Guide méthodologique pour comprendre et réussir votre dossier de validation
Depuis le 1er septembre 2026, le diplôme d’État d’éducateur spécialisé (DEES) est entré dans une nouvelle ère.
Le nouveau référentiel du diplôme modifie l’architecture des compétences attendues, désormais organisées autour de quatre blocs de compétences.
Il renforce également plusieurs dimensions du métier : l’autodétermination des personnes accompagnées, la posture réflexive, l’approche partenariale et territoriale, le développement professionnel continu ou encore la prise en compte des évolutions numériques et environnementales.
Cette réforme entraîne également une évolution du dossier de validation utilisé dans le cadre de la VAE, pour les candidats s’engageant dans une VAE sur le nouveau référentiel.
J’ai pu obtenir et prendre connaissance de cette nouvelle trame du dossier de validation (anciennement appelé livret 2).
Si elle ne constitue pas une révolution dans sa structure générale, elle comporte plusieurs évolutions qu’il est important de comprendre avant de commencer à rédiger.
L’une d’entre elles est particulièrement visible : le nouveau dossier permet désormais de présenter jusqu’à quatre situations de travail, contre trois dans la précédente version.
Mais remplir quatre rubriques ne suffit évidemment pas à démontrer quatre blocs de compétences.
Tout l’enjeu sera de choisir des situations suffisamment pertinentes, de les mettre en relation avec le nouveau référentiel et surtout de démontrer, à travers leur analyse, les compétences que vous avez réellement développées au cours de votre expérience.
C’est précisément l’objectif de ce guide.
Pour ceux qui ont moins de temps, voici une vidéo à consulter (mais vous aurez nettement moins d’infos !) :
Avant de commencer : connaissez-vous le nouveau référentiel du DEES ?
Ce guide n’a volontairement pas vocation à reprendre l’analyse complète du nouveau référentiel.
J’y ai déjà consacré un guide détaillé dans lequel je reviens sur les quatre nouveaux blocs de compétences, les principales évolutions du métier d’éducateur spécialisé et leurs conséquences possibles pour les candidats à la VAE.
Je vous recommande vivement de le consulter avant de poursuivre la préparation de votre Livret 2.
Pourquoi ?
Parce qu’un dossier de validation ne devrait jamais commencer par la rédaction.
Avant d’écrire, vous devez comprendre ce que vous allez devoir démontrer.
Le nouveau référentiel du DEES est désormais organisé autour de quatre blocs de compétences :
Bloc 1 : Concevoir et conduire un accompagnement éducatif spécialisé dans une visée préventive et inclusive
Bloc 2 : Favoriser et soutenir l’autodétermination des individus et des collectifs dans un but d’émancipation
Bloc 3 : S’inscrire dans une dynamique partenariale et territoriale en lien avec la mise en œuvre des politiques de cohésion sociale
Bloc 4 : S’inscrire dans un contexte professionnel du travail social
Ces quatre blocs constituent désormais votre grille de lecture.
Votre expérience professionnelle, aussi riche soit-elle, ne pourra être reconnue dans le cadre de la VAE que si vous parvenez à montrer qu’elle vous a permis de développer les compétences attendues pour l’obtention du DEES.

Comprendre la logique du nouveau dossier de validation du DEES
Lorsque vous ouvrez votre nouveau dossier de validation pour la première fois, vous retrouverez de nombreuses rubriques déjà présentes dans l’ancien Livret 2.
Vous devrez notamment présenter :
- vos motivations ;
- votre parcours professionnel ;
- votre parcours de formation ;
- la ou les expériences professionnelles que vous souhaitez mobiliser ;
- votre environnement institutionnel ;
- votre structure ;
- votre positionnement professionnel ;
- vos activités ;
- le public que vous accompagnez ;
- vos situations de travail ;
- une analyse globale de votre expérience ;
- ainsi que les documents que vous souhaitez joindre en annexe.
La logique générale du dossier reste donc relativement familière.
Pour autant, quelques évolutions méritent votre attention.
Un dossier désormais construit autour de quatre situations de travail
La principale évolution concerne le nombre de situations professionnelles proposées dans la nouvelle trame.
Le précédent livret 2 permettait de développer trois situations de travail.
La nouvelle version en prévoit désormais quatre au maximum.
Difficile de ne pas faire le rapprochement avec la nouvelle architecture du diplôme, elle-même organisée autour de quatre blocs de compétences.
Attention toutefois à une interprétation qui pourrait rapidement vous mettre en difficulté :
quatre blocs de compétences ne signifient pas nécessairement une situation exclusivement consacrée à chacun des quatre blocs.
Une situation professionnelle est rarement aussi cloisonnée.
Lorsque vous accompagnez une personne dans la construction de son projet, pour exemple, vous pouvez simultanément mobiliser des compétences relatives à l’accompagnement éducatif, à l’autodétermination, au travail en équipe, au partenariat ou encore au cadre institutionnel dans lequel vous intervenez.
Certaines compétences sont donc naturellement transversales.
L’objectif n’est pas de forcer vos expériences à entrer artificiellement dans quatre cases.
Il consiste plutôt à identifier, pour chaque situation, les compétences que celle-ci vous permettra de démontrer de manière suffisamment approfondie.
L’erreur à éviter : vouloir tout démontrer dans chaque situation
À l’inverse, évitez de sélectionner quatre situations en essayant, à chaque fois, d’y faire entrer l’intégralité du référentiel.
Vous risqueriez de multiplier les références aux compétences sans jamais réellement les démontrer.
Une situation de travail doit vous permettre de prendre le temps d’expliquer :
- ce que vous avez observé ;
- ce que vous avez compris de la situation ;
- les besoins que vous avez identifiés ;
- les hypothèses que vous avez formulées ;
- les choix professionnels que vous avez réalisés ;
- les actions que vous avez mises en œuvre ;
- les personnes et partenaires que vous avez mobilisés ;
- les résultats obtenus ;
- la manière dont vous avez évalué votre intervention ;
- les éventuels réajustements réalisés ;
- et ce que cette expérience vous a appris ou vous a conduit à questionner dans votre pratique.
Le jury n’évalue pas le nombre de compétences que vous citez.
Il cherche surtout à identifier celles que votre expérience vous permet réellement de démontrer.
C’est toute la différence entre raconter une situation professionnelle et produire une démonstration de compétences.
Une, deux ou trois expériences : combien devez-vous en présenter ?
La nouvelle trame vous permet toujours de présenter plusieurs expériences professionnelles.
Une précision s’impose ici : une expérience professionnelle n’est pas une situation de travail.
Une expérience correspond à un poste que vous avez occupé au sein d’un établissement ou d’un service.
Au sein de cette expérience, vous allez ensuite sélectionner des situations professionnelles précises permettant de démontrer vos compétences.
Vous n’êtes donc absolument pas obligé de présenter trois expériences différentes.
Une seule expérience peut parfaitement suffire.
Si votre expérience actuelle ou récente est suffisamment riche pour vous permettre de démontrer l’ensemble des compétences attendues dans le nouveau référentiel du DEES, il peut être beaucoup plus pertinent de construire votre dossier autour de celle-ci.
Cette solution présente plusieurs avantages.
- Votre expérience récente sera généralement plus facile à restituer avec précision : vous disposerez également plus facilement de documents permettant d’étayer vos situations : projet personnalisé, outil éducatif, écrit professionnel, compte rendu, support de réunion, document partenarial, outil d’évaluation…
- Vous éviterez enfin d’alourdir inutilement votre dossier.
Car chaque nouvelle expérience présentée nécessite de nouveau de contextualiser votre environnement professionnel, votre structure, votre positionnement et votre public.
De quoi faire de votre dossier un sacré pavé, pour le plus grand malheur de votre jury de VAE.
Quand mobiliser une deuxième expérience ?
Une deuxième expérience devient intéressante lorsque la première ne vous permet pas de couvrir suffisamment certains attendus du référentiel.
On va illustrer par un exemple :
Imaginez qu’une précédente fonction vous ait permis de développer une expérience partenariale ou territoriale particulièrement importante, alors que votre poste actuel vous offre peu d’occasions de démontrer ces compétences.
Cette deuxième expérience peut alors venir compléter intelligemment votre démonstration.
La question à vous poser n’est donc pas :
« Combien d’expériences puis-je présenter ? »
mais :
« De quelles expériences ai-je réellement besoin pour démontrer les compétences attendues ? »
Attention : quatre situations de travail au maximum pour l’ensemble du dossier
C’est un point particulièrement important.
Même si vous choisissez de présenter plusieurs expériences professionnelles, vous ne disposez pas de quatre situations pour chacune d’entre elles.
Les quatre situations de travail constituent un maximum pour l’ensemble de votre dossier de validation.
Vous pourriez donc retenir :
- trois situations issues de votre expérience actuelle et une situation issue d’une expérience antérieure ;
- deux situations issues d’une première expérience et deux d’une seconde ;
- ou tout simplement quatre situations issues d’une seule et même expérience (simple et efficace)
Le choix dépendra entièrement de votre parcours et de la richesse des situations que vous avez rencontrées.
Vous comprenez dès lors pourquoi il serait dommage de commencer à rédiger immédiatement.
Avant toute rédaction, un travail de cartographie de votre expérience au regard du référentiel est indispensable.
C’est cette étape qui va vous permettre de déterminer quelles expériences retenir, quelles situations sélectionner et quelles compétences vous pourrez réellement démontrer.
Et c’est précisément ce que nous allons construire dans la suite de ce guide.
Avant de rédiger : faire le lien entre votre expérience et le référentiel
Vous l’avez compris : disposer de quatre situations de travail ne signifie pas qu’il faut commencer immédiatement à les rédiger.
Une étape préalable est indispensable : vous assurer que les expériences et situations que vous envisagez de présenter vous permettront effectivement de démontrer les compétences attendues pour le DEES.
Partez du référentiel, pas uniquement de vos souvenirs.
Le premier réflexe consiste souvent à rechercher les situations professionnelles qui nous semblent les plus importantes, les plus complexes ou simplement celles dont nous nous souvenons le mieux.
Ce n’est pas nécessairement le meilleur point de départ.
Une situation peut avoir été particulièrement marquante dans votre parcours sans pour autant constituer la situation la plus pertinente pour votre VAE.
Votre objectif reste bien de démontrer les compétences du diplôme visé.
Avant d’arrêter votre choix, prenez donc le temps de relire les quatre blocs de compétences du DEES et de les mettre en perspective avec les activités que vous exercez réellement.
Interrogez notamment :
- les accompagnements que vous conduisez ;
- votre participation à l’élaboration et à l’évaluation des projets ;
- la place laissée à la personne dans les décisions qui la concernent ;
- vos interventions auprès des groupes ou des familles ;
- votre travail avec l’équipe, votre réseau et vos partenaires ;
- votre inscription dans l’environnement institutionnel et territorial ;
- ainsi que la manière dont vous analysez et faites évoluer vos pratiques.
Cette première lecture permet généralement de faire émerger plusieurs situations intéressantes.
Ne recherchez pas obligatoirement quatre situations indépendantes
Votre dossier doit être pensé dans sa globalité.
Une situation pourra mettre particulièrement en évidence certaines compétences, tandis qu’une autre viendra compléter votre démonstration sur des dimensions moins présentes dans la première.
Il est donc préférable de rechercher la complémentarité entre vos situations, plutôt que d’essayer de reproduire quatre fois la même démonstration.
Certaines compétences apparaîtront naturellement dans plusieurs situations.
Ce n’est pas un problème.
L’important est qu’à l’issue de la lecture de votre dossier, le jury puisse disposer d’éléments suffisamment précis pour apprécier votre maîtrise des différents attendus du diplôme, avec une documentation (annexes) qui appuie votre développement.
Quelques questions avant de retenir une situation
Avant de sélectionner définitivement une situation professionnelle, demandez-vous simplement :
- Quel était mon rôle dans cette situation ?
- Quelles compétences puis-je réellement y démontrer ?
- Ai-je suffisamment de matière pour expliquer mes choix et ma démarche ?
- Cette situation apporte-t-elle quelque chose de complémentaire aux autres situations retenues ?
- Puis-je l’étayer avec des éléments ou documents issus de ma pratique ?
Si vous peinez à répondre à ces questions, il est probablement utile de poursuivre votre réflexion avant de commencer la rédaction.
Ne choisissez pas vos quatre situations uniquement parce qu’elles vous paraissent intéressantes à raconter.
Choisissez-les parce qu’ensemble, elles donnent au jury une vision suffisamment riche et représentative de votre exercice du métier d’éducateur spécialisé.
C’est cette cohérence globale qui donnera ensuite du sens à votre dossier de validation.
On passe maintenant aux choses sérieuses !
Dossier de Validation – DEES – Présenter vos motivations et votre parcours
Avant d’entrer dans la présentation détaillée de votre expérience professionnelle, le nouveau dossier de validation vous invite à revenir sur votre parcours et sur les raisons qui vous conduisent aujourd’hui à engager une VAE pour le DEES.
Ces premières rubriques sont relativement simples à compléter.
Elles ne doivent toutefois pas être considérées comme de simples formalités administratives.
Elles permettent au jury de mieux comprendre le cheminement professionnel qui vous conduit aujourd’hui vers le diplôme d’État d’éducateur spécialisé.

Présenter vos motivations pour ce DEES
La rubrique consacrée à vos motivations doit permettre de comprendre pourquoi vous avez choisi d’engager une VAE et pourquoi vous visez précisément le DEES.
Il ne s’agit donc pas uniquement d’expliquer que l’obtention du diplôme vous permettra d’évoluer professionnellement ou d’obtenir une reconnaissance de votre expérience.
Prenez également le temps de faire apparaître le lien entre :
- votre parcours ;
- les fonctions que vous exercez ou avez exercées ;
- les compétences progressivement développées ;
- votre évolution professionnelle ;
- et votre projet de certification.
Après lecture de cette partie, une première concordance entre votre expérience et le référentiel du DEES doit émerger.
Votre présentation doit aussi permettre de comprendre la cohérence de votre démarche.
Restez personnel et professionnel
Cette partie doit vous ressembler.
Évitez les formulations très générales sur le métier d’éducateur spécialisé qui pourraient finalement correspondre à n’importe quel candidat.
Votre motivation prend davantage de sens lorsqu’elle s’appuie sur votre propre parcours : les responsabilités que vous avez progressivement assumées, les publics que vous avez accompagnés, l’évolution de votre pratique ou encore les raisons qui vous conduisent aujourd’hui à souhaiter faire reconnaître ces acquis par le DEES.
Présenter votre parcours professionnel

Le dossier vous invite ensuite à retracer les principales expériences qui composent votre parcours.
Cette rubrique donne au jury une première vision de votre trajectoire professionnelle avant d’entrer dans l’analyse détaillée de la ou des expériences que vous aurez choisi de développer.
Soyez précis sur les périodes, les structures, les fonctions exercées et les principales activités réalisées, tout en restant synthétique.
Vous pourrez également faire apparaître, lorsque cela est pertinent, des expériences réalisées en dehors du cadre salarié, notamment certaines activités bénévoles (tableau suivant).
L’objectif n’est pas encore de démontrer vos compétences : vous donnez ici au jury les repères nécessaires pour comprendre votre parcours.
N’oubliez pas votre parcours de formation

Votre expérience professionnelle ne constitue pas la seule source de développement de vos compétences.
Au fil de votre parcours, vous avez probablement suivi des formations, obtenu des diplômes ou certifications, participé à des actions de professionnalisation ou actualisé vos connaissances sur les publics que vous accompagnez.
Ces éléments ont leur place dans votre dossier.
Ils permettent notamment de rendre compte de votre dynamique de professionnalisation et d’actualisation de vos connaissances.
Vous pourrez ainsi renseigner les formations qui présentent un intérêt au regard de votre pratique et du diplôme visé, en veillant à conserver les justificatifs permettant d’en attester les dates et, le cas échéant, la durée.
À retenir
Cette première partie doit permettre au jury de répondre à trois questions simples :
D’où venez-vous professionnellement ?
Comment votre expérience a-t-elle évolué ?
Pourquoi cette trajectoire vous conduit-elle aujourd’hui vers le DEES ?
Inutile d’en faire plusieurs pages : recherchez avant tout la cohérence, la précision et la personnalisation.
Présenter votre environnement professionnel
Après votre parcours, le dossier de validation vous demande de présenter le contexte dans lequel s’inscrit l’expérience professionnelle que vous avez choisi de développer.
La nouvelle trame adopte ici une organisation assez logique : elle part de votre environnement institutionnel pour aller progressivement vers votre structure, puis vers votre propre positionnement professionnel.
Cette partie permet au jury de comprendre le cadre dans lequel vous exercez avant de découvrir vos situations de travail.
Elle doit rester synthétique : votre objectif reste de fournir les éléments nécessaires à la compréhension de votre pratique.
Présenter votre environnement institutionnel

Commencez par situer votre structure dans son environnement.
Selon votre secteur d’intervention, vous pourrez notamment faire apparaître :
- le champ dans lequel s’inscrit votre activité : protection de l’enfance, handicap, insertion, hébergement, prévention spécialisée, protection judiciaire… et le groupe auquel appartient votre établissement (association, département…)
- les principales politiques sociales qui encadrent votre intervention ;
- les acteurs institutionnels concernés ;
- les principaux partenaires avec lesquels votre structure est amenée à travailler.
Sélectionnez les informations qui ont un lien réel avec votre activité et avec l’accompagnement des personnes.
Ne faites pas, par pitié, un « copier-coller » du site internet de votre association, ou groupe.
Il n’est pas nécessaire d’accumuler les textes législatifs, les dispositifs ou les sigles.
Quelques éléments pertinents et correctement contextualisés seront beaucoup plus utiles au jury qu’une présentation très théorique de votre secteur.
Faites apparaître votre compréhension de cet environnement
Vous travaillez dans un cadre institutionnel qui influence nécessairement votre pratique.
Une évolution réglementaire, une politique publique, les orientations d’un financeur ou encore l’organisation territoriale des réponses peuvent avoir des conséquences concrètes sur les accompagnements proposés.
Votre présentation doit donc montrer que vous savez situer votre intervention éducative dans un environnement plus large que votre seul établissement.
Présenter votre structure

Vous pouvez ensuite resserrer progressivement votre présentation sur la structure dans laquelle vous exercez.
Donnez au jury les informations indispensables pour comprendre son fonctionnement :
- sa nature et ses missions ;
- le public accueilli ou accompagné (rapidement car une autre rubrique est dédiée à ce sujet)
- son organisation générale ;
- le cadre légal
- les principaux professionnels qui interviennent ;
- les modalités d’accompagnement proposées ;
- ainsi que les éléments réglementaires utiles à la compréhension de son activité.
Une nouvelle fois, restez sélectif.
Le jury n’a pas besoin de connaître toute l’histoire de votre structure depuis sa création si ces informations n’apportent rien à la compréhension de votre expérience.
Posez-vous plutôt cette question :
« De quelles informations le jury a-t-il besoin pour comprendre l’environnement dans lequel j’exerce mon métier et notre organisation ? »
Expliquer votre position dans la structure

Après avoir présenté votre environnement puis votre établissement, vous allez pouvoir vous recentrer sur votre propre place.
Précisez votre fonction, vos principales responsabilités, votre niveau d’autonomie et la manière dont vous vous inscrivez dans l’organisation.
Cette partie est particulièrement importante pour votre démarche de VAE.
Votre intitulé de poste ne suffit pas à déterminer les compétences que vous exercez réellement.
Vous pouvez être éducateur spécialisé, moniteur-éducateur, éducateur, intervenant social ou occuper une autre fonction : ce sont les activités réellement exercées et les responsabilités assumées qui permettront au jury d’apprécier votre expérience.
Évitez donc de simplement reproduire votre fiche de poste.
Donnez plutôt à comprendre votre place réelle : vos responsabilités, vos interlocuteurs, votre articulation avec l’équipe et, lorsque cela est pertinent, les limites de votre champ d’intervention.
Vous comprendrez ici que votre présentation doit faire écho aux compétences attendues du DEES.
Présenter vos activités

Le dossier vous invite également à présenter les activités que vous réalisez dans le cadre de cette expérience.
Cette rubrique constitue une première passerelle entre votre poste et les compétences que vous développerez ensuite dans vos situations de travail.
Restez toutefois à ce stade dans une présentation synthétique de votre activité professionnelle.
Vos situations viendront ensuite montrer concrètement comment vous mobilisez vos compétences dans l’action.
Veillez simplement à ce que les activités présentées donnent une image fidèle de votre exercice professionnel et soient cohérentes avec le diplôme que vous souhaitez obtenir.
Et surtout, n’oubliez pas la veille professionnelle !!!
Présenter le public que vous accompagnez
Enfin, prenez le temps de présenter les personnes auprès desquelles vous intervenez.
Là encore, ne vous contentez pas d’indiquer une tranche d’âge ou une typologie.
Sans entrer dans une analyse exhaustive, donnez au jury quelques repères permettant de comprendre :
- les caractéristiques du public ;
- les principales problématiques rencontrées ;
- les besoins auxquels votre structure tente de répondre ;
- et les incidences que ces réalités peuvent avoir sur l’accompagnement éducatif.
Cette présentation permettra ensuite de mieux comprendre pourquoi vous intervenez de telle manière dans les situations professionnelles que vous avez choisies.
À retenir pour cette première partie du dossier de validation
Cette partie de votre dossier fonctionne comme un zoom progressif :

À l’issue de sa lecture, le jury doit pouvoir comprendre où vous travaillez, auprès de qui, dans quel cadre et quelle place vous occupez réellement.
Choisir vos quatre situations de travail
Nous arrivons à la partie centrale de votre dossier de validation : les situations de travail.
La nouvelle trame du dossier de validation du DEES vous permet d’en présenter jusqu’à quatre pour l’ensemble de votre dossier.
Ces situations constituent une part essentielle de votre démonstration.
C’est à travers elles que le jury pourra comprendre comment vous agissez concrètement, quelles compétences vous mobilisez et quelle analyse vous portez sur votre pratique professionnelle.
Le choix des situations ne doit donc rien au hasard.
Qu’est-ce qu’une situation pertinente pour votre VAE ?
Une bonne situation de travail n’est pas nécessairement une situation exceptionnelle.
Vous n’avez pas besoin d’avoir géré une crise majeure, conduit un projet particulièrement innovant ou rencontré une situation hors norme pour démontrer vos compétences d’éducateur spécialisé.
Une situation du quotidien professionnel peut être particulièrement intéressante dès lors qu’elle vous permet de rendre compte de votre intervention et de votre réflexion.
Privilégiez des situations dans lesquelles :
- votre rôle est clairement identifiable ;
- vous avez réellement pris part aux décisions ou aux actions présentées ;
- plusieurs étapes de votre intervention peuvent être expliquées ;
- vous avez réalisé des choix professionnels que vous êtes en mesure de justifier ;
- vous disposez de suffisamment de recul pour analyser votre action ;
- et les compétences mobilisées présentent un intérêt au regard du référentiel du DEES.
Une situation très complexe dans laquelle votre rôle est finalement secondaire sera souvent moins pertinente qu’une situation plus ordinaire dans laquelle votre intervention professionnelle peut être précisément démontrée.
Pensez vos quatre situations comme un ensemble
Vos quatre situations ne doivent pas être choisies indépendamment les unes des autres.
Avant de les retenir définitivement, observez ce qu’elles permettent, ensemble, de donner à voir de votre expérience.
Si vos quatre situations concernent exactement le même type d’accompagnement, mobilisent les mêmes interlocuteurs et démontrent systématiquement les mêmes compétences, votre dossier risque de laisser dans l’ombre une partie de votre expérience.
Une situation peut mobiliser plusieurs blocs de compétences
Dans la réalité professionnelle, les compétences ne s’exercent évidemment pas séparément.
Une situation principalement centrée sur l’accompagnement éducatif peut également vous conduire à travailler avec différents professionnels, à mobiliser un partenaire ou à questionner votre pratique.
Il est donc parfaitement normal qu’une situation fasse apparaître des compétences relevant de plusieurs blocs.
En revanche, soyez prudent si vous considérez qu’une seule situation permet, à elle seule, de démontrer l’intégralité des quatre blocs.
À vouloir tout traiter, vous risquez de rester trop général et de ne pas disposer de l’espace nécessaire pour approfondir les compétences les plus significatives.
Une compétence n’est pas démontrée parce qu’elle est citée : elle doit pouvoir être repérée dans votre manière d’agir, de décider, d’expliquer et d’analyser.
Ne racontez pas seulement ce qui s’est passé
C’est probablement l’un des points les plus importants à retenir pour la rédaction de votre Livret 2.
Le jury ne cherche pas uniquement à savoir ce que vous avez fait.
Il doit pouvoir comprendre comment et pourquoi vous l’avez fait.
Votre récit constitue donc le support de votre démonstration, mais il ne peut pas en être l’unique contenu.
C’est ce passage de la description à l’analyse qui donne toute sa valeur à une situation de travail dans un dossier de VAE.
Ne négligez pas les références professionnelles
Analyser sa pratique ne signifie pas uniquement donner son opinion sur ce que l’on a réalisé.
Votre intervention s’appuie également sur des connaissances, des repères professionnels, un cadre réglementaire et des apports théoriques qui contribuent à éclairer vos choix.
Selon la situation présentée, certaines références issues d’ouvrages, d’articles professionnels, d’études ou de travaux consacrés aux publics accompagnés pourront ainsi enrichir votre analyse.
L’objectif n’est pas de transformer votre dossier en mémoire universitaire.
Une référence n’a d’intérêt que lorsqu’elle éclaire votre pratique, votre compréhension d’une situation ou l’un de vos choix professionnels.
Évitez donc d’accumuler des citations ou des auteurs uniquement pour donner une apparence théorique à votre dossier.
Pensez également aux preuves de votre pratique
Au moment de sélectionner vos situations, posez-vous enfin la question des éléments professionnels susceptibles de venir les étayer.
Vous avez peut-être participé à l’élaboration d’un projet, produit un écrit professionnel, utilisé ou construit un outil, préparé une réunion, participé à une action partenariale ou contribué à une évaluation.
Certains de ces documents pourront trouver leur place dans vos annexes, sous réserve naturellement du respect de la confidentialité et de l’anonymisation des informations.
L’annexe ne remplace jamais votre démonstration.
Elle vient l’illustrer, l’étayer ou apporter au jury un élément complémentaire de compréhension.
Avant de valider définitivement vos quatre situations
Prenez un dernier temps de réflexion.
Vos situations permettent-elles de comprendre votre rôle personnel ?
Sont-elles suffisamment différentes ou complémentaires ?
Vous permettent-elles réellement de développer les compétences attendues ?
Disposez-vous de suffisamment de matière pour expliquer vos choix et analyser votre intervention ?
Pouvez-vous apporter des éléments concrets permettant d’étayer certaines d’entre elles ?
Si la réponse est oui, vous disposez probablement d’une base pertinente pour commencer votre rédaction.
L’analye globale : réflexion synthétique de votre expérience

Après la présentation de vos situations de travail, le dossier vous invite à prendre du recul sur l’expérience professionnelle présentée.
Contrairement à une conclusion libre, cette analyse globale est guidée par plusieurs rubriques précises.
Vous n’avez donc pas à rechercher vous-même la manière de l’organiser : le dossier vous indique les différentes dimensions de votre pratique sur lesquelles vous devez revenir.
L’objectif est ici de permettre au jury d’apprécier votre exercice professionnel au-delà des situations particulières précédemment développées.
Les principes et objectifs qui guident votre action
Vous êtes tout d’abord invité à expliciter les principes qui orientent votre intervention : principes éthiques, déontologiques, objectifs poursuivis dans l’accompagnement, relation avec les personnes accompagnées, l’équipe, la hiérarchie ou encore les partenaires.
Attention à ne pas produire une simple liste de valeurs.
Des notions telles que le respect, la bienveillance, la confidentialité ou la bientraitance prennent davantage de sens lorsqu’elles sont reliées à votre pratique professionnelle et à votre manière d’accompagner les personnes.
Vos sources d’information et de documentation
Le dossier vous demande ensuite d’identifier les ressources que vous mobilisez dans votre activité.
Il peut s’agir de ressources réglementaires, institutionnelles, professionnelles ou théoriques, mais également des différents moyens que vous utilisez pour actualiser vos connaissances et éclairer votre intervention.
Cette rubrique permet notamment de montrer que votre pratique ne repose pas uniquement sur votre expérience acquise, mais qu’elle continue à s’enrichir et à évoluer.
Votre participation au fonctionnement collectif
Vous devrez également préciser la manière dont vous contribuez au fonctionnement collectif de votre structure : travail en équipe, réunions, échanges professionnels, espaces institutionnels auxquels vous participez…
Ne vous contentez pas d’énumérer les réunions auxquelles vous assistez.
Le jury doit pouvoir comprendre la nature de votre participation et votre implication dans ces différents espaces.
Votre degré d’autonomie et d’initiative
Cette rubrique est particulièrement intéressante dans une démarche de VAE.
Elle permet de distinguer ce qui relève de votre propre champ de responsabilité de ce qui nécessite une concertation, une validation hiérarchique ou une décision collective.
Vous pourrez ainsi donner à comprendre ce que vous pouvez décider seul, les initiatives que vous êtes amené à prendre, la manière dont vous rendez compte de votre activité, mais également les limites de votre autonomie professionnelle.
Il ne s’agit pas de chercher à démontrer une autonomie absolue : savoir identifier les limites de son champ d’intervention fait également partie du positionnement professionnel.
L’évaluation de votre intervention
Le dossier vous demande ensuite comment vous évaluez votre intervention et sur quels critères ou indicateurs vous vous appuyez.
Cette rubrique doit permettre de montrer que votre action éducative ne s’arrête pas à sa mise en œuvre.
Vous êtes également en mesure d’en observer les effets, d’en apprécier les résultats et, lorsque cela est nécessaire, de faire évoluer votre intervention.
Les compétences mises en œuvre
Enfin, vous êtes invité à identifier les principales compétences et les principaux savoirs mobilisés dans le cadre de votre expérience.
Cette dernière rubrique constitue naturellement un point important dans un dossier de VAE.
Évitez toutefois de transformer votre réponse en copie du référentiel.
L’enjeu est plutôt de faire ressortir les compétences qui caractérisent réellement votre exercice professionnel, ainsi que les savoirs sur lesquels elles reposent.
Retenez donc que …
L’analyse globale vous amène finalement à regarder votre expérience sous plusieurs angles :

Elle vient ainsi compléter les situations de travail, en permettant au jury d’appréhender des dimensions plus transversales de votre exercice professionnel.
Pour finir…
Le nouveau dossier de validation du DEES ne bouleverse pas fondamentalement la démarche de VAE.
Sa nouvelle organisation et le passage à quatre situations de travail viennent toutefois accompagner l’évolution du référentiel du diplôme et nécessitent de penser son dossier dans sa globalité avant de commencer à rédiger.
Au fil de ce guide, vous avez pu identifier les principaux repères pour vous approprier cette nouvelle trame.
Gardez néanmoins à l’esprit qu’un dossier de validation ne consiste pas à faire entrer votre expérience dans des cases.
Votre parcours est singulier.
Votre établissement, votre public, vos responsabilités, les situations que vous avez rencontrées et la manière dont vous exercez votre métier le sont également.
C’est précisément cette réalité professionnelle que votre dossier doit permettre au jury de découvrir.
Et n’oubliez pas : la VAE ne vous demande pas de devenir éducateur spécialisé à travers votre écrit.
Elle vous demande de démontrer, à partir de votre expérience, que vous en maîtrisez déjà les compétences.
Et si on faisait équipe pour aller valider ce DEES par VAE ?
Retrouvez-moi ici, si vous voulez obtenir mon aide, et tenter de devenir le prochain diplômé, comme :
- Guillaume, diplômé du DEES dès son premier passage devant le jury


- Céline, également diplômée dès son premier passage !

- Solange, qui après une invalidation et un premier passage devant le jury mené en autonomie, a validé l’intégralité du DEES sur ce second passage. Nous avons retravaillé l’ensemble de son dossier. Le verdict est tombé : diplômée !! Avec la même expérience, mais pas vraiment la même manière de la raconter…

- Véronique, qui a validé également le DEES dès son premier passage devant le jury !

Je pense aussi à Gabriel, Julie, Valérie…
J’en oublie très certainement et je m’en excuse.
Et si c’était vous le prochain ?
Si vous obteniez enfin une revalorisation salariale pour une fonction que vous assurez déjà ?
Si ce diplôme vous permettait enfin de changer de structure, pour un « vrai poste » d’éduc spé ?
Je vous attends pour réussir ensemble ce merveilleux parcours.
Vous verrez : c’est exigeant, mais on y met aussi un peu de « fun » !
Tous mes voeux de succès.
Alexandra
Accompagnatrice VAE
Articles complémentaires à consulter susceptibles de vous intéresser pour réussir votre VAE :
1 – Guide complet pour décrypter le nouveau référentiel du DEES
2 – Trois livres à détenir absolument si vous tentez une VAE d’éducateur spécialisé