Vous pensez qu’il n’est pas possible de passer d’un diplôme d’Accompagnant Éducatif et Social (AES ex AMP) à un diplôme d’Éducateur Spécialisé par VAE ?
Laissez-moi quelques minutes et je vais vous démontrer le contraire.
Aujourd’hui, je vous présente le parcours de Valérie.
Elle a réalisé une très belle performance, en passant d’AES à ES, via la VAE, en un seul passage devant le jury et en validant l’intégralité des 8BC/4DC, post-réforme.
Comment a-t-elle fait ?
C’est ce que nous allons voir à travers ce témoignage.
Merci à Valérie pour le temps accordé et les conseils prodigués dans cette interview.
Valérie : pouvez-vous vous présenter rapidement ?
Je suis Valérie, j’ai 50 ans et maman de 2 jeunes adolescentes.
Je suis AMP (Aide Médico-Psychologique, aujourd’hui remplacé par le terme d’AES : Accompagnant éducatif et social) depuis 1999.
Dans quel type de structure exerciez-vous jusqu’à présent ?
J’ai travaillé en I E M avec des enfants en situation de handicap moteur et je travaille aujourd’hui en foyer de vie avec des adultes en situation de handicap mental.
Pourquoi avez-vous décidé d’entreprendre une VAE pour valider le DEES ?
Je l’avais envisagé il y a plusieurs années, mais les retours que j’avais, m’ont découragée.
On me disait que l’on ne pouvait pas passer d’AMP à ES.
Pour autant mon entourage professionnel m’encourageait à le faire.
Je me suis alors lancée…
Avec du recul, ce délai a été profitable, il m’a permis de mettre en place des projets en lien avec la fonction d’un éducateur spécialisé.
On me disait qu’on ne pouvait pas passer d’AMP à ES…
Lorsque vous avez décidé de vous lancer dans cette démarche, combien de temps s’est écoulé entre l’obtention de votre recevabilité et la validation de votre VAE ?
10 mois.
J’ai reçu rapidement la recevabilité.
Je voulais prendre le temps de bien faire les choses et en même temps, il n’y avait qu’une session par an dans ma région.
J’ai obtenu la recevabilité en janvier, je devais donc rendre mon livret 2 en septembre. Dans le cas contraire, je devais attendre 2 ans, ce qui n’était pas envisageable.
Ce projet était mûrement réfléchi et j’étais prête.
J’avais conscience du travail que cela impliquait.
J’ai quand même demandé conseil à mon accompagnatrice : Alexandra Sierra.
Sa bienveillance, son écoute et ses encouragements m’ont rassurée.
Je n’avais pas encore décidé de prendre un accompagnement, Alexandra a pris le temps de me répondre, de m’envoyer des vidéos informatives et répondre à mes interrogations.
Je me suis vite rendue compte que c’était l’accompagnement qu’il il me fallait, disponibilité et réactivité. Une méthodologie basée sur beaucoup de vidéos et d’outils…
(Pour les personnes qui se poseraient la question, Valérie a bénéficié de cet accompagnement mêlant coaching, relecture, méthodologie d’écriture et de recherche comme l’exige le DEES, à l’aide d’une classe virtuelle et de modules à suivre).
J’avais conscience du travail qu’impliquait la VAE (…). Ce projet était mûrement réfléchi et j’étais prête ».
J’imagine que vous avez rencontré quelques difficultés durant cette démarche, pouvez-vous nous en parler ?
J’avais déjà en tête les situations mais je ne savais pas par où commencer…
Les idées étaient là mais je n’avais pas la méthodologie et surtout je partais dans tous les sens.
Encore une fois, Alexandra m’a guidée.
Ses conseils, ses vidéos claires et étayées et toujours en lien avec le référentiel. Elles m’ont permis de structurer mon écrit.
Comment vous êtes-vous organisée durant votre démarche pour avancer, et concilier vie professionnelle et vie de famille ?
J’avais sous-estimé la charge de travail.
J’ai consacré quasiment tout mon temps libre à la VAE.
C’est un choix que j’avais fait, j’étais motivée et mon entourage m’a encouragée…
J’ai eu des moments de doutes, Alexandra venait alors à mon secours, avec toujours un mot d’encouragement, toujours à la recherche d’un lien, d’une ressource pour répondre à mes difficultés.
J’avais sous-estimé la charge de travail. J’ai consacré quasiment tout mon temps libre à la VAE
Avez-vous validé les huit blocs de compétences / quatre domaines de compétences du DEES dès votre premier passage ?
Oui.

Vous avez passé votre oral à Lille en décembre : comment avez-vous vécu cet échange avec le jury ?
J’avais une très grosse pression, malgré un bel entraînement.
Le jury a été bienveillant, les questions étaient toutes en lien avec mon livret et surtout mon expérience. Ils m’ont mise à l’aise dès le début en me félicitant sur mon livret.
Ce n’était pas gagné pour autant, ils ont cherché à comprendre pourquoi j’avais des missions qui incombent à un ES. Il n’y avait pas de questions « pièges ».
Le jury a été bienveillant (…). Il n’y avait pas de questions pièges.
Dans votre réflexion et rédaction, quel domaine de compétence était le plus difficile à illustrer par votre expérience et pourquoi ?
Le DC3, la communication en équipe : pas toujours l’occasion de conduire une réunion d’équipe.
J’avais heureusement une équipe et ma hiérarchie qui me soutenaient et nous avons mis les moyens en place.
Si un candidat potentiel à la VAE DEES venait vous demander conseil avant de se lancer dans la démarche, que lui conseilleriez-vous ?
Je lui conseille de bien s‘imprégner du référentiel et de s’assurer d’être en lien avec les missions d’un ES.
Et si vous deviez tout reprendre à 0, recommenceriez-vous votre démarche ?
La charge de travail est énorme mais j’ai beaucoup appris sur moi grâce à la VAE, que ce soit professionnellement et personnellement.
J’ai beaucoup appris sur moi grâce à la VAE.
Aujourd’hui, et encore plus avec cette crise sanitaire qui a impacté fortement le domaine social et médico-social, quel regard portez-vous sur votre métier ?
J’aime mon métier, il demande beaucoup d’implications et la crise sanitaire ne nous facilite pas le travail. Je ne suis pas de nature pessimiste, mais malheureusement, c’est un métier qui n’attire plus grand monde….
Durant toutes ces années passées dans votre structure, pouvez-vous nous livrer votre plus belle réussite ?
Ma plus belle réussite, c’est d’avoir su toujours me renouveler dans les projets, les remises en question, les formations….
Et de la même manière, avez-vous connu une déception liée à votre fonction ?
Peut-être d’avoir attendu un peu trop longtemps pour me lancer dans la VAE !!!
En tant qu’ES fraichement diplômée, quels sont vos projets pour l’avenir et ces prochaines années ?
J’ai de nouvelles responsabilités au sein de mon établissement, je n’ai pas encore le statut d’ES. C’est sur le bon chemin, je l’espère.
Après cette année très chargée, si rien ne se profile dans cet établissement, je vais chercher ailleurs mais je souhaite prendre le temps.
Et pour finir, avez-vous un dernier conseil pour ceux et celles qui liront ce témoignage et souhaitent se lancer dans une VAE ?
C’est une expérience fabuleuse qui doit être réfléchie, il faut prendre en compte la charge de travail, les recherches, analyses, la prise de recul mais si toutes ses conditions sont là, il faut se lancer !!!!
Conclusion pour les (futurs) candidats à la VAE
Valérie vous livre par son expérience, que devenir ES en étant AES est tout à fait possible.
La VAE est en ce sens un dispositif assez juste :
- Vous disposez de l’expérience : vous la valorisez, vous obtenez le diplôme correspondant.
Pas de barrières à l’entrée, pas de niveau d’études, si ce n’est d’avoir l’expérience professionnelle en lien avec le référentiel visé.
Arrêtons donc d’affirmer qu’on ne peut pas avoir tel ou tel diplôme, si on n’a pas tel niveau d’études…
C’est totalement faux.
Valérie a également indiqué que la VAE demande du travail, de l’engagement.
Mais la promesse à l’arrivée est belle : être diplômé et avoir le choix professionnellement.
Prêt à vous lancer ?
Recevez tous mes vœux de réussite.
Alexandra Sierra – Accompagnatrice VAE
Articles complémentaires pour vous aider dans l’obtention du DEES :
1 – Réussir sa VAE DEES : guide complet
2 – Comment rédiger le nouveau livret 2 pour le DEES : trame à suivre
3 – Préparer son oral avec le jury pour le DEES