« Je vais d’abord essayer de le faire seul, on verra ensuite. »
Cette phrase, je l’ai entendue des dizaines de fois.
Et à chaque fois, elle résonne avec une bonne intention : faire preuve d’autonomie, de volonté, de détermination.
Mais soyons clairs : dans la majorité des cas, le « je vais voir » finit par un « j’aurais dû me faire accompagner dès le début ».
Pourquoi ?
Parce qu’un dossier VAE n’est pas un récit.
Ce n’est pas une succession de souvenirs professionnels.
C’est une démonstration.
Une preuve structurée.
Une mise en lumière précise de vos compétences.
Et ça, ça ne s’improvise pas.
Pourquoi ?
Parce que vous ne pouvez pas deviner… ce que vous ne savez pas !
Cet article s’appuie sur un accompagnement réel que j’ai mené.
Le prénom de la candidate a été modifié, mais l’histoire est authentique :
Premier passage seule : aucun bloc validé.
Deuxième passage, accompagnée : validation totale de la VAE,
Et un bug de son jury, en apprenant qu’elle n’avait rien validé lors de son premier passage…
Je vous montre ici, point par point, ce qui a changé.
Pas pour faire peur.
Pas pour vendre du rêve.
Mais pour que vous sachiez.
Et que vous puissiez décider en conscience de l’orientation à donner à votre démarche.
On y va ?
Le regard sur le référentiel
Quand nous avons échangé lors du premier entretien, Léa (appelons-la ainsi) connaissait à peine le référentiel de certification.
Elle l’avait téléchargé, parcouru, mais sans vraiment en comprendre l’utilité.
Comme beaucoup de candidats, elle pensait que ce document était surtout destiné au jury.
Lors de son premier passage, elle avait rédigé un dossier à partir de son vécu terrain.
Ce qu’elle avait fait, ce qu’elle avait traversé, ce qu’elle avait mis en place.
A l’image d’un « rapport de stage ».
Mais sans jamais faire le lien clair avec les attendus du diplôme.
Résultat ?
Un dossier intéressant mais hors cadre.
Un parcours riche, mais non démontré.
Aucune compétence validée.
Quand on a retravaillé ensemble, la première chose que je lui ai apprise, c’est ceci :
👉 Le référentiel n’est pas un document pour le jury.
C’est votre boussole à vous !
C’est la grille avec laquelle votre écrit va être passé à la moulinette.
Chaque mot, chaque compétence, chaque exigence doit vous guider dans le choix de vos exemples, dans votre façon de vous raconter, dans la manière de structurer votre pensée.
On a donc repris ses expériences une par une, et pour chacune, on s’est posé cette question simple mais puissante :
« Qu’est-ce que cette expérience démontre, concrètement, comme compétence attendue pour le diplôme ? »
« Quelles situations de travail doit-on retenir »
« L’ensemble des situations retenues couvre le référentiel ? »
Et là, tout a changé.
Elle a commencé à voir ce qu’elle faisait sans y penser comme une vraie posture professionnelle.
Elle a compris pourquoi certaines situations méritaient d’être développées, et d’autres non.
Elle a gagné en précision, en pertinence, en cohérence.
Avant : elle racontait ce qu’elle avait fait.
Après : elle prouvait ce qu’elle savait faire.
Et le jury, cette fois, a vu la différence.
Mais ce n’est pas tout !
Poursuivons.
Le choix des références et annexes : passer de l’expérience vécue à une pratique réfléchie
Quand on a repris ensemble le dossier de Léa, une chose m’a frappée : aucune référence théorique.
Aucune mise en lien avec des textes, des auteurs, des cadres réglementaires.
Elle était restée en surface, dans le descriptif de ses actions, sans jamais ancrer sa pratique dans une réflexion plus large.
La description de son environnement professionnel tenait sur un post-it !
Ce n’est pas qu’elle ne connaissait pas de repères ou d’auteurs.
C’est juste qu’elle n’avait pas compris à quel point ils étaient attendus pour ce niveau de diplôme.
Et pourtant, c’est un levier énorme.
Parce que c’est ce qui fait toute la différence.
Alors on a retravaillé son livret 2 autrement.
Pour chaque partie, on est allées chercher des références :
– réglementaires ou institutionnelles (cadre de l’accueil, convention, loi, charte, etc.)
– références théoriques ou professionnelles (auteur, courant, texte clé du secteur)
– annexes concrètes venant soutenir son propos (procédure, outil, document de terrain)
Et à chaque fois, je lui ai posé LA question :
👉 « En quoi cette référence éclaire votre pratique ? En quoi elle vous permet de prendre du recul, de faire un choix, d’assumer une posture ? »
Le résultat a été saisissant.
Non seulement son discours s’est affiné, mais elle s’est réappropriée son expérience avec une profondeur nouvelle.
Ce n’était plus seulement « ce que j’ai fait », mais « ce que j’ai choisi de faire, en conscience, dans un cadre professionnel clair, avec une intention éducative précise ».
Avant : elle décrivait.
Après : elle analysait.
Et le jury, là encore, ne s’est pas trompé.
Allez, ce n’est pas tout.
J’ai d’autres choses à vous dire, pour vous aider.
Le niveau de détail et de démonstration
Lorsque j’ai lu les premières versions, certaines choses m’ont interpellée.
Voici un exemple :
« J’ai animé des réunions avec les familles et géré les situations conflictuelles au sein de l’équipe. »
Sur le fond, tout est vrai.
Ce sont des actions importantes, engageantes, révélatrices d’un vrai positionnement professionnel.
Mais pour un jury ?
C’est flou.
Trop général. Cela ne démontre rien de tangible.
Je lui ai dit, sans détour :
👉 « Vous ne pouvez pas demander à un jury de valider ce qu’il ne voit pas clairement.«
Décrire une action ne suffit pas.
Il faut l’expliquer, la contextualiser, l’analyser.
On a donc repris, point par point, chaque situation.
Et pour chaque compétence, je lui ai posé ces questions :
– C’était quand, concrètement ?
– Qu’avez-vous fait, précisément ?
– Pourquoi cette méthode ?
– Quelles difficultés avez-vous rencontrées, et comment les avez-vous gérées ?
– Et surtout : qu’est-ce que cela dit de vous, en tant que professionnelle ?
Progressivement, son discours s’est transformé.
Elle ne racontait plus ce qu’elle avait fait, elle prouvait ce qu’elle savait faire.
Et cette distinction change tout.
Elle a aussi appris à trouver le bon niveau de détail : ni scolaire, ni technique à l’excès, mais suffisamment clair et structuré pour que le jury puisse comprendre, visualiser, et valider ses compétences.
Avant : elle restait en surface.
Après : elle entrait dans la démonstration.
Et c’est exactement ce que le jury attend : voir la professionnelle à l’œuvre, comprendre ses choix, percevoir sa posture.
Pas simplement lire un catalogue d’actions.
La structuration du livret 2
Avant de retravailler ensemble, sa manière de rédiger ressemblait à ça :
Elle avançait au fil de ses souvenirs, en espérant que tout trouve sa place à la fin.
Résultat ?
Un livret long, répétitif, difficile à suivre, avec des redites, des oublis et des compétences qui passaient complètement à la trappe.
Et c’est normal.
Quand on n’a pas de méthode, on se noie dans son propre vécu.
Je lui ai dit très clairement :
👉 « Votre livret n’est pas un récit personnel. C’est un document professionnel. Il doit avoir une logique, une structure, un fil rouge. »
Alors on a tout déconstruit pour reconstruire intelligemment.
Je lui ai tout d’abord délivré un outil pour synthétiser les compétences attendues du référentiel, puis les élements-clés à insérer par rubrique, les styles d’écriture attendus, et enfin une méthode pour construire un plan.
Elle a ensuite commencé par poser un plan clair, aligné sur le référentiel.
Elle a associé chaque compétence attendue à une situation précise, en évitant les doublons, en choisissant des exemples variés et complémentaires.
Et surtout, je lui ai montré comment éviter l’un des pièges les plus fréquents : le hors sujet.
Quand on rédige sans structure, on a tendance à se perdre, à trop raconter, ou à passer à côté de l’essentiel.
Avec un plan rigoureux, chaque mot sert une intention.
Chaque partie répond à une attente du jury.
Avant : elle avançait à l’instinct.
Après : elle suivait une feuille de route claire.
Et pour le jury, ça change tout.
Un livret structuré, c’est un livret lisible, cohérent, logique.
C’est un livret qui inspire confiance.
Une fois cette petite pépite finalisée et envoyée : est venu le temps de l’oral de VAE.
La préparation à l’oral de VAE
Quand elle m’a parlé de son premier passage devant le jury, elle m’a dit :
« J’y suis allée comme je suis, spontanée. Je me suis dit : je vais parler de mon expérience, ça va le faire. »
Et non, ça ne l’a pas fait.
Pas parce qu’elle manquait de compétences.
Mais parce que le jury ne veut pas juste un échange informel.
Il veut être rassuré.
Il veut voir que vous avez du recul, de la hauteur, une posture professionnelle.
L’oral, ce n’est pas une formalité.
C’est une épreuve à part entière.
Et c’est là que beaucoup de candidats perdent des points.
Parfois même leur validation.
Alors on a travaillé. Sérieusement. Stratégiquement.
Je lui ai expliqué que l’oral est un exercice en soi, avec ses codes.
J’ai identifié les types de questions que le jury est en capacité de lui poser :
- sur son livret 2
- sur les connaissances attendues
- sur le parcours de la candidate
Bref : on a préparé ce rendez-vous méthodiquement.
Je l’ai aidé à construire des réponses claires, incarnées, structurées.
Elle a appris à assumer ses choix, à ne pas se justifier, à parler de ses difficultés sans se dévaloriser, à mettre en lumière ce qui la rend légitime.
Après cette première préparation, s’en suit une mise en situation !
Je l’ai aidé à corriger les tics de langage, les digressions, les réponses floues.
Elle a gagné en confiance.
Pas en récitant un texte.
En comprenant ce qu’elle avait à défendre.
Avant : elle improvisait.
Après : elle assumait.
Et cette assurance, le jury l’a sentie.
Il ne s’agit pas de jouer un rôle.
Il s’agit d’incarner pleinement le professionnel que vous êtes.
Et ça, ça se travaille.
Le temps et l’énergie dépensés
Lorsqu’on a repris le dossier ensemble, Léa m’a dit :
« J’ai passé des heures et des heures sur le livret… et au final, je n’étais même pas sûre de ce que j’écrivais. »
Et là, je lui ai répondu ce que je dis souvent aux personnes que j’accompagne :
👉 « Ce n’est pas la quantité d’heures qui compte. C’est ce que vous en faites.«
Faire sa VAE seule, sans méthode ni regard extérieur, c’est comme avancer dans un brouillard épais.
On doute, on relit, on modifie, on réécrit… sans jamais vraiment savoir si on est sur la bonne voie.
Et ça use.
Moralement. Mentalement. Professionnellement.
Quand elle a démarré son accompagnement, elle était déjà épuisée de son premier passage.
Avant de l’intégrer en accompagnement VAE, j’ai travaillé en amont pour :
🟣 Poser une stratégie claire, la concernant, lui permettant de reprendre confiance
🟣 Découper les étapes de sa démarche pour ne plus avoir à « tout faire d’un coup », avec un planning et une méthodolgie à suivre
🟣 Mettre en place un rythme, un cadre, et être réactive dans mes retours pour lui permettre d’avancer
Résultat : elle avançait avec beaucoup plus de fluidité, de confiance, de clarté.
Pas besoin d’écrire dix versions d’un même paragraphe.
Elle savait où elle allait.
Avant : elle perdait du temps à chercher quoi dire.
Après : elle allait à l’essentiel pour dire ce qui compte.
Et surtout, elle n’était plus seule.
Elle savait que chaque blocage pouvait être levé. Chaque doute éclairé.
Et ça, dans une démarche aussi exigeante que la VAE, c’est un vrai soulagement.
Conclusion : entre « se débrouiller » et « valider », il y a une méthode
Vous pouvez avoir toutes les compétences du monde.
Mais si vous ne savez pas les mettre en lumière de manière structurée, argumentée, incarnée… le jury ne pourra pas les valider.
Et ce n’est pas une injustice.
C’est la règle du jeu de la VAE.
Léa n’était pas moins compétente la première fois.
Elle était juste seule, mal outillée, mal préparée.
Et c’est exactement ce que j’observe chez beaucoup de candidats : ils ne manquent pas de valeur, ils manquent de cadre, de méthode, de retour objectif.
👉 Ce que je vous propose, ce n’est pas une béquille.
C’est un raccourci.
Un vrai.
Pour aller plus vite, plus loin, avec plus de confiance.
Pour ne pas refaire deux fois ce que vous pourriez réussir en une fois.
Vous pouvez continuer à essayer de « vous débrouiller ».
Ou vous pouvez décider d’être accompagné, vraiment, et aller chercher ce diplôme !
La question, maintenant, c’est :
Quelle place voulez-vous laisser au hasard dans une démarche qui peut changer votre vie professionnelle ?
Pensez-vous vraiment que votre temps n’a aucune valeur ?
Parce que c’est ce que vous acceptez, quand vous passez un an à rédiger un dossier hors sujet, sans jamais savoir si vous êtes sur le bon chemin…
A vous de décider.
En tout cas, maintenant : vous savez !
Tous mes voeux de réussite.
Alexandra
Accompagnatrice VAE Certifiée
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