L’étude de faisabilité constitue la première étape de votre parcours de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE).

Depuis la réforme de 2022, il remplace l’ancien dossier de recevabilité (Livret 1) et permet au certificateur d’évaluer si votre expérience est suffisamment en lien avec le diplôme que vous souhaitez obtenir.

Contrairement aux idées reçues, ce dossier n’a pas vocation à démontrer l’ensemble de vos compétences ni à raconter en détail votre parcours professionnel.

Il s’agit avant tout d’établir une première correspondance entre votre expérience et les compétences attendues par le référentiel de certification.

Bien préparé, il constitue un véritable tremplin pour la rédaction du livret 2.

Dans ce guide, nous allons reprendre chaque rubrique du dossier de faisabilité, dans l’ordre où elle apparaît sur le formulaire, afin de vous expliquer ce qui est attendu, les erreurs les plus fréquentes à éviter et les bonnes pratiques pour valoriser votre expérience sans vous compliquer inutilement la tâche.

J’en profiterai également pour partager plusieurs conseils issus de mon expérience d’accompagnatrice VAE, afin de vous aider à aborder cette étape avec méthode et sérénité.

Vous verrez que, contrairement à ce que beaucoup imaginent, le dossier de faisabilité reste relativement accessible dès lors que l’on prend le temps de s’appuyer sur le référentiel de certification et de faire le lien avec ses missions professionnelles.

À savoir : pour une même certification, vous ne pouvez déposer qu’un seul dossier de faisabilité par année civile.

Il est donc important de prendre le temps de le compléter avec soin avant sa transmission, afin de mettre toutes les chances de votre côté dès cette première étape.

En cas de refus, il vous faudra attendre l’année suivante.

Si vous préférez le format vidéo, vous trouverez ici mon tutoriel en ligne :


Je le disais précédemment, le dossier de faisabilité remplace l’ancien dossier de recevabilité, plus communément appelé « Livret 1 ».

Son objectif reste toutefois le même : permettre au certificateur de vérifier que votre expérience professionnelle est suffisamment en lien avec la certification que vous souhaitez obtenir.

À ce stade de la démarche, il ne vous est pas demandé de démontrer l’ensemble de vos compétences ni de rédiger une analyse détaillée de vos pratiques professionnelles (à l’exception des diplômes universitaires qui peuvent intégrées une partie rédactionnelle à réaliser sur une dizaine de page, en complément de la synthèse des expériences).

Le dossier de faisabilité constitue avant tout une première photographie de votre parcours.

Il permet de répondre à plusieurs questions essentielles :

  • Votre expérience est-elle cohérente avec le diplôme visé ?
  • Exercez-vous des activités en lien avec les blocs de compétences du référentiel ?
  • Disposez-vous d’une expérience suffisamment significative pour poursuivre votre démarche de VAE ?

L’objectif est donc de présenter une synthèse claire de votre parcours, en établissant un premier rapprochement entre les missions que vous exercez et les compétences attendues par le diplôme.

A noter que vous pouvez viser uniquement une partie des blocs de compétences du référentiel, et associer, pour exemple, une action formative sur la partie manquante, qui ne pourra être illustreé par l’expérience.

Une étape souvent plus simple qu’on ne l’imagine

De nombreux candidats appréhendent ce premier dossier, pensant qu’il est aussi exigeant que le dossier de VAE à rédiger (anciennement appelé livret 2).

En réalité, il est beaucoup plus synthétique.

Pour les diplômes du travail social, pour exemple, il ne s’agit pas encore de développer des situations professionnelles détaillées. Le certificateur cherche principalement à vérifier que les fonctions que vous exercez correspondent bien aux attendus du diplôme visé.

Cela signifie que vous n’avez pas besoin d’écrire plusieurs dizaines de pages.

En revanche, chaque information renseignée doit être pertinente et permettre de comprendre rapidement le lien entre votre expérience professionnelle et les différents blocs de compétences.

Peut-on compléter le dossier seul ?

Oui.

Le dossier de faisabilité peut tout à fait être complété en autonomie.

France VAE met à disposition un formulaire ainsi qu’un tutoriel expliquant le fonctionnement de la plateforme et les différentes rubriques à renseigner.

Si vous choisissez d’être accompagné dès le début de votre parcours, votre architecte-accompagnateur co-construira ce dossier avec vous, sur la plateforme.

À l’inverse, certains candidats préfèrent réaliser eux-mêmes cette première formalité afin de réserver leur budget d’accompagnement à la rédaction du livret 2, qui constitue généralement la phase la plus exigeante de la VAE.

Avant de commencer : préparez les documents nécessaires

Avant d’ouvrir le formulaire, prenez quelques minutes pour réunir les pièces qui pourront vous être demandées :

  • une pièce d’identité en cours de validité ;
  • le cas échéant, les diplômes ou attestations permettant de bénéficier d’une dispense ou d’un allègement de certains blocs de compétences ;
  • les éventuels justificatifs de prérequis lorsque la certification en prévoit.

Une fois ces éléments réunis, vous pourrez compléter chaque rubrique du dossier de manière beaucoup plus fluide.

Dans la suite de cet article, nous reprendrons le formulaire rubrique par rubrique, afin de vous expliquer précisément ce qui est attendu et les points de vigilance à connaître avant de transmettre votre dossier.


La première partie du dossier de faisabilité concerne la certification que vous souhaitez obtenir.

Si les informations demandées peuvent paraître administratives, elles méritent néanmoins toute votre attention.

Une erreur sur l’intitulé du diplôme ou le code RNCP peut retarder le traitement de votre demande.

demande VAE

Demande initiale ou renouvellement ?

Le formulaire vous demande tout d’abord s’il s’agit :

  • d’une première demande de faisabilité ;
  • ou d’une demande de renouvellement.

Dans la majorité des situations, il s’agira d’une demande initiale.

Le renouvellement concerne notamment les candidats qui disposaient déjà d’un avis favorable, mais dont la recevabilité n’est plus valable, pour exemple en raison d’une évolution du référentiel de certification.

Point de vigilance

En cas de réforme d’un diplôme, la recevabilité obtenue sur l’ancien référentiel ne permet pas de poursuivre la démarche sur le nouveau.

Avant de déposer votre dossier, vérifiez toujours que vous candidatez sur le référentiel actuellement en vigueur.

Indiquez précisément la certification préparée

RNCP VAE

Vous devrez ensuite renseigner plusieurs informations :

  • l’intitulé exact de la certification ;
  • son code RNCP ;
  • le certificateur ;
  • l’éventuelle option ou spécialité lorsque le diplôme en comporte une.

Ces informations sont facilement accessibles depuis la fiche de la certification sur France VAE, qui renvoie directement vers le Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP).

Exemple ci-dessous avec le Diplôme d’Etat d’Educateur Spécialisé (DEES).

Vous y trouverez également une présentation du métier, les activités professionnelles visées, les blocs de compétences, les prérequis, les frais de certification, et la documentation à télécharger.

Je vous recommande vivement de ne pas recopier ces informations de mémoire.

Prenez quelques minutes pour vérifier chaque élément directement sur la fiche RNCP afin d’éviter toute erreur.

Certification complète ou validation partielle ?

Le formulaire vous demande également si vous sollicitez la validation de l’ensemble de la certification ou seulement de certains blocs de compétences.

Si vous ne bénéficiez d’aucune dispense ou d’aucun allègement, et si votre expérience vous le permet, vous demanderez naturellement la validation complète du diplôme et indiquerez le nombre total de blocs de compétences figurant dans le référentiel.

En revanche, certaines situations permettent de bénéficier de dispenses.

C’est notamment le cas lorsque vous êtes déjà titulaire d’un diplôme ouvrant droit à une validation de certains blocs de compétences.

Dans cette hypothèse, il conviendra :

  • d’indiquer uniquement les blocs restant à valider ;
  • de joindre le diplôme justifiant cette dispense, avec le dossier de faisabilité
prérequis vae

Certaines certifications imposent des prérequis (diplôme, formation obligatoire, certificat…).

Pour d’autres, aucun prérequis n’est exigé, si ce n’est bien évidemment de disposer d’une expérience significative, en phase avec le diplôme.

Avant de compléter cette rubrique, prenez le temps de consulter la fiche RNCP ou France VAE.

Si aucun prérequis n’est prévu, il est préférable de laisser la rubrique vide ou d’indiquer « Non concerné », plutôt que de répondre « Non », ce qui pourrait laisser penser que vous ne remplissez pas une condition pourtant obligatoire.

Mon conseil

Même si cette première rubrique paraît essentiellement administrative, elle constitue déjà une excellente occasion de prendre connaissance du référentiel de certification.

Je vous encourage à consulter dès cette étape :

  • la fiche RNCP ;
  • les activités professionnelles visées ;
  • les blocs de compétences (vous baserez votre réflexion là-dessus) ;
  • ainsi que le référentiel complet de certification, qui entrera dans le détail des compétences et sous-compétences attendues.

Cette première lecture vous sera extrêmement utile pour compléter les rubriques suivantes, notamment celles consacrées à vos expériences professionnelles.


Après avoir renseigné la certification visée, le dossier vous invite à compléter les informations vous concernant : état civil, coordonnées, niveau de formation, situation professionnelle et objectif de votre démarche.

Cette partie est relativement simple, mais quelques points méritent votre attention.

Vos informations personnelles

Les premières rubriques concernent votre identité et vos coordonnées :

  • nom et prénom ;
  • date de naissance ;
  • adresse ;
  • coordonnées téléphoniques et électroniques.

Veillez simplement à vérifier l’exactitude des informations saisies, notamment votre adresse e-mail, qui sera utilisée tout au long de votre parcours VAE.

Votre niveau de formation

Le formulaire vous demande ensuite de renseigner les diplômes ou certifications déjà obtenus.

Cette information n’est pas anodine.

En effet, certains diplômes peuvent ouvrir droit à des dispenses de blocs de compétences.

Il est donc important de déclarer l’ensemble de vos certifications lorsque celles-ci présentent un lien avec le diplôme que vous souhaitez valider.

Pour exemple, certains diplômes du travail social permettent, sous certaines conditions, d’obtenir une dispense de plusieurs blocs de compétences dans le cadre d’une nouvelle VAE.

Dans cette situation, pensez également à joindre le justificatif correspondant.

Votre situation professionnelle

Le formulaire vous interroge également sur votre statut professionnel et, selon les certifications, sur votre convention collective.

Si une notice accompagne le dossier, je vous recommande de vous y référer afin de sélectionner la rubrique la plus adaptée à votre situation.

Les objectifs de votre démarche

Cette question est souvent remplie très rapidement… alors qu’elle mérite quelques minutes de réflexion.

Le dossier vous demande ce qui motive votre démarche de Validation des Acquis de l’Expérience.

Il n’existe évidemment pas de « bonne réponse », mais sélectionnez les éléments les plus en phase avec votre situation.

Mon conseil

Même si cette partie semble essentiellement administrative, ne la remplissez pas machinalement.

Profitez-en pour vérifier que l’ensemble des informations déclarées est cohérent avec les pièces justificatives que vous allez joindre et avec les expériences professionnelles que vous présenterez dans la rubrique suivante.

Cette cohérence d’ensemble facilitera la lecture de votre dossier et permettra au certificateur de comprendre rapidement votre parcours.


Nous arrivons maintenant dans la partie la plus importante du dossier de faisabilité : la présentation de votre expérience.

C’est sur cette rubrique que le certificateur va commencer à apprécier la cohérence entre votre parcours professionnel et la certification que vous souhaitez obtenir.

L’objectif n’est pas de retracer toute votre carrière, mais de démontrer que vous exercez, ou avez exercé, des activités en lien direct avec les compétences attendues par le diplôme.

Ne retenez que les expériences pertinentes

L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à vouloir présenter l’intégralité de son parcours professionnel.

Ce n’est pourtant pas ce qui est attendu.

Sélectionnez uniquement les expériences qui présentent un lien avec la certification visée.

Pour exemple, si vous préparez une VAE d’Éducateur Spécialisé, il est inutile de détailler un emploi saisonnier exercé plusieurs années auparavant s’il n’apporte aucun élément permettant d’apprécier vos compétences professionnelles actuelles.

À l’inverse, si plusieurs postes vous ont permis d’exercer des missions proches du diplôme préparé, il est pertinent de les présenter successivement afin de montrer la continuité de votre expérience.

Compléter les informations de chaque expérience

Pour chacune des expériences retenues, plusieurs informations vous seront demandées :

  • les dates de début et de fin (le cas échéant) ;
  • la durée de l’expérience ;
  • le nombre d’heures réalisées (à calculer) ;
  • l’intitulé du poste occupé ;
  • la description de vos missions.

Ces informations doivent être renseignées avec précision.

Si vous êtes toujours en poste, indiquez simplement votre date de début d’activité et précisez que votre contrat est toujours en cours.

Comment calculer le nombre d’heures ?

Cette question revient très souvent.

Si vous êtes salarié, le plus simple consiste à vous appuyer sur vos bulletins de salaire.

Pour une période courte, vous pouvez additionner les heures figurant sur les bulletins concernés.

Si vous souhaitez comptabiliser une année complète, le bulletin du mois de décembre mentionne généralement le cumul annuel des heures travaillées.

Cela vous permettra de renseigner cette rubrique de manière fiable.

Si vous êtes cadre, référez-vous à la durée légale du travail :

En France, la durée légale pour un temps plein est fixée à 151,67 heures par mois.

Oui, je sais, c’est loin de la réalité, mais ce sera votre base de calcul.

Décrivez vos missions, pas uniquement votre poste

Une autre erreur fréquente consiste à écrire uniquement l’intitulé de son emploi.

Or, deux professionnels occupant le même poste peuvent exercer des missions très différentes.

Votre description doit donc permettre au certificateur de comprendre concrètement ce que vous réalisez au quotidien.

Surtout si vous assurez un poste dont vous n’avez pas la « fonction officielle ».

Le fameux « Moniteur Educateur faisant fonction d’Educateur Spécialisé », pour exemple.

Expliquez notamment :

  • les missions thématiques que vous assurez ;
  • le public que vous accompagnez ou les clients/fournisseurs avec lesquels vous travaillez ;
  • les projets auxquels vous participez ;
  • votre travail en équipe ;
  • vos collaborations avec les partenaires ;
  • les responsabilités que vous exercez au sein de votre structure.

Bref, livrez une synthèse de vos actions.

L’objectif est déjà de faire apparaître les grandes familles de compétences mobilisées dans votre activité.

Commencez à faire le lien avec le référentiel

Même si le tableau d’expériences en lien avec les blocs de compétences, intervient un peu plus loin dans le dossier, je vous conseille de ne pas attendre cette étape pour réfléchir aux blocs de compétences.

Avant même de rédiger la description de vos missions, prenez le temps de relire le référentiel de certification.

Essayez ensuite de regrouper vos activités par grandes thématiques correspondant aux différents blocs de compétences.

Pour exemple, un éducateur pourra présenter :

  • les missions liées à l’accompagnement des personnes ;
  • celles relatives au travail en équipe ;
  • vos actions partenariales ;
  • votre participation aux projets ;
  • ou encore vos activités de coordination
  • …

Cette première cartographie vous fera gagner un temps précieux pour compléter la suite du dossier.

Trouver le bon niveau de détail

Le dossier de faisabilité reste un document de synthèse.

Il ne s’agit donc pas de décrire chaque journée de travail ni d’entrer dans le niveau d’analyse attendu dans le dossier de VAE (livret 2).

En revanche, votre description doit être suffisamment précise pour permettre au certificateur d’identifier les compétences que vous mobilisez réellement.

À la lecture de votre dossier, celui-ci doit pouvoir comprendre rapidement :

  • les fonctions que vous exercez ;
  • les responsabilités qui vous sont confiées ;
  • et surtout le lien entre votre activité professionnelle et la certification que vous sollicitez.

Mon conseil

Avant de commencer la rédaction, prenez une feuille de papier ou un document de travail et listez tout ce que vous faites au quotidien, sans chercher à rédiger immédiatement.

Cette première phase de réflexion vous permettra ensuite de regrouper vos missions, d’éliminer les informations secondaires et de construire une présentation claire, synthétique et cohérente de votre expérience professionnelle.


Une fois vos expériences professionnelles renseignées, le dossier de faisabilité vous demande d’établir une concordance entre votre expérience et les blocs de compétences du diplôme.

Cette rubrique est souvent celle qui déstabilise le plus les candidats.

Pourtant, lorsqu’on a pris le temps de relire le référentiel de certification et d’identifier ses principales missions, elle devient beaucoup plus accessible.

Ne vous contentez pas de recopier le référentiel

La première erreur consiste à recopier les intitulés des blocs de compétences sans démontrer en quoi votre activité professionnelle les mobilise.

Le tableau ne sert pas à reproduire le référentiel : il sert à montrer que vous mettez déjà en œuvre ces compétences dans votre pratique professionnelle.

Autrement dit, le certificateur cherche à comprendre comment votre expérience se traduit concrètement au regard des attendus du diplôme.

Procédez bloc par bloc

Je vous recommande de travailler méthodiquement.

Pour chaque bloc de compétences :

  • reprenez son intitulé ;
  • identifiez les principales compétences attendues ;
  • demandez-vous lesquelles vous mobilisez réellement dans votre activité ;
  • indiquez ensuite si elles sont acquises oui, partiellement ou non.

Cette démarche demande un peu de réflexion, mais elle permet de construire un dossier beaucoup plus cohérent.

N’ayez pas peur d’indiquer « Partiellement »

Beaucoup de candidats hésitent à renseigner la colonne « Partiellement », pensant qu’elle sera pénalisante.

C’est pourtant tout le contraire.

Aucun professionnel n’exerce systématiquement l’ensemble des compétences d’un référentiel.

Selon votre poste, votre niveau de responsabilité ou l’organisation de votre établissement, certaines compétences peuvent être mobilisées uniquement de façon occasionnelle.

C’est notamment le cas de la représentation de la structure lors de réunions partenariales ou institutionnelles, pour les éducateurs.

Dans certains établissements, cette mission relève principalement du responsable de service ou du directeur, tandis que d’autres professionnels n’y participent qu’à certaines occasions.

Dans ce cas, il est tout à fait pertinent de cocher « Partiellement » et de l’expliquer dans vos commentaires.

Soyez honnête dans votre auto-évaluation

L’objectif n’est pas de démontrer que vous maîtrisez absolument toutes les compétences du diplôme.

Le certificateur appréciera avant tout la cohérence globale de votre parcours.

Si une compétence est peu ou pas mobilisée dans votre pratique professionnelle, il est préférable de le reconnaître plutôt que d’essayer de la justifier artificiellement.

Une auto-évaluation sincère est toujours plus crédible qu’un dossier qui prétend couvrir l’intégralité du référentiel sans véritable démonstration.

Les commentaires : une rubrique à ne surtout pas négliger

Le tableau ne s’arrête pas au simple choix entre « Oui », « Non » ou « Partiellement ».

Pour chaque bloc de compétences, un espace de commentaires vous permet d’expliquer de quelle manière vous mobilisez les compétences attendues.

Cette partie est essentielle.

C’est ici que vous allez illustrer votre pratique professionnelle en reprenant, avec vos propres mots, les principales compétences du bloc concerné.

Pour exemple, toujours pour poursuivre sur le DEES en exemple, si le bloc porte sur l’accompagnement de la personne, vous pourrez expliquer :

  • comment vous accueillez le public ;
  • comment vous créez une relation de confiance ;
  • de quelle manière vous observez les besoins de la personne ;
  • comment vous co-construisez avec elle un projet d’accompagnement ;
  • comment vous favorisez son autonomie et sa participation.
  • …

L’objectif n’est pas de recopier les formulations du référentiel, mais de montrer comment elles prennent vie dans votre pratique quotidienne.

Appuyez-vous sur le référentiel complet

France VAE met à disposition une synthèse des compétences attendues pour chaque bloc.

Je vous recommande toutefois d’aller plus loin en consultant le référentiel de certification complet.

Vous y retrouverez non seulement les compétences, mais également les indicateurs permettant de comprendre précisément ce qui est attendu pour chacune d’elles.

Cette lecture vous aidera à utiliser un vocabulaire professionnel plus précis et à illustrer vos missions de manière beaucoup plus pertinente.

Mon conseil

Ne complétez pas ce tableau directement dans le formulaire.

Travaillez d’abord sur un document de préparation.

Relisez chaque bloc de compétences, notez les missions que vous réalisez en lien avec celui-ci, puis rédigez vos commentaires avant de les reporter dans le dossier de faisabilité.

Vous prendrez un peu plus de temps au départ, mais votre analyse sera plus cohérente, plus argumentée et surtout beaucoup plus fidèle à votre réalité professionnelle.


Votre dossier est désormais complété.

Avant de le déposer sur votre espace France VAE, prenez quelques minutes pour effectuer une dernière vérification.

Quelques oublis peuvent en effet retarder l’étude de votre demande alors qu’ils sont très simples à éviter.

Vérifiez les pièces justificatives

Le dossier de faisabilité doit être accompagné des justificatifs demandés.

Selon votre situation, il pourra notamment s’agir :

  • d’une pièce d’identité en cours de validité ;
  • d’un passeport en cours de validité ;
  • des éventuels justificatifs de prérequis lorsque la certification en impose ;
  • ou encore des diplômes permettant de bénéficier de dispenses ou d’allègements de certains blocs de compétences.

Avant de transmettre votre dossier, assurez-vous que chaque document est lisible et correctement téléchargé dans votre espace France VAE.

N’oubliez pas de signer votre dossier

Cela peut sembler évident, pourtant cet oubli est plus fréquent qu’on ne le pense.

Prenez le temps de vérifier que toutes les rubriques ont bien été complétées et que le dossier est correctement signé avant sa transmission.

Accompagnement : vous restez libre de votre choix

Le formulaire vous demande également si vous souhaitez être accompagné dans la suite de votre parcours.

À cette étape, plusieurs possibilités s’offrent à vous :

  • poursuivre votre démarche en autonomie ;
  • être accompagné dès la rédaction du livret 2 ;
  • ou décider plus tard si vous ressentez le besoin d’un accompagnement.

Il est important de rappeler qu’aucun choix n’est définitif à ce stade.

Vous pouvez parfaitement compléter seul votre dossier de faisabilité et décider ensuite d’être accompagné pour la suite de votre VAE.

Bon à savoir : Vous n’êtes pas obligé de choisir l’accompagnement proposé par le certificateur

Au moment où votre dossier de faisabilité sera étudié, il est possible que le certificateur ou l’organisateur de votre parcours de VAE vous adresse également une proposition d’accompagnement, en complément de l’avis de recevabilité.

Beaucoup de candidats pensent alors qu’ils sont tenus de retenir cet organisme.

Ce n’est pas le cas.

Vous êtes entièrement libre :

  • de poursuivre votre démarche seul ;
  • de choisir l’organisme d’accompagnement de votre choix ;
  • ou de comparer plusieurs méthodes avant de prendre votre décision.

L’accompagnement constitue une prestation distincte de l’étude de votre dossier de faisabilité.

Recevoir une proposition ne vous engage donc en rien.

Un dernier conseil avant de déposer votre dossier

Le dossier de faisabilité peut donner l’impression d’être complexe lorsqu’on le découvre pour la première fois.

En réalité, il demande surtout une bonne préparation.

Prenez le temps :

  • de relire attentivement le référentiel de certification ;
  • d’identifier les missions que vous réalisez réellement ;
  • de faire le lien entre ces missions et les blocs de compétences ;
  • puis de présenter votre expérience de manière claire et synthétique.

Ce travail de synthèse vous aidera grandement pour la suite de votre parcours.

Il ne s’agit pas de prouver que vous maîtrisez parfaitement l’ensemble du diplôme, mais de démontrer que votre parcours professionnel est suffisamment cohérent pour poursuivre votre démarche de VAE.

Le dossier de faisabilité est avant tout une étape de présentation de votre parcours professionnel.

Son objectif n’est pas de démontrer l’ensemble de vos compétences ni de rédiger un premier livret 2, mais de permettre au certificateur de vérifier que votre expérience est suffisamment en lien avec la certification que vous souhaitez obtenir.

La principale difficulté ne réside donc pas dans le formulaire lui-même, mais dans le travail préparatoire.

Plus vous aurez pris le temps de consulter le référentiel de certification, d’identifier vos missions et de les mettre en relation avec les blocs de compétences, plus la rédaction de votre dossier sera simple et cohérente.

N’oubliez pas également qu’un dossier de faisabilité constitue une véritable base de travail pour la suite de votre parcours.

Le temps consacré à cartographier vos compétences, à sélectionner vos expériences professionnelles et à réfléchir aux liens avec le référentiel vous sera particulièrement utile lors de la rédaction du dossier de VAE (livret 2).

Si malgré ce guide vous ressentez le besoin d’être accompagné dans votre démarche, sachez qu’il est tout à fait possible de solliciter un accompagnement à différents moments de votre parcours.

Certains candidats choisissent d’être guidés dès le dossier de faisabilité, tandis que d’autres préfèrent réaliser cette première étape en autonomie avant d’être accompagnés pour la rédaction du livret 2 et la préparation de l’entretien avec le jury.

Quel que soit votre choix, prenez le temps de construire un dossier fidèle à votre réalité professionnelle.

Une VAE ne consiste pas à raconter un parcours idéal, mais à démontrer, avec méthode et sincérité, les compétences que vous mobilisez déjà au quotidien.

Je vous souhaite une excellente continuation dans votre démarche de VAE et, surtout, beaucoup de réussite dans votre projet de certification.

Alexandra

Accompagnatrice VAE

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