Vous commettez souvent la même erreur lors de la rédaction du livret 2 : chercher l’activité la plus impressionnante de votre carrière.

Le projet le plus complexe.

La situation la plus difficile.

L’accompagnement le plus délicat.

La vente la plus compliquée.

Comme si la validation du diplôme dépendait directement du niveau de difficulté des missions présentées.

Pourtant, cette croyance est l’une des plus grandes sources d’erreur durant une VAE.

Une activité n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être pertinente.

Elle n’a pas besoin d’avoir été un combat permanent.

Elle n’a même pas besoin d’avoir généré des difficultés particulières.

Ce que recherche réellement le jury est ailleurs.

Et comprendre cette différence change totalement la manière de choisir ses situations de travail et de rédiger son livret 2.


Lorsqu’un candidat prépare son livret, il pense souvent devoir démontrer qu’il a vécu des situations extraordinaires.

Il écarte alors certaines missions parce qu’elles lui semblent trop simples.

Trop courantes.

Pas assez exceptionnelles.

Pourtant, une activité réalisée quotidiennement peut parfois être beaucoup plus riche au regard du référentiel qu’un projet complexe sur lequel le candidat n’a joué qu’un rôle secondaire.

Le jury n’attribue pas un diplôme parce qu’une mission était difficile

Il l’attribue parce qu’il identifie clairement les compétences attendues dans le référentiel.

C’est une nuance fondamentale.

Une activité peut être extrêmement complexe et pourtant peu pertinente pour une VAE.

À l’inverse, une activité parfaitement maîtrisée, réalisée dans le cadre habituel du travail, peut permettre de démontrer un grand nombre de compétences attendues.

La question n’est donc pas :

« Cette activité était-elle difficile ? »

La vraie question est :

« Cette activité me permet-elle de démontrer les compétences du diplôme visé ? »

Le jury ne cherche pas une histoire.

Il cherche une démonstration.

C’est probablement l’un des plus grands malentendus de la VAE.

Beaucoup de candidats pensent qu’ils doivent raconter ce qu’ils ont vécu.

Ils écrivent alors des pages entières de descriptions.

Ils racontent le déroulement d’un projet.

Les étapes d’un accompagnement.

Le contexte d’une intervention.

Et pourtant, malgré tous leurs efforts, le dossier manque souvent sa cible.

Pourquoi ?

Parce que raconter n’est pas démontrer.

Le jury n’est pas là pour découvrir votre parcours.

Il est là pour évaluer vos compétences.

Il cherche à comprendre ce que vous avez réellement fait.

Pourquoi vous l’avez fait.

Comment vous l’avez fait.

Quels choix vous avez effectués.

Quelles décisions vous avez prises.

Quelles compétences vous avez mobilisées.

La différence est immense.

Un récit décrit les événements.

Une démonstration révèle les compétences.


Si une activité simple peut parfaitement convenir à une VAE, c’est parce que ce qui fait la valeur d’un écrit n’est pas la difficulté de la situation.

C’est l’analyse que vous en faites.

L’analyse commence lorsque vous cessez de décrire.

Elle apparaît lorsque vous expliquez vos choix.

Lorsque vous justifiez une décision.

Lorsque vous comparez plusieurs options.

Lorsque vous exposez votre raisonnement.

Prenons un exemple simple.

Vous avez mené un projet qui s’est déroulé sans difficulté majeure.

Le réflexe de nombreux candidats consiste alors à écrire :

« J’ai réalisé telle action puis telle autre. »

Mais cela reste descriptif.

L’analyse commence lorsque vous expliquez pourquoi vous avez choisi cette méthode plutôt qu’une autre.

Pourquoi vous avez privilégié cet outil.

Pourquoi vous avez organisé votre travail de cette façon.

Pourquoi cette solution était la plus pertinente dans ce contexte précis.

À ce moment précis, le jury ne voit plus seulement ce que vous avez fait.

Il comprend comment vous réfléchissez.

Et c’est précisément ce qu’il cherche à évaluer.


Lorsqu’on parle d’analyse, beaucoup pensent immédiatement aux difficultés rencontrées.

C’est une erreur.

Une activité peut parfaitement s’être déroulée sans difficulté particulière.

Cela ne la rend pas moins intéressante.

En revanche, aucune activité ne se déroule sans contraintes.

Les contraintes font partie intégrante de toute situation professionnelle.

Une échéance à respecter.

Un budget limité.

Des ressources humaines insuffisantes.

Une réglementation à appliquer.

Des objectifs de résultats.

Des moyens techniques imposés.

Ces contraintes influencent nécessairement vos choix.

Elles expliquent pourquoi vous avez retenu une solution plutôt qu’une autre.

Elles participent directement à votre analyse.

Lorsqu’un candidat oublie de parler des contraintes de son environnement professionnel, il prive le jury d’une partie importante de sa réflexion.

Car travailler, ce n’est jamais agir dans le vide.

C’est toujours agir dans un cadre donné.


Derrière chaque activité présentée dans un livret 2 se cache aussi une autre question essentielle.

Quel était votre degré d’autonomie ?

Le jury cherche à savoir si vous avez simplement exécuté des consignes ou si vous avez véritablement piloté votre action.

Cela ne signifie pas qu’il faut être directeur ou chef de service.

Chaque poste possède son propre niveau d’autonomie.

Mais le jury doit comprendre ce qui relevait réellement de votre responsabilité.

Les décisions que vous avez prises.

Les initiatives que vous avez proposées.

Les arbitrages que vous avez réalisés.

Les problèmes que vous avez résolus.

Votre capacité à organiser votre travail.

Votre aptitude à gérer les imprévus.

Autrement dit, votre capacité à agir en professionnel.

Plus le diplôme est élevé, plus l’analyse devient exigeante

Tous les diplômes ne demandent pas le même niveau de réflexion.

C’est une réalité que beaucoup de candidats découvrent trop tard.

Pour un BTS, l’écrit repose principalement sur la restitution de l’expérience et son analyse.

Le candidat doit démontrer sa compréhension de son environnement professionnel, sa maîtrise des procédures et sa capacité d’adaptation.

À partir du niveau licence, les attentes changent.

Le jury attend davantage de recul.

Davantage de justification.

Davantage de réflexion.

Le candidat doit être capable de confronter sa pratique à des références théoriques et de conceptualiser son expérience.

Au niveau master et pour les diplômes les plus élevés, comme le DEC, l’exigence monte encore d’un cran.

L’analyse devient stratégique.

Le candidat doit démontrer une vision globale.

Une capacité à évaluer les pratiques.

À conduire le changement.

À mobiliser des références réglementaires, théoriques et bibliographiques.

À ce niveau, il ne suffit plus de raconter son expérience.

Il faut être capable de l’interroger, de la questionner et d’en tirer des enseignements.


La prochaine fois que vous hésiterez entre plusieurs situations de travail pour votre livret 2, oubliez cette question :

« Laquelle est la plus difficile ? »

Posez-vous plutôt celles-ci :

Me permet-elle de démontrer les compétences du référentiel ?
Ai-je suffisamment de recul pour l’analyser ?
Puis-je expliquer mes choix ?
Puis-je montrer mon niveau d’autonomie ?
Puis-je mettre en évidence mes responsabilités ?

Si la réponse est oui, alors vous avez probablement trouvé une activité pertinente.

Car une mission n’a pas besoin d’être spectaculaire pour convaincre un jury.

Elle doit simplement permettre de comprendre qui vous êtes professionnellement.

Au fond, la VAE ne récompense pas les expériences extraordinaires.

Elle récompense la capacité à comprendre, analyser et valoriser son expérience.

Et c’est précisément là que se joue la réussite d’un livret 2.

J’espère que c’est plus clair pour vous.

Belle rédaction !

Alexandra

Accompagnatrice VAE

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