Lorsque j’échange avec une personne qui envisage une VAE, je lui pose rarement des questions sur son diplôme.
Je préfère lui demander de me raconter son métier.
Très souvent, la réponse commence par quelques phrases hésitantes.
« Je fais un peu de tout… »
« Je ne sais pas si ce que je fais est vraiment intéressant… »
« Je n’ai rien d’exceptionnel à raconter. »
Puis, une heure plus tard, cette même personne vient de me décrire la gestion d’une crise, la coordination de plusieurs partenaires, l’accompagnement d’équipes, la résolution de conflits, des arbitrages complexes, des décisions prises sous pression ou encore des projets menés pendant plusieurs années.
Elle possède une véritable expertise.
Mais elle ne la voit plus.
Et surtout, elle ne met pas les termes professionnels dessus.
Après des années d’exercice, les compétences deviennent tellement naturelles qu’elles finissent par paraître banales.
Et c’est précisément là que commence, selon mon modeste avis d’Accompagnatrice VAE, la véritable VAE.
Non pas dans l’écriture du Livret 2.
Mais dans le changement de regard que l’on porte sur son propre parcours.
Ce qui dépend de vous… et ce qui n’en dépend pas.
Au fil des accompagnements, je constate que la moitié des candidats consacre une énergie considérable à des questions auxquelles personne ne peut répondre :
« Le jury va-t-il aimer mon dossier ? »
« Et si je tombe sur quelqu’un de sévère ? »
« Combien de pages faut-il exactement ? »
« Et si je ne valide pas ? »
Ces interrogations sont humaines.
Mais elles détournent l’attention de l’essentiel.
Le jury, sa sensibilité, les échanges le jour de l’oral, les attentes propres à chaque évaluateur…
Tout cela échappe à votre contrôle.
En revanche, vous pouvez agir sur la qualité de votre démonstration.
Vous pouvez prendre le temps d’analyser vos pratiques.
Vous pouvez expliquer vos choix.
Vous pouvez démontrer votre raisonnement professionnel.
Vous pouvez rendre visible ce que des années d’expérience ont parfois rendu invisible à vos propres yeux.
C’est là que se situe votre véritable pouvoir.
La VAE ne récompense pas celui qui a le plus d’expérience
C’est probablement l’idée reçue que je combats le plus souvent.
L’ancienneté ne garantit rien.
J’ai accompagné des professionnels exerçant depuis vingt-cinq ans qui avaient beaucoup de difficultés à expliquer leurs pratiques.
À l’inverse, certains candidats avec seulement 3 à 4 années d’expériences produisent des dossiers remarquables.
Pourquoi ?
Parce que la VAE n’évalue pas le temps passé dans un métier.
Elle évalue la capacité à prendre du recul sur ce métier.
Le jury ne cherche pas uniquement ce que vous faites.
Il cherche à comprendre pourquoi vous le faites ainsi.
- Quels repères mobilisez-vous ?
- Comment prenez-vous vos décisions ?
- Qu’avez-vous appris de vos expériences ?
- Comment ajustez-vous votre pratique face à une difficulté ?
Autrement dit, la VAE évalue une pratique professionnelle réfléchie.
Le doute n’est pas le problème
Je rencontre très rarement des candidats trop confiants.
En revanche, j’en rencontre énormément qui pensent ne pas être légitimes.
Ils minimisent leur parcours.
Ils commencent leurs phrases par :
« Ce n’est peut-être pas assez… »
« Je n’ai fait que… »
« Je ne suis pas certain que cela compte… »
Et le numéro 1 « C’est correct si je dis ça ? ! »
Pourtant, lorsque nous approfondissons leurs situations professionnelles, nous découvrons souvent des compétences d’une grande richesse.
Le doute n’est donc pas un obstacle.
C’est une forme d’intelligence : vous prenez la mesure de vos choix.
Il devient un obstacle uniquement lorsqu’il vous paralyse et vous empêche d’avancer.
Derrière chaque compétence, il y a une personne
Au début d’un accompagnement, les candidats parlent souvent de leurs « tâches ».
À la fin, ils parlent de leurs décisions.
Ils ne disent plus :
« J’ai organisé une réunion. »
Ils expliquent pourquoi cette réunion était nécessaire.
Ils justifient les choix qu’ils ont effectués.
Ils analysent leurs réussites comme leurs difficultés.
Ils montrent leur posture professionnelle.
C’est une transformation que j’observe régulièrement.
Au début, ils se cherchent.
A la fin, ils se « baladent ».
Et, à chaque fois, je trouve ce moment particulièrement fort.
Parce qu’au-delà du diplôme, les personnes redécouvrent leur propre valeur professionnelle.
Elles retrouvent confiance en elle !
Ce que la VAE m’a appris
Après avoir accompagné de nombreux parcours,
Après avoir moi-même expérimenté la VAE pour obtenir mon Master 2 en Management et Administration des Entreprises,
je suis convaincue d’une chose.
La VAE ne transforme pas les professionnels.
Elle leur révèle ce qu’ils étaient déjà devenus.
Elle oblige simplement à mettre des mots sur des années d’expérience.
À ralentir.
À réfléchir.
À comprendre le sens de son parcours.
À descendre dans cette « cave » intérieure où nous entreposons, au fil du temps, tout ce que nous avons appris sans plus y prêter attention :
- des réussites devenues ordinaires,
- des compétences oubliées,
- des intuitions jamais formulées,
- des savoir-faire que l’on croyait banals parce qu’ils étaient devenus naturels.
La VAE permet aussi, parfois, de faire la paix avec ces quelques cailloux laissés, par la vie, dans notre « godasse ».
À force d’avancer avec eux, nous finissons par ne plus les sentir.
Pourtant, ils ont discrètement façonné notre façon de regarder le monde, d’exercer notre métier, de prendre des décisions et de devenir le professionnel que nous sommes aujourd’hui.
La VAE rallume simplement la lumière dans cette pièce que l’on avait cessé de visiter.
Et c’est souvent là que vous allez découvrir la richesse de votre parcours.
Finalement, la plus belle réussite d’une VAE n’est peut-être pas seulement l’obtention d’un diplôme.
C’est une conséquence du parcours.
C’est le moment où un candidat referme son dossier et me dit :
« Je ne pensais pas avoir fait tout cela. »
À cet instant, le diplôme n’est presque plus l’essentiel.
Parce qu’avant même le passage devant le jury, il a déjà retrouvé quelque chose de précieux :
La conscience de sa propre valeur professionnelle.
Et cela, personne ne pourra plus jamais vous le retirer.
Je vous souhaite de vivre cela durant votre parcours.
Alexandra
Accompagnatrice VAE
Articles complémentaires à consulter suscpetibles de vous intéresser :
1 – 10 manières d’analyser votre expérience dans un livret 2 VAE
2 – Livret 2 : les crtières à respecter pour choisir vos missions
3 – 24 vérités brutales sur la VAE (que votre accompagnateur VAE ne vout dit pas toujours…)