Nous ne partons pas tous du même endroit.

Nous n’avons pas eu les mêmes chances au démarrage.

Oui, c’est juste.

Vous pouvez avoir été ce gamin aux chaussures usées, qui a appris bien trop tôt ce que signifiait avoir faim. Celui qui a compris que les études passeraient après les factures et qu’il faudrait rapidement travailler pour aider sa famille.

Ou cette adolescente qui n’a jamais eu à se demander si le frigo serait rempli, qui avait sa chambre, des loisirs et la possibilité de poursuivre ses études aussi longtemps qu’elle le souhaitait.

La vie n’est pas égalitaire.

Elle ne distribue ni les mêmes ressources, ni les mêmes opportunités, ni les mêmes obstacles.

Et surtout, elle ne permet pas à tout le monde d’obtenir à 20 ans le diplôme dont il aurait peut-être été capable.

La VAE, quant à elle, va analyser la partie que vous avez jouées, avec VOS CARTES.

Et c’est ici que cela devient intéressant :

Un rdv est donné.

Vingt ou trente ans plus tard, lorsque deux dossiers arrivent devant un jury de VAE, quelque chose change.

Le jury ne doit pas déterminer lequel de ces deux candidats a eu le parcours le plus méritant.

Il doit évaluer leurs compétences.

C’est peut-être l’une des choses que je trouve les plus belles dans la VAE.

Je vais vous en parler cette semaine.


Je ne nie pas les inégalités.

Certains ont arrêté leurs études par choix.

D’autres pas du tout.

Il a fallu travailler.

Aider financièrement la famille.

S’occuper d’un proche.

Faire face à un accident de parcours.

Ou simplement grandir dans un environnement où poursuivre des études longues n’était ni évident, ni encouragé, ni financièrement envisageable.

Et ces décisions prises à 16, 18 ou 20 ans peuvent laisser une trace pendant très longtemps :

« Je n’ai pas de diplôme. »

Comme si cette phrase continuait, vingt ans après, à définir le niveau professionnel de la personne.

Pourtant, entre vos 18 ans et aujourd’hui, il s’est passé quelque chose d’essentiel.

Vous avez travaillé.

Vous avez appris.

Vous avez construit votre valeur.


Vous êtes entré avec un CAP, un bac, un BTS… ou parfois sans diplôme.

Mais votre carrière ne s’est pas arrêtée au niveau de qualification inscrit sur votre CV.

Vous avez appris.

Observé.

Essayé.

Échoué parfois.

Recommencé.

Pris des responsabilités.

Formé de nouveaux collègues.

Géré des situations complexes.

Piloté des projets.

Pris des décisions que vous auriez été incapable de prendre dix ans auparavant.

Bref :

Un diplôme reste figé sur un CV.

Il pose un socle de connaissances à un instant T : Point.

Vos compétences, elles, ont continué à évoluer.

Et la VAE vient précisément interroger ce décalage.


Deux personnes peuvent avoir développé une même compétence de deux manières totalement différentes.

L’une par la formation.

En appliquant ses connaissances ensuite, dans sa vie professionnelle.

L’autre par dix années d’expérience.

L’une parce qu’on lui a enseigné une méthode.

L’autre parce qu’elle a dû apprendre, expérimenter, se former, observer, ajuster sa pratique.

Et dans une VAE, ce qui doit être confronté au référentiel, ce sont les acquis de l’expérience.

Pas le prestige de votre parcours.

Pas la longueur de vos études.

Pas votre milieu d’origine.

Pas l’âge auquel vous avez commencé à travailler.

Votre histoire explique comment vous avez acquis vos compétences.

Elle ne leur donne pas plus ou moins de valeur.


On évite le raccourci :

« J’ai 20 ans d’expérience, donc je mérite le diplôme. »

Non.

La VAE n’est pas une médaille d’ancienneté.

Deux personnes ayant exercé pendant vingt ans le même métier n’ont pas nécessairement développé les mêmes compétences ni le même niveau de maîtrise.

Ce que le jury doit rechercher, c’est la correspondance entre :

ce que vous avez réellement appris à faire

et

ce que le référentiel du diplôme exige.

La VAE ne récompense pas votre parcours.

Elle reconnaît ce que votre parcours vous a permis d’acquérir.

Si vous comprenez cette nuance, vous comprenez alors la démarche en elle-même.


« Je n’ai qu’un bac… »

« Je n’ai jamais fait d’études supérieures… »

« J’ai commencé tout en bas… »

« Je travaille avec des gens beaucoup plus diplômés que moi… »

Et cette phrase terrible :

« Je ne suis pas sûr d’avoir le niveau. »

Distinguez deux choses :

  • avoir le diplôme
  • et avoir développé les compétences correspondant à ce diplôme.

Si vous possédiez déjà le diplôme, vous ne seriez probablement pas là pour demander sa reconnaissance par la VAE.

Donc votre absence de diplôme n’est pas une anomalie dans la démarche.

C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles la VAE existe.


Le jury ne connaît pas toute votre histoire.

Et surtout, il ne doit pas avoir à deviner vos compétences.

Votre expérience peut être immense.

Votre progression spectaculaire.

Votre expertise réelle.

Si votre dossier reste descriptif, si vous ne démontrez pas vos décisions, vos analyses, vos résultats et votre niveau d’autonomie…

le jury ne pourra pas les inventer.

Donc :

La VAE vous donne la possibilité de faire reconnaître votre expérience.

À vous de lui donner les moyens de l’évaluer.


Peut-être avez-vous commencé à travailler à 17 ans.

Peut-être n’avez-vous jamais mis les pieds dans une université.

Peut-être que vous avez appris à lire et écrire tout seul.

Peut-être avez-vous longtemps regardé les diplômes des autres en pensant que cette porte s’était refermée pour vous.

Mais depuis, vous avez vécu.

Vous avez travaillé.

Vous avez appris.

Vous avez évolué.

Vous avez développé des compétences que votre diplôme initial ne raconte plus.

Peut-être que vous n’avez pas « un niveau inférieur ».

Peut-être que votre diplôme n’a simplement pas encore rattrapé votre parcours.

C’est précisément ce décalage que la VAE peut venir reconnaître.

Alors, par pitié, ne posez pas de honte sur ce parcours qui est le vôtre.

Utilisez l’outil qu’on vous donne pour régler vos comptes avec votre passé.

Allez décrochez ce diplôme.

Tous mes voeux de succès.

Alexandra

Accompagnatrice VAE

🎯 Le défi de la semaine : à vous de voir si vous souhaitez le relever...

Prenez votre dernier diplôme obtenu.

Écrivez son intitulé et l’année d’obtention en haut d’une feuille.

Si vous n’en avez pas, écrivez simplement l’année durant laquelle vous avez quitté le système scolaire.

Puis demandez-vous :

  • Qu’est-ce que je sais faire aujourd’hui que je ne savais absolument pas faire à cette époque ?

Et listez.

Responsabilités.

Décisions.

Projets.

Expertises.

Situations complexes.

Management.

Outils.

Posture professionnelle.

Capacité d’analyse.

Puis regardez cette feuille.

Tout ce qui se trouve entre votre diplôme d’hier et le professionnel que vous êtes devenu aujourd’hui porte un nom : votre expérience.

Et peut-être que parmi tout cela se trouvent précisément les compétences que votre VAE va vous permettre de faire reconnaître.

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