est pas démontrée parce que vous avez repris son intitulé dans votre dossier.
Elle doit pouvoir être observée dans votre manière d’évaluer, d’accompagner, de concevoir une activité, de transmettre, d’adapter, de décider, de travailler avec les autres professionnels et d’évaluer les effets de votre intervention.
Ne racontez pas seulement ce qui s’est passé
C’est probablement l’un des points les plus importants à retenir pour la rédaction de votre dossier de validation.
Le jury ne cherche pas uniquement à savoir ce que vous avez fait.
Il doit pouvoir comprendre comment et pourquoi vous l’avez fait.
Si vous présentez, pour exemple, l’accompagnement d’une personne dans l’apprentissage d’une activité professionnelle, raconter chronologiquement les différentes tâches réalisées ne suffira pas nécessairement.
Il faut creuser :
- Comment avez-vous évalué la situation initiale ?
- Qu’avez-vous observé chez la personne ?
- Quelles capacités, difficultés, besoins et potentialités avez-vous identifiés ?
- Quels objectifs avez-vous définis avec elle ?
- Comment avez-vous pris en compte ses attentes et ses choix ?
- Pourquoi avez-vous choisi cette activité ou cette modalité d’apprentissage ?
- Comment avez-vous adapté vos consignes, vos supports, votre environnement ou votre pédagogie ?
- Comment avez-vous transmis le savoir-faire ?
- Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
- Comment avez-vous articulé votre intervention avec celle des autres professionnels ?
- Comment avez-vous évalué les apprentissages ou l’évolution de la personne ?
- Quels effets avez-vous observés ?
- Quels réajustements avez-vous réalisés ?
Votre récit constitue le support de votre démonstration.
Mais c’est votre analyse qui permet au jury de comprendre votre raisonnement professionnel.
Ne négligez pas vos références professionnelles
Ce point prend une importance particulière pour le DEETS.
Votre intervention ne repose pas uniquement sur votre maîtrise d’une activité ou d’un métier technique.
Elle mobilise également des connaissances éducatives, pédagogiques, sociales, techniques et réglementaires, ainsi que des connaissances relatives aux publics que vous accompagnez, à leurs besoins, aux dispositifs, à l’insertion sociale et professionnelle et au contexte institutionnel dans lequel vous intervenez.
Vos pratiques doivent également pouvoir évoluer au regard des recommandations professionnelles, des transformations de votre secteur, de celles des publics accompagnés ou encore de votre propre domaine technique.
Ces connaissances doivent pouvoir apparaître dans vos situations lorsqu’elles permettent d’éclairer votre pratique.
Si vous présentez une situation d’apprentissage, pour exemple, certaines références relatives aux processus d’apprentissage, à la pédagogie, à la motivation, à l’autodétermination ou au développement du pouvoir d’agir pourront venir éclairer vos choix.
Si vous accompagnez une personne en situation de handicap dans une activité technique, des connaissances relatives au handicap, à la compensation, à l’accessibilité, à l’adaptation de l’environnement ou aux recommandations de bonnes pratiques professionnelles pourront nourrir votre analyse.
Dans une situation relative à l’insertion professionnelle, des références aux dispositifs, aux acteurs du territoire ou aux réalités du monde du travail pourront également permettre de contextualiser et de justifier certaines de vos interventions.
Et naturellement, votre expertise technique doit également apparaître lorsque celle-ci éclaire les choix que vous réalisez dans la situation présentée.
L’objectif n’est toujours pas de transformer votre dossier en mémoire universitaire.
Une référence n’a d’intérêt que lorsqu’elle permet de comprendre votre analyse ou de justifier un choix professionnel.
Pensez également aux preuves de votre pratique
Au moment de sélectionner vos situations, posez-vous enfin la question des éléments professionnels susceptibles de venir les étayer.
Vous avez peut-être :
- conçu une fiche ou un support d’activité ;
- créé un outil ou une progression pédagogique ;
- élaboré une grille d’observation ou d’évaluation ;
- adapté un poste, un outil ou une consigne ;
- participé à l’élaboration ou à l’évaluation d’un projet personnalisé ;
- produit un écrit professionnel ;
- préparé ou animé une réunion ;
- construit un outil de suivi des apprentissages ;
- participé à une action avec un partenaire ;
- conçu un support technique ou pédagogique ;
- ou produit tout autre document permettant de rendre compte de votre intervention.
Certains de ces éléments pourront trouver leur place dans vos annexes, sous réserve naturellement du respect de la confidentialité et de l’anonymisation des informations.
Mais retenez un principe essentiel : l’annexe ne remplace jamais votre démonstration.
Elle vient l’illustrer, l’étayer ou apporter au jury un élément complémentaire.
Les documents annexés doivent consolider le récit et non s’y substituer : leur pertinence et leur diversité comptent davantage que leur nombre.
Avant de valider définitivement vos situations
Prenez un dernier temps de réflexion.
Demandez-vous si, prises ensemble, elles permettent réellement au jury de comprendre l’éducateur technique spécialisé que vous êtes dans votre pratique.
Retrouve-t-on :
- votre capacité à articuler accompagnement éducatif et activité technique ?
- votre capacité à observer et évaluer les besoins, capacités et potentialités des personnes ?
- votre manière de concevoir et d’adapter des situations d’apprentissage ?
- votre capacité à transmettre des savoirs et des savoir-faire ?
- la place que vous accordez à la personne, à ses choix, à sa participation et à son pouvoir d’agir ?
- votre contribution à son autonomie et à son insertion sociale ou professionnelle ?
- votre travail avec l’équipe et les partenaires ?
- votre inscription dans votre environnement institutionnel et territorial ?
- votre capacité à analyser votre intervention, à l’évaluer et à la réajuster ?
- votre actualisation des connaissances et votre réflexion sur votre pratique professionnelle ?
Et surtout : disposez-vous, pour chacune de ces situations, de suffisamment de matière pour expliquer ce que vous avez fait, comment vous l’avez fait et pourquoi vous avez agi ainsi ?
Si la réponse est oui, vous disposez probablement d’une base pertinente pour commencer votre rédaction.
L’analyse globale : réflexion synthétique sur votre expérience
Après la présentation de vos situations de travail, le dossier vous invite à prendre davantage de recul sur l’expérience professionnelle présentée.
Contrairement à une conclusion libre, cette analyse globale est guidée par plusieurs rubriques précises.
Vous n’avez donc pas à rechercher vous-même la manière de l’organiser : le dossier vous indique les différentes dimensions de votre pratique sur lesquelles vous devez revenir.
L’objectif est ici de permettre au jury d’apprécier votre exercice professionnel de manière plus transversale, au-delà des situations particulières précédemment développées.
Pour le DEETS, cette partie est particulièrement intéressante : elle vous permet notamment de faire ressortir ce qui structure votre accompagnement éducatif et technique, la manière dont vous articulez activité, apprentissages et accompagnement, votre place au sein de l’organisation, votre autonomie professionnelle et votre capacité à évaluer et faire évoluer votre pratique.
Les principes et objectifs qui guident votre action
Vous êtes tout d’abord invité à expliciter les principes qui orientent votre intervention : principes éthiques et déontologiques, objectifs poursuivis dans l’accompagnement, mais également manière dont vous construisez la relation avec les personnes ou les groupes accompagnés.
Pour le DEETS, pensez notamment à la place que vous accordez à l’expression de la personne, à ses aspirations, à ses capacités et potentialités, à sa participation, à son autodétermination et à son pouvoir d’agir.
Vous pouvez également montrer comment ces principes influencent votre manière de proposer une activité, de transmettre un savoir-faire, de fixer des objectifs d’apprentissage ou d’accompagner une personne dans son parcours.
Attention toutefois à ne pas produire une simple liste de valeurs.
Écrire que votre pratique repose sur le respect, la bienveillance, la confidentialité, le non-jugement ou encore le respect du libre choix apporte finalement peu d’informations au jury si vous n’expliquez pas comment ces principes influencent concrètement votre manière d’accompagner :
- Comment associez-vous la personne à la définition de ses objectifs ?
- Comment prenez-vous en compte ses capacités, ses aspirations et ses choix ?
- Comment recherchez-vous son adhésion à une activité ou à un apprentissage ?
- Comment adaptez-vous vos exigences sans mettre la personne en échec ni faire à sa place ?
- Comment conciliez-vous parfois sécurité, contraintes liées à l’activité, cadre institutionnel et respect des choix de la personne ?
C’est en reliant ces principes à votre pratique qu’ils prennent véritablement du sens.
Vos sources d’information et de documentation
Le dossier vous demande ensuite d’identifier les ressources que vous mobilisez dans votre activité.
Cette rubrique prend une dimension particulière pour l’ETS, dont la pratique suppose d’actualiser à la fois ses connaissances techniques et ses connaissances éducatives, pédagogiques et professionnelles.
Vous pouvez donc présenter les ressources qui vous permettent de maintenir à jour votre expertise dans votre domaine technique : documentation professionnelle, normes, réglementation, procédures, évolutions des techniques et des équipements, règles d’hygiène et de sécurité ou encore ressources propres à votre secteur d’activité.
Pensez également aux ressources relatives aux publics accompagnés, au handicap, aux apprentissages, aux méthodes pédagogiques, à l’insertion sociale et professionnelle, aux politiques sociales, aux dispositifs, aux recommandations de bonnes pratiques professionnelles ou encore aux évolutions du secteur social et médico-social.
Vous pouvez également mobiliser des ressources institutionnelles, des études, des formations, des journées professionnelles, des échanges de pratiques ou des travaux théoriques lorsque ceux-ci contribuent réellement à faire évoluer votre intervention.
L’objectif n’est donc pas de dresser une longue bibliographie.
Montrez plutôt comment vous maintenez vos connaissances à jour et, surtout, comment cette veille influence concrètement vos pratiques techniques, éducatives ou pédagogiques.
Votre participation au fonctionnement collectif
Vous devrez également préciser la manière dont vous contribuez au fonctionnement collectif de votre structure : travail au sein d’une équipe pluriprofessionnelle ou pluridisciplinaire, réunions, transmissions, échanges professionnels, groupes de travail ou autres espaces institutionnels auxquels vous participez.
Ne vous contentez pas d’énumérer les réunions auxquelles vous assistez.
Expliquez ce que vous y apportez.
En tant qu’ETS, vous pouvez notamment être amené à apporter vos observations réalisées au cours des activités techniques, votre analyse des capacités ou des difficultés rencontrées par une personne en situation d’apprentissage, votre connaissance de son évolution, ou encore votre expertise sur les adaptations susceptibles de favoriser sa progression.
Vous pouvez également contribuer à l’élaboration ou à l’évaluation d’un projet, transmettre des informations utiles aux autres professionnels, participer à une réflexion collective sur l’accompagnement ou contribuer à la coordination d’un parcours.
Votre position vous place ainsi à l’articulation de plusieurs regards : celui de l’éducateur, du pédagogue et du professionnel disposant d’une expertise technique.
Le jury doit donc pouvoir comprendre non seulement les espaces auxquels vous participez, mais surtout la place professionnelle que vous y occupez et la contribution spécifique que vous apportez au collectif.
Votre degré d’autonomie et d’initiative
Cette rubrique est particulièrement intéressante dans une démarche de VAE.
Elle permet de distinguer ce qui relève de votre propre champ de responsabilité de ce qui nécessite une concertation avec l’équipe, une validation hiérarchique ou une décision collective.
Dans votre pratique, qu’êtes-vous en mesure d’évaluer et de décider vous-même ?
Pouvez-vous concevoir ou adapter une activité technique ?
Définir ou ajuster des objectifs d’apprentissage ?
Modifier une consigne ou un support pédagogique ?
Adapter l’organisation d’un poste ou les modalités de réalisation d’une activité ?
Proposer une évolution dans l’accompagnement ?
Concevoir un outil ?
Solliciter un partenaire ?
Contribuer à la construction d’un projet d’insertion ?
À quel moment devez-vous solliciter votre hiérarchie ou vous concerter avec d’autres professionnels ?
Vous pourrez ainsi donner à comprendre votre marge d’initiative, votre manière de rendre compte de votre activité, mais également les limites de votre champ d’intervention.
Il ne s’agit surtout pas de chercher à démontrer une autonomie absolue.
Savoir solliciter un autre professionnel, reconnaître qu’une problématique dépasse son champ de compétences ou identifier qu’une décision ne relève pas de sa responsabilité participe également au positionnement professionnel.
L’évaluation de votre intervention
Le dossier vous demande ensuite comment vous évaluez votre intervention et sur quels critères ou indicateurs vous vous appuyez.
Cette rubrique doit permettre de montrer que votre accompagnement ne s’arrête pas à la mise en œuvre d’une activité.
Comment savez-vous que la personne progresse ?
Les objectifs définis avec elle ont-ils été atteints, totalement ou partiellement ?
A-t-elle acquis ou consolidé certains savoirs ou savoir-faire ?
Est-elle davantage autonome dans la réalisation d’une activité ?
A-t-elle développé sa capacité à prendre des initiatives, à faire des choix ou à évaluer elle-même son travail ?
A-t-elle gagné en confiance ou trouvé davantage sa place dans le collectif ?
Les adaptations pédagogiques ou techniques proposées ont-elles produit les effets recherchés ?
L’activité contribue-t-elle toujours aux objectifs éducatifs ou professionnels poursuivis ?
Quels changements observez-vous ?
Quels retours recueillez-vous auprès de la personne, de l’équipe, de sa famille lorsque cela est pertinent, ou encore des partenaires ?
L’évaluation ne signifie pas nécessairement que tous les objectifs ont été atteints.
Elle consiste également à être capable d’identifier les limites d’une intervention, de comprendre pourquoi certains résultats n’ont pas été obtenus et, lorsque cela est nécessaire, de réajuster les objectifs, l’activité, les modalités pédagogiques ou plus largement l’accompagnement proposé.
Cette capacité à observer les effets de votre intervention et à la faire évoluer participe pleinement à la démarche réflexive attendue de l’éducateur technique spécialisé.
Pensez également aux autres retours qui permettent d’évaluer votre action : collègues, personne accompagnée, famille, hiérarchie, partenaires, professionnels de l’insertion ou de la formation…
On se construit aussi en intégrant ces évaluations.
Les compétences mises en œuvre
Enfin, vous êtes invité à identifier les principales compétences et les principaux savoirs mobilisés dans le cadre de votre expérience.
Cette dernière rubrique constitue naturellement un point important dans un dossier de VAE.
Évitez toutefois de transformer votre réponse en copie du référentiel en reprenant successivement les intitulés des compétences.
Revenez plutôt sur ce que cette expérience dit réellement de votre exercice professionnel.
Selon l’expérience présentée, vous pourrez notamment faire ressortir votre capacité à :
- observer et analyser les besoins, capacités et potentialités d’une personne ;
- construire un accompagnement éducatif à partir de l’activité technique ;
- concevoir et organiser des situations d’apprentissage ;
- transmettre des savoirs et des savoir-faire ;
- adapter vos modalités pédagogiques et votre environnement de travail ;
- favoriser l’autonomie, la participation, l’autodétermination et le pouvoir d’agir ;
- accompagner un parcours d’insertion sociale ou professionnelle ;
- contribuer à l’élaboration et à l’évaluation des projets ;
- travailler au sein d’une équipe pluriprofessionnelle ;
- coopérer avec des partenaires ;
- communiquer avec différents interlocuteurs ;
- évaluer les effets de votre intervention et faire évoluer votre pratique.
Pensez également aux savoirs qui soutiennent ces compétences : connaissances techniques et professionnelles, pédagogie et processus d’apprentissage, connaissance des publics, cadre juridique et réglementaire, règles d’hygiène et de sécurité, dispositifs et politiques sociales, insertion sociale et professionnelle, méthodologies d’intervention, environnement institutionnel et territorial…
L’enjeu reste le même : permettre au jury de comprendre quelles compétences vous avez réellement construites et mobilisées à travers cette expérience, plutôt que de lui restituer le contenu du référentiel.
Retenez donc que…

L’analyse globale n’est pas une répétition de vos quatre situations de travail.
C’est l’occasion de prendre de la hauteur sur votre pratique et de montrer au jury ce qui caractérise aujourd’hui votre positionnement professionnel.
Pour le DEETS, gardez surtout en tête ce fil conducteur : l’activité technique n’est pas une finalité en soi.
Elle devient un support à partir duquel vous observez, accompagnez, transmettez, adaptez, favorisez les apprentissages et contribuez au développement de l’autonomie et du parcours de la personne.
C’est précisément cette articulation entre technicité, pédagogie et accompagnement éducatif que votre dossier doit permettre au jury de comprendre.
L’analyse globale vous amène finalement à regarder votre expérience sous plusieurs angles.
Après avoir montré au jury comment vous agissez dans des situations concrètes, vous prenez ici davantage de hauteur pour lui donner à comprendre ce qui structure votre pratique d’ETS: les principes qui orientent vos interventions, les connaissances et ressources sur lesquelles repose votre expertise, votre inscription dans le collectif de travail, votre autonomie, votre manière d’évaluer vos actions et les compétences que vous mobilisez.
Elle ne doit donc pas répéter les situations précédemment développées.
Elle vient les compléter en donnant au jury une lecture plus transversale de votre identité professionnelle.
Avant de vous laisser…
Le nouveau dossier de validation du DEETS ne bouleverse pas fondamentalement la démarche de VAE.
Sa nouvelle organisation et le passage à quatre situations de travail viennent toutefois accompagner l’évolution du référentiel du diplôme et nécessitent de penser votre dossier dans sa globalité avant de commencer à rédiger.
Au fil de ce guide, vous avez pu identifier les principaux repères pour vous approprier cette nouvelle trame et mieux comprendre ce qui est attendu de vous.
Gardez néanmoins à l’esprit qu’un dossier de validation ne consiste pas à faire entrer votre expérience dans des cases.
Votre parcours est singulier.
Votre établissement, le public que vous accompagnez, votre domaine technique, vos responsabilités, les situations que vous avez rencontrées et la manière dont vous articulez accompagnement éducatif, activité technique et apprentissages le sont également.
C’est précisément cette réalité professionnelle que votre dossier doit permettre au jury de découvrir.
Au-delà des intitulés du référentiel, donnez-lui à comprendre l’éducateur technique spécialisé que vous êtes dans votre pratique : votre manière d’observer, d’accompagner, de transmettre, d’adapter, de travailler avec les autres professionnels, mais aussi d’analyser vos interventions et de les faire évoluer.
Votre expérience ne doit pas simplement être racontée.
Elle doit être explicitée, analysée et mise en perspective pour permettre au jury d’en apprécier toute la richesse.
Faites-vous confiance, et suivez aussi votre intuition.
Tous mes vœux de réussite dans votre démarche de VAE.
Alexandra
Accompagnatrice VAE
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