Et si vous écriviez avec ce que vous savez… sans savoir que vous le savez ?

Il y a une chose qu’on oublie trop souvent quand on se lance dans une VAE : vous avez déjà tout vécu.

Tout.

Les actions, les décisions, les erreurs, les succès.

Ce que le jury attend, ce n’est pas que vous appreniez à écrire “comme il faut”, mais que vous sachiez raconter ce que vous avez réellement incarné.

Et pour ça, il y a un allié souvent négligé : votre intuition.

Oui, je parle bien de cette petite voix intérieure.

Celle qui vous dit :

“tiens, c’est ce moment-là qui a compté”,

“ça, c’était une vraie prise de décision”,

“là, j’ai senti que je faisais la différence”.

L’intuition n’est pas une fantaisie.

Ce n’est pas de la poésie.

C’est de l’intelligence condensée.

Celle de votre expérience, digérée, assimilée, prête à parler — pour peu qu’on lui laisse la place.

Ce que je vous propose ici, ce n’est pas de rédiger à l’instinct en « mode freestyle ».

C’est d’utiliser votre intuition comme point de départ, comme boussole, comme catalyseur.

Parce que c’est souvent quand on arrête de vouloir “bien faire” qu’on commence à “faire juste”.

Alors voilà : on va parler méthode.

Mais on va aussi parler de vous.

De comment reconnecter vos tripes et votre tête.

Comment écrire un livret 2 qui sonne vrai — parce qu’il vient de là où c’est vivant.


“Votre livret 2 n’est pas un devoir à rendre. C’est une prise de parole. Et cette parole, elle vient de plus loin que vos fiches de poste.”

L’intuition, ce n’est pas un sixième sens mystique réservé aux hypersensibles en reconversion.

Se couper de son intuition, au profit de « l’intelligence analytique » est une folie de ce siècle.

C’est cette chose en vous qui sait — avant même que vous mettiez des mots dessus.

C’est le signal faible qui vous a guidé dans l’action.

Et aujourd’hui, c’est ce même signal qui peut vous aider à écrire un livret vivant, juste, incarné.

Dans la VAE, beaucoup restent en mode cerveau gauche : logique, cadre, preuves.

Et c’est nécessaire, c’est vrai.

Mais si vous restez uniquement là-dedans, vous allez vous assécher.

Vous allez décrire un poste, pas un parcours.

Parler de tâches, pas de choix.

De gestes techniques, pas de postures.

L’intuition, elle, vous aide à faire le tri.

Elle vous montre les vraies situations, celles où vous avez été pleinement engagé, où vous avez pris des décisions, marqué une différence.

Elle vous indique où creuser.

Là où il y a du sens.

Là où il y a de la compétence, parfois même sans que vous en soyez pleinement conscient.

Quel moment de votre parcours revient spontanément, sans que vous ayez à y réfléchir ?

Qu’est-ce qu’il dit de vous ?

De votre manière d’agir ?

De décider ?

Ce moment-là, c’est un fil d’or.

Si vous tirez dessus, vous allez dérouler bien plus qu’un souvenir : une compétence, une posture, un savoir-faire.

Mais si vous le censurez sous prétexte qu’il ne “fait pas sérieux” ou “pas scolaire”, vous risquez de passer à côté de votre matière la plus vivante.

L’intuition n’est pas l’ennemie de la rigueur.

C’est son carburant.

Elle vous montre où chercher.

À vous ensuite d’enrichir, d’objectiver, de structurer.

Mais si vous écoutez cette première impulsion, vous irez beaucoup plus vite.

Et surtout : beaucoup plus « juste ».


“Votre intuition est une boussole. Encore faut-il lui demander où aller.”

Écrire un livret 2 à partir de l’intuition, ce n’est pas écrire n’importe comment.

C’est changer de point de départ.

Ne pas commencer par le référentiel, mais par vous.

Vos souvenirs. Vos ressentis. Vos moments de clarté.

Votre vécu réel, non filtré.

Voici une méthode en trois temps pour activer cette boussole intérieure — et structurer ensuite un écrit solide, crédible, aligné.

Étape 1 – Coupez le bruit. Reconnectez-vous à l’expérience.

Avant de penser compétences, indicateurs, formulation ou jury… stop.

Prenez un carnet. Un enregistrement vocal. Ou une simple page blanche.

Et répondez à ces quelques questions sans réfléchir trop longtemps :

Quels sont les moments de votre parcours dont vous êtes fier, sans hésitation ?

À quels moments vous êtes-vous dit : “là, j’ai été utile” ?

Quand est-ce que vous avez eu du mal… et que vous avez trouvé une solution qui vous ressemble ?

Laissez monter ce qui vient.

Ne filtrez pas.

N’interprétez pas.

Vous êtes en train d’ouvrir la porte aux situations les plus parlantes.

Celles qui ont une vraie charge.

Un vrai potentiel narratif.

Un vrai enjeu professionnel.

Étape 2 – Écrivez en mode “brut”

À ce stade, ne cherchez pas à écrire “bien”.

Écrivez vrai.

Racontez une situation comme si vous la partagiez à quelqu’un qui vous respecte, qui vous écoute, qui ne vous juge pas.

Pas besoin d’être académique.

Racontez ce qui s’est passé, ce que vous avez vu, ce que vous avez compris, ce que vous avez fait.

Vous allez voir : les mots justes arrivent quand on arrête de vouloir être parfait.

“Ce n’est pas une rédaction. C’est une mise en mots de ce que vous savez déjà faire.”

Étape 3 – Faites dialoguer votre récit et le référentiel

C’est maintenant que vous remettez vos lunettes de professionnel.

Vous reprenez ce que vous avez écrit.

Et vous le faites dialoguer avec le référentiel.

Quelle compétence cela illustre-t-il ?

Quels indicateurs peuvent en attester ?

Quels résultats concrets peut-on valoriser ?

Le récit brut devient alors une preuve construite.

Vivante, mais rigoureuse.

Intuitive, mais lisible.

Et surtout : crédible — parce que profondément connectée à votre vécu.

Petit exercice

Prenez une situation que vous avez vécue.

Racontez-la à voix haute, comme si vous la racontiez à un ami.

Puis, relisez ce que vous venez de dire…

Est-ce que vous y êtes ?

Est-ce que c’est vous, là-dedans ?

Si oui, c’est une pépite.

Si non, creusez encore.


“Votre livret ne doit pas seulement être lu. Il doit s’entendre.”

La relecture, ce n’est pas l’étape où vous corrigez les virgules.

C’est le moment où vous testez la justesse.

Où vous vérifiez que ce qui est écrit vous ressemble, vous incarne, vous respecte.

Et pour ça, il y a un outil souvent négligé, mais redoutablement efficace : la lecture à voix haute.

Pourquoi lire à voix haute change tout ?

Parce qu’à l’oral, les dissonances sautent aux oreilles.

Ce qui sonne creux, vous l’entendez.

Ce qui est trop théorique, vous le sentez.

Ce qui ne vous ressemble pas, vous le savez.

Lire votre livret 2 à voix haute, c’est comme tester la solidité d’un pont : s’il tient debout à l’oral, il tiendra face au jury.

“Quand vous vous entendez, vous vous rencontrez.”

Posez-vous les bonnes questions

Pendant la lecture, demandez-vous :

Est-ce que ce que je dis me ressemble ?

Est-ce que je suis clair, fluide, incarné ?

Est-ce que je suis fier de ce que je raconte là ?

Est-ce que j’irais dire ça tel quel devant un jury, sans rougir ni me cacher derrière des mots vides ?

Si la réponse est non : coupez, réécrivez, recentrez.

Ne cherchez pas à faire joli.

Cherchez à faire juste.

Osez le ménage

Parfois, l’intuition vous a mené au bon endroit, mais vous avez rajouté une couche de vernis inutile.

Des tournures trop lourdes.

Des phrases trop longues.

Du remplissage.

Faites le tri.

Gardez ce qui est fort, simple, vrai.

Tout le reste peut partir.

“Dans un livret 2, ce n’est pas ce que vous écrivez qui fait la différence. C’est ce que vous osez aussi enlever.”

Petit tip puissant

Lisez votre texte à quelqu’un de confiance, même s’il ne connaît rien à votre métier.

S’il comprend, c’est que c’est clair.

S’il ressent quelque chose, c’est que c’est incarné.

S’il vous dit : “on sent que c’est toi”, alors vous tenez quelque chose de précieux.


“Vous n’avez pas besoin d’inventer. Vous avez besoin de vous écouter.”

Votre livret 2, ce n’est pas un exercice de style.

C’est une déclaration.

Une mise en lumière de ce que vous faites déjà, de ce que vous portez, de ce que vous incarnez.

Alors oui, il y a des règles.

Des attendus.

Un référentiel.

Mais aucune compétence n’a jamais été reconnue sans une part d’engagement personnel.

Et c’est précisément là que l’intuition entre en scène.

Elle vous montre où c’est juste.

Où c’est vivant.

Où c’est vous.

Si vous vous faites confiance, vous irez plus vite.

Si vous partez de vous, vous irez plus loin.

Si vous écrivez avec vos tripes, le jury vous lira avec attention.

Ne laissez pas votre livret 2 être une formalité.

Faites-en aussi une prise de parole forte.

Et laissez votre intuition vous souffler la première phrase.

Tous mes voeux de réussite.

Alexandra

Accompagnatrice VAE Certifiée

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