La gestion des émotions : le sujet du 21ème siècle. Beaucoup de livres se sont vendus sur ce sujet à la conquête du bonheur. Je vous donne aujourd’hui accès à une conférence traduite de Marian Rojas-Estape qui est une psychiatre et une conférencière reconnue en Espagne.

Elle a l’originalité d’aborder avec humour un sujet passionnant, déroutant, et de le théoriser en le rendant accessible à l’image du Neuropsychiatre Français et maître en la matière : Boris Cyrulnik.

Prenez ce temps de lecture pour vous car il vous :

  • Apportera un certain recul sur les choses et la gestion de vos propres émotions
  • Evoquera des théories réutilisables dans votre vie professionnelle et personnelle
  • Poussera à réfléchir et ouvrir votre esprit

Sachez en tout cas que j’ai pris un grand plaisir à effectuer ce travail de traduction pour que les travaux de Marin Rojas trouvent écho également dans notre pays, au-delà des frontières qui nous séparent.

La réflexion n’a pas de limite. Les seules limites que vous avez sont celles que vous acceptez de vous infliger.

Je vous souhaite une belle lecture.

L’apprentissage de la gestion des émotions


Apprendre à gérer ses émotions peut nous permettre d’être heureux et surtout d’avoir une meilleure santé.

La psychiatrie a beaucoup évolué :

  • On traite certes par médicaments certaines pathologies
  • Mais on s’intéresse davantage à la gestion émotionnelle
  • A la notion de traumatisme
  • Et on remonte l’intégralité des blocages d’un individu pour comprendre l’origine de ces blocages

La vision du bonheur


La manière dont on perçoit les choses serait une des clés pour vivre en meilleure santé.

Nous n’avons aucune façon d’influencer les choses qui nous arrivent, dans le sens où la vie à sa part d’incertitude. Cependant, la manière d’appréhender les choses, de les ressentir, d’y accorder ou non de l’importance vous appartient à 100%.

Au-delà de ce constat, c’est une donnée clinique que nous apporte Marin Rojas. Les expériences et la façon de les affronter changent les gênes d’un individu.

comment modifier les gênes individu

Parler de bonheur, c’est parler du sens que nous donnons à la vie


Tout le monde souhaite être heureux. Mais pouvons-nous apporter une définition à ce bonheur ?

C’est une manière de vivre.

Comment je décide chaque jour d’accepter les circonstances de la vie qu’on m’offre, qu’elles soient favorables ou difficiles ?

Ce n’est pas la même chose que le bien-être, qui lui est subjectif, contrairement à une étude menée en 2016 aux Etats-Unis.

La seule chose qui peut rendre heureux au sens strict du terme selon ce médecin psychiatre et qui est un antidote face à la souffrance est l’amour, au sens large du terme. Nous retrouvons ici l’amour :

  • D’un idéal : les exemples de réussite, les croyances et les biographies qu’on peut lire sur les succès d’une personne nous confortent dans cette recherche du bonheur
  • Qu’on ressent pour une personne
  • Qu’on attache à un souvenir

La force du souvenir pour gérer ses émotions


Elle cite ici le livre de l’auteur Victor FRANKL « El hombre en busca de sentido ». Traduisez « L’homme en recherche de sens ». Ce médecin neuropsychiatre nous y raconte son expérience dans les camps d’Auschwitz.

Victor FRANKL dans ce livre s’est interrogé sur un fait : pourquoi certaines personnes du camp mouraient chaque jour quand d’autres tenaient bon, jour après jour avec la même quantité de nourriture, la même violence des SS, la même quantité de travail… ?

Il s’est donc intéressé et a enquêté sur la cause, ou plutôt les différences qui séparaient ces personnes.

Il émit ainsi cette hypothèse :

  • Certaines personnes se levaient chaque matin avec le souvenir d’une personne, d’un moment de leur vie passée et se raccrochait dès leur réveil à ce souvenir
  • Quand d’autres n’avaient aucun souvenir et ne parvenaient pas à survivre

Se rappeler d’une chose agréable génère « chimiquement » une hormone du plaisir, et de bonheur.

Le recours au souvenir, dans une période difficile, peut nous aider d’une part à guérir et d’autre part à nous sauver des pires moments de notre existence.

Pourquoi vous-levez-vous le matin ?


Victor FRANKL déclare ceci : tout dépend de la manière dont on se lève le matin et qu’on affronte cette nouvelle journée.

80% des personnes ne savent pas pourquoi elles se lèvent le matin. C’est un automatisme : nous nous levons car nous avons pris l’habitude de le faire chaque jour. Nous sommes éduqués.

Le bonheur est une source de motivation pour vous lever chaque matin.

De plus, le bonheur a un lien avec la manière de s’exprimer et l’utilisation des mots reflètent beaucoup de choses de notre état intérieur.

Les trois mots du bonheur


Les mots évoquent l’état d’une personne. Il y a trois mots qui touchent le cœur d’une personne :

  • S’il vous plait : parce qu’il ouvre une porte à une autre personne
  • Merci : car le remerciement est la mémoire du cœur
  • Pardon : c’est la clé pour guérir n’importe quel traumatisme

Marin Rojas revient sur son expérience professionnelle auprès des adolescentes victimes de prostitution.

Elle nous fait part d’un témoignage d’une adolescente, qui l’a marquée à vie.

En tant que médecin psychiatre, elle se demandait comment elle pouvait aider cette adolescente à guérir de ce traumatisme et de la trahison subit par sa propre famille, qui l’a abandonnée et vendue pour un peu d’argent. Comment cette personne peut-elle reprendre après ça une vie « normale » ? C’est ici le principe même de la résilience qui est évoqué.

Lors d’une séance, elle a alors un échange avec cette même adolescente qui lui ouvrit les yeux et lui déclara :

« J’ai découvert que l’unique solution pour être heureuse et pour surmonter le traumatisme, c’est pardonner. C’est ce que j’ai fait : pardonner. J’ai pardonné à mon père et à toutes les personnes qui ont cautionné son acte en profitant ensuite de moi ».

Marin Rojas nous indique donc à travers cet exemple que le pardon est une des solutions pour trouver le bonheur :

  • Nous pardonner à nous-même pour nos erreurs
  • Et aux autres pour ceux qu’ils ont pu nous faire par le passé

Le bonheur, tel qu’elle le définit est donc la manière de vivre dans le présent, en surmontant les blessures du passé, et en étant optimiste face au futur. Elle précise que :

  • les personnes qui vivent dans le passé sont dépressifs
  • celles qui vivent dans le futur sont angoissées

La dépression et l’anxiété sont les deux maladies du 21ème siècle.

Les préoccupations des gens malheureux


Lorsqu’on demande à une personne qu’elle nous raconte ses préoccupations, elle nous évoque :

  • son passé
  • ou le futur

Nous oublions de vivre dans le présent, qui lui n’apporte pas toutes ces émotions négatives et qui est beaucoup plus simple : il représente l’équilibre personnel. A cet instant précis, vous n’avez pas de problèmes. Pas de peine, pas de douleur, pas d’angoisse si vous ne pensez pas au passé ni à l’avenir. Pourquoi ne pas profiter de ce répit pour aller bien ?

Comment fonctionne notre esprit ?


Penser altère notre monde intérieur.

Marin Rojas indique que tout ce que nous pensons et concevons comme possible peut par définition se réaliser.

Elle donne un exemple très concret à ce sujet et prend l’exemple de sa grossesse. Le cerveau se concentre sur les projets en cours à votre niveau.

Lorsqu’elle était enceinte et qu’elle sortait à l’extérieur, elle ne voyait que des femmes enceintes et pensait : « Toutes les femmes sont tombées enceinte en même temps que moi ». C’est évidemment une illustration ironique de la perception altérée d’un individu. Il n’y avait pas plus de femmes enceintes qu’avant, cependant son attention était portée sur ces femmes enceintes.

Dès lors que nous nous intéressons à un thème particulier, nous voyons des choses liés à ce thème partout dans notre environnement. Si vous recherchez une solution à un problème, vous allez naturellement percevoir des solutions à ce problème. Si vous ne voyez qu’un problème, vous ne trouverez pas de solution.

Ce phénomène est lié à notre cerveau qui active ce qu’on appelle le « système réticulaire ». Ce système fait en sorte que nous soyons en capacité de nous intéresser à certaines choses et de capter tout ce qui a de l’intérêt pour nous et qui peut nous permettre d’avancer.

Marin Rojas fait ensuite le parallèle avec une personne optimiste qui active les mêmes zones cérébrales. Si elle souhaite qu’une chose arrive, en la désirant, elle fera en sorte que cette chose arrive et elle se produira. Cette personne attirera en effet toutes les choses qui l’aideront à réaliser ses souhaits, ses rêves, ne serait-ce que par le fait d’y penser jour après jour.

Certains parlent de la loi d’attraction mais ce thème n’a pas été évoqué par Marin Rojas.

L’hormone qui deviendra votre meilleure amie : le cortisol


Le cortisol est une hormone fabriquée : l’hormone du stress.

Cette hormone peut avoir des effets négatifs.

Si vous êtes assis dans une salle et que l’alarme incendie se déclenche, vous allez paniquer et vouloir sortir du bâtiment.

En revenant, vous n’allez pas vous sentir de la même manière qu’avant de sortir. Personne n’oublie qu’il y a de cela quelques minutes, vous sortiez pour échapper à un hypothétique feu. Pourquoi ?

Parce que l’hormone cortisol a cette capacité de monter très rapidement dans votre corps, mais mettra entre 6 et 8 h à disparaitre intégralement. Le pic est très rapide mais la baisse est très lente.

Marina Rojas ajoute qu’en ayant des pensées négatives, stressantes, votre corps déclenche une nouvelle fois cette hormone. Imaginez donc le désastre intérieur que vous êtes en train de provoquer et le temps qu’il vous faut pour l’éliminer.

90% des choses qu’on imagine n’arriveront pas. Pour autant, votre corps souffre et subit ce stress quotidien avec ces projections et ces scénarios catastrophes qui n’arriveront probablement jamais.

Que se passe-t-il quand cette hormone est constamment déclenchée ?


Il produit dans ce cas un effet à deux niveaux :

  • le niveau physique : perte de cheveux, problème pour avaler la nourriture, problèmes intestinaux, infections, migraines, tachycardie
  • Et le niveau psychologique : changement dans les habitudes de sommeil, sensation de ne pas avoir dormi malgré une nuit de sommeil, fatigue, pertes de mémoire, irritabilité, dépression

Comment évacuer cette hormone et la diminuer dans votre corps ?


Il y a cinq manières d’évacuer ce trop-plein de cortisol :

  • l’exercice : courir, faire du vélo…
  • identifier les personnes toxiques et les personnes « vitamines » : une personne toxique après dix minutes de discussion nous épuise, nous fatigue ou nous énerve. A l’inverse, les personnes « vitamines » nous donne de l’énergie et nous redonne le sourire. Maximiser évidemment la présence de personnes « vitamines » et limiter celles de personnes toxiques une fois identifiées autant que possible
  • Avoir des pensées positives : lorsque nous pensons que les choses ne vont pas bien se terminer, nous altérons notre cerveau.
  • La méditation : elle va vous apprendre à développer votre attention, votre présence et surtout à développer votre acceptation sur le fait qu’on ne peut pas tout contrôler
  • L’oméga 3 : a le mérite de freiner le cortisol. Il agit comme un protecteur pour l’organisme, comme un antiinflammatoire et demeure très souvent utilisé par les psychiatres pour traiter les addictions, la schizophrénie…

Sept conseil pour bien gérer ses émotions et atteindre le bonheur


Pour être heureux et avoir une bonne santé, il est crucial de savoir gérer ses émotions.

Voici sept conseils pour apprendre à le faire :

1 – Se connaître 

Tout le monde a trois facettes :

  • Celle que les autres voient : l’image qu’on renvoie
  • Ce qu’on souhaite montrer aux autres : c’est un « autoconcept »
  • Ce que je suis réellement : la vérité qu’on se doit de comprendre de notre personne

Il est impossible de gérer ses émotions si on ne connait pas.

Quand on se connait, on se comprend. Quand on se comprend, on s’accepte. Et quand on s’accepte, on peut tout surmonter.

2 – Eviter l’excès d’autocritique et d’exigence

Accepteriez-vous d’être ami avec une personne qui toute la journée vous dit :

  • « Tu ne pas pas y arriver »
  • « Bravo, encore un échec »
  • « Mais quand vas-tu arrêter d’être stupide »
  • « Tu es vraiment trop grosse »

Et pourtant, c’est ce qu’on s’inflige à nous-même toute la journée par diverses pensées. Notre discours intérieur est sensé nous élever, nous faire progresser. Il n’a pas vocation à nous diminuer ou générer de la colère envers nous-même, voire de la haine.

D’autre part, les personnes perfectionnistes ne sont jamais satisfaites. Les choses ne sont jamais assez bien faites. Ce sont des éternels insatisfaits.

Rappelez-vous les informations précédemment vues sur les pensées négatives.

Echouer fait partie intégrante du processus de réussite : apprenez de vos échecs, continuez d’avancer, et persévérez. C’est la recette du succès.

3 – Fixez-vous des objectifs

Allez savoir pourquoi, mais nous avons tous besoin de ce pourquoi.

Trouver un but à notre vie, assouvir une passion, exercer un métier qui nous stimule, voyagez… Toutes ces choses sont synonymes de bonheur.

Nous avons besoin d’avoir une ligne directrice à laquelle nous raccrocher en cas de perturbations, de turbulences : « Pensez en grand et agissez en petit ».

Franchir des petits objectifs vous incitera à continuer.

Si vous souhaitez perdre 20 kilos, vous n’allez pas démarrer par perdre 20 kilos, vous allez :

  • Vous remettre au sport
  • Arrêter le chocolat
  • Consultez au besoin un diététicien
  • Revoir votre alimentation
  • ….

Les choix que vous ferez, seront au cumulé, facteurs de réussite ou d’échec.

4 – Travailler sa volonté

Une personne avec de la volonté ira toujours beaucoup plus loin qu’une personne intelligente. Nous pouvons donc tous réussir et sommes en ce sens tous égaux.

L’ordre, la constance dans les plans, les actions, les choix, les idées, peuvent changer notre vie.

La motivation est l’énergie qui vous donnera toujours la possibilité d’avancer et l’envie de concrétiser vos plans. J’ai à ce sujet, rédiger un article complet, sur la motivation et comment se motiver au quotidien et le rester. Vous retrouverez également un article sur le pouvoir du choix, à la fin de cet écrit.

5 – L’assertivité

C’est le point intermédiaire entre l’agressivité et la passivité.

Nous pouvons le traduire ici par :

  • Lorsque vous sous souhaitez dire oui à une chose, faites-le
  • En revanche, si vous souhaitez dire non à une chose, dites non tout simplement

En d’autres termes et pour résumer : écouter vos besoins et votre intuition.

Si vous ne faites pas ça, vous nagerez toujours à contre-courant de vos désirs, pour privilégier ceux des autres. Qui peut se sentir bien ainsi ?

Dans cette même continuité, ne gardez pas les choses en vous.

Si une personne vous a fait de la peine, dites-lui. Si une personne vous a blessé, dites-lui. Mais ne gardez pas ce sentiment ou cette frustration en vous au risque de ruminer et de vous stresser.

6 – L’intelligence émotionnelle

C’est tout simplement la capacité de comprendre nos émotions, celles des autres et pouvoir être empathique.

Les personnes qui ne comprennent pas leurs émotions ne peuvent par définition pas être heureuse, puisqu’elles ne se comprennent pas, ou pas totalement.

Vous devez être en capacité de comprendre comment vous vous sentez, les signes que votre corps vous envoient, pour agir en conséquence.

7 – S’éduquer dans l’optimisme

Le bonheur s’apprend. C’est le message-clé de cet article, et de la conférence animée par Marin Rojas. Il est donc nécessaire de s’éduquer à devenir et rester optimiste.

Tout ce que nous venons de voir le montre très bien. Lorsqu’une chose arrive, vous avez deux façons d’analyser la situation :

  • la concevoir comme un problème
  • ou comme une solution

Le bonheur n’est pas lié à ce qui nous arrive, sinon à la façon de percevoir ce qui nous arrive. Il est nécessaire d’éduquer notre regard, savoir regarder, et savoir aimer.

Et si vous ne regardez pas positivement les choses, vous ne pourrez pas être heureux.

CONCLUSION


L’illusion change notre cerveau, la joie également. Elles génèrent et sécrètent à elle deux des hormones positives, telle que la dopamine.

Vous avez lu dans cet article tout ce qu’il est possible de faire, avec des petites actions quotidiennes pour changer doucement votre perception et gérer vos émotions.

Appliquez notamment les sept conseils évoqués par Marina Rojas à votre vie.

Je n’ai qu’une seule alerte à vous faire : ATTENTION, cela pourrait bien fonctionner !

Alexandra

Articles complémentaires :

1Comment être motivé (et le rester)

2Le pouvoir du choix 

3 –  Guide pour se présenter efficacement en 5 minutes