« Les personnes qui ne parlent pas anglais sont les analphabètes d’aujourd’hui. »
Cette phrase, je l’ai entendue dans un podcast dédié à l’entrepreneuriat : elle m’a frappée de plein fouet.
Brutale, blessante, mais terriblement vraie.
Elle m’a blessée, parce que je me suis reconnue dans ce constat.
Et pourtant, elle m’a aussi forcée à regarder en face une réalité que je fuyais : mon anglais.
Plutôt, mon absence d’anglais !
Je parle couramment espagnol, je maîtrise bien évidemment le français, ma langue maternelle.
Mais pour l’anglais ?
Je ne l’utilise que quand j’y suis contrainte : commander à manger dans l’avion, trouver les toilettes, dire bonjour…
Vous voyez le genre de touriste que je suis.
Dans mon parcours professionnel, j’ai souvent croisé des profils brillants, compétents, mais qui butaient sur cette barrière invisible : l’anglais.
Pas parce qu’ils n’étaient pas intelligents ou capables, mais parce que cette langue est devenue le filtre principal des savoirs et des opportunités professionnelles.
Il y a une réalité incontournable :
Aujourd’hui, 90 % des ressources disponibles, des études scientifiques, des manuels techniques, sont en anglais.
La traduction dénature souvent le message, efface des subtilités indispensables.
Vous acceptez le filtre d’un autre pour accéder à la traduction de l’auteur.
C’est comme manger un sandwich après qu’une autre personne y ait déjà mordu.
Qui aurait envie de ça ?
Le sujet de l’anglais peut faire peur ou dissuader de réaliser une démarche de VAE.
Car la pratique d’une langue étrangère (anglais ou autre), peut faire partie des compétences attendues dans votre référentiel de certification.
C’est pour cela que je vous propose, dans cet article, d’y voir plus clair sur la place réelle de la maitrise d’une langue étrangère, dans votre démarche de VAE, et comment valoriser ce que vous avez, sans pression inutile.
Alors, dans une démarche de VAE, faut-il absolument maîtriser l’anglais ou une autre langue étrangère ?
Oui mais pas de manière caricaturale, comme vous pensez !
Je vais distinguer ici les certifications et diplômes, dont l’anglais fait partie intégrante du référentiel et constitue une compétence à valider, des autres.
Exemple pour illustrer ce point :
Pour des certifications comme le DCG ou le DSCG, l’anglais professionnel est une compétence attendue, qui fait l’objet d’une unité d’enseignement spécifique à valider.
Dans ce cadre précis, un développement de votre pratique, dans un contexte anglophone, est attendu dans la fiche compétence dédiée, complété par l’attestation TOEIC à joindre en annexes, qui permet de convaincre le jury de votre niveau de maitrise.
Si vous n’avez pas cette compétence dans votre expérience, vous devrez en passer par la case « formation » pour valider cette unité d’enseignement, sans quoi vous resterez sur une validation partielle du diplôme visé.
La place réelle de l’anglais dans une démarche de VAE
Pour les autres parcours type CAP, BAC, BTS, ou diplôme du domaine social comme le DEES, DEETS, DEASS, DECESF, DEEJE… où la pratique d’une langue étrangère est présente dans le référentiel, qu’en est-il vraiment ?
Voici ma réponse.
Si vous maîtrisez bien l’anglais ou une autre langue étrangère, c’est un avantage évident.
Il vous revient alors de mettre en avant cette compétence dans votre dossier écrit, en expliquant précisément comment elle a servi votre activité professionnelle : lecture de documents techniques, échanges ponctuels, travail dans un environnement international…
Je pense ici aux travailleurs sociaux intervenant auprès des MNA, qui utilisent souvent l’anglais pour échanger et accompagner ces personnes (parfaite illustration d’ailleurs pour illustrer une partie du DC3 dédié à la communication professionnelle).
Pour renforcer la crédibilité de votre niveau, vous pouvez joindre des preuves concrètes : attestations de formation, certificats comme le TOEIC, ou évaluations internes à votre entreprise.
En revanche, si votre niveau est basique, voire limité, ce n’est pas un motif de pénalisation.
L’anglais, pour exemple, n’est pas une condition éliminatoire dans un parcours de VAE, pour le type de diplôme cité précédemment.
Le jury ne réalisera pas une mise en situation linguistique, ni à un test oral d’anglais.
Ce qui importe vraiment, c’est votre capacité à évaluer honnêtement votre niveau, à identifier vos besoins éventuels de progression, et à montrer que vous êtes capable de vous adapter ou de faire évoluer cette compétence.
Cette transparence est souvent mieux reçue que toute tentative de masquer vos limites.
En résumé : l’anglais dans votre VAE, ou une autre langue étrangère, est un levier de valeur quand vous le maîtrisez, pas un handicap s’il vous manque (même si cela le sera dans votre vie, j’y reviendrai un peu plus tard).
À vous d’en faire un allié, pas une source d’angoisse.
Si cette compétence est valorisable, on en parle et on la développe.
Sinon, on ne l’évoque tout simplement pas.
Simple, basique.
Comment valoriser votre anglais dans votre dossier VAE, même avec un niveau « basique » ?
Valoriser une langue étrangère dans une VAE, comme l’anglais, ce n’est pas seulement afficher un certificat ou un score.
C’est d’abord savoir raconter votre expérience et montrer comment cette compétence, même modeste, a enrichi votre parcours professionnel.
Pour exemple, avez-vous déjà eu à consulter un document en anglais, même simple ?
Avez-vous échangé avec un collègue ou un client anglophone, même brièvement ?
Avez-vous utilisé un logiciel ou une plateforme professionnelle en anglais ?
Ces expériences, aussi petites soient-elles, méritent d’être soulignées.
Soyez précis dans votre rédaction.
Évitez les généralités du type « je parle anglais » ou « je comprends un peu ».
Expliquez dans quel contexte vous avez utilisé la langue, avec quels résultats, quelles difficultés vous avez rencontrées, et comment vous vous êtes adaptés ou améliorés.
Joindre des annexes crédibles peut aussi faire la différence : une attestation de stage dans un contexte anglophone, un certificat TOEIC, une attestation de formation en langue, ou un mail professionnel en anglais que vous avez rédigé !
Enfin, n’hésitez pas à évoquer vos projets d’amélioration.
Le jury apprécie les candidats qui ont conscience de leurs marges de progressions, mais qui agissent pour s’améliorer.
Cela montre une certaine maturité et une capacité d’autoévaluation, deux qualités clés dans une démarche de VAE.
Le but n’est pas de convaincre que vous êtes bilingue, mais de démontrer que vous êtes acteur de votre développement professionnel, y compris sur ce terrain linguistique.
Même à votre petit niveau.
Pourquoi l’anglais est aussi une des clés pour élargir votre horizon professionnel et intellectuel ?
Vous l’avez compris : l’anglais n’est pas toujours un passage obligé dans la VAE, mais dans le monde professionnel et académique, c’est une véritable porte d’entrée.
Pourquoi ?
Je le redis : 90 % des ressources aujourd’hui sont en anglais.
Un moyen d’ouvrir son esprit sur d’autres réflexions, cultures, pratiques…
Penser dans une autre langue créé un nouvel espace mental.
Une nouvelle façon de raisonner, de formuler les choses.
Parfois de découvrir des expressions.
Se passer de cela, c’est accepter de voir son accès à la connaissance, aux innovations, aux opportunités, réduit à une version tronquée, traduite et souvent dénaturée.
La traduction, aussi bonne soit-elle, ne peut pas toujours restituer les nuances, la précision, et la richesse d’un contenu original.
C’est là que la maîtrise de l’anglais fait toute la différence.
Ce n’est pas seulement une langue, c’est un véritable pont vers le monde, une clé qui vous ouvre plus de portes que vous ne l’imaginez.
Si aujourd’hui vous vous sentez « analphabète » face à cette langue (comme je le suis), ce n’est ni une fatalité, ni une honte.
C’est une réalité à regarder en face, pour décider de ce que vous voulez faire ensuite.
Êtes-vous prêt à en faire un levier dans votre parcours professionnel ?
Êtes-vous prêt à transformer cette faiblesse apparente en force ?
L’anglais est un investissement personnel, un outil d’autonomie professionnelle.
Et si vous voulez, ce n’est jamais trop tard pour commencer.
Votre futur s’écrit en plusieurs langues
Dans cet article, je vous ai montré que, hors diplômes et certifications spécifiques, l’anglais n’est pas un obstacle éliminatoire dans votre démarche de VAE.
Que vous le maîtrisiez bien ou de façon modeste, il peut être valorisé à travers votre dossier écrit, en témoignant honnêtement de votre expérience et de votre progression.
Si la mobilisation d’une langue étrangère ne fait pas partie de votre expérience, et n’est pas une compétence-clé du diplôme visé, ne l’évoquez tout simplement pas.
J’ai aussi souligné l’importance stratégique de l’anglais dans le monde professionnel, la plupart des ressources, études et contenus sont disponibles dans cette langue, et souvent intraduisibles sans perte de sens.
L’anglais n’est pas une contrainte, c’est une opportunité : ouvrir vos horizons, accéder à plus de savoirs, enrichir votre parcours.
Pour ma part, je démarre une formation intensive de cinq mois en anglais, parce que je refuse de rester « analphabète ».
Avec l’espagnol, le français, et prochainement l’anglais :
J’aurai LE MONDE comme terrain de jeu !
Fini de demander juste mon « chicken » dans l’avion ou les « restrooms » au restaurant !
Et vous ?
Quel choix allez-vous faire pour votre avenir ?
L’anglais n’est pas un mur, c’est une porte.
À vous de la franchir.
Il y’a de belles choses qui vous attendent et un tournant possible pour votre carrière et vie personnelle.
Attention toutefois auprès de qui vous vous formez !
Les organismes de formation sur ce sujet sont … parfois contestables dans leurs pratiques comme dans leurs méthodes !
Tous mes vœux de réussite.
Alexandra
Accompagnatrice VAE Certifiée
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