Vous avez enfin trouvé la situation de travail que vous souhaitez présenter dans votre livret 2.

Vous ouvrez votre document.

Vous placez le curseur au début de la page.

Et une nouvelle question apparaît.

Par quoi commencer ?

Faut-il expliquer le contexte ?

Présenter directement vos actions ?

Parler des résultats ?

Ou commencer par les difficultés rencontrées ?

Car le plus difficile n’est pas toujours de trouver une situation de travail.

En réalité…

Une fois cette étape franchie, une autre difficulté apparaît très rapidement.

Comment organiser sa réflexion avant de commencer à rédiger ?

Et c’est souvent à ce moment précis que les premières hésitations apparaissent.

On écrit quelques lignes.

On revient en arrière.

On déplace des paragraphes.

On recommence.

Puis on finit par avoir l’impression de tourner en rond.

Pourtant, il existe une méthode beaucoup plus simple.

Une méthode que j’ai personnellement utiliser dans la rédaction de mon dossier de VAE.

Avant d’écrire une seule phrase…

Je prends le temps de disséquer la situation de travail.

Car un livret 2 ne raconte pas une expérience.

Il démontre des compétences.

Et pour démontrer ces compétences, il faut d’abord comprendre tout ce qui se joue à l’intérieur d’une situation professionnelle.

C’est précisément ce que je vous propose de découvrir dans cet article.


« J’ai choisi ma situation de travail. Je peux commencer à rédiger ? »

Et ma réponse est presque toujours la même.

Pas encore.

Lachez ce stylo ou votre plume électronique.

Une situation de travail ne se rédige pas immédiatement.

Elle se prépare.

Elle s’observe.

Elle s’analyse.

J’aime souvent comparer cette étape à celle d’un enquêteur qui arrive sur une scène.

Avant de tirer des conclusions, il observe.

Il recueille des éléments.

Il cherche à comprendre ce qui s’est réellement passé.

Pour votre livret 2, c’est exactement la même chose.

Votre première mission n’est pas d’écrire.

Votre première mission est de prendre du recul sur votre propre pratique professionnelle.

Car si vous commencez à rédiger sans avoir pris ce temps d’analyse, vous risquez de raconter votre expérience de manière chronologique.

Or, le jury n’attend pas un récit.

Il attend une démonstration.

C’est toute la différence.

Lorsque vous repensez à une situation de travail, votre cerveau vous raconte naturellement l’histoire.

« J’ai reçu cette demande… »

« Puis j’ai contacté… »

« Ensuite, nous avons… »

« Enfin… »

Mais ce déroulement chronologique ne suffit pas à démontrer vos compétences.

Ce que vous devez chercher, ce n’est pas ce qui s’est passé.

C’est tout ce qui se cache derrière ce qui s’est passé.

Pourquoi cette situation s’est-elle présentée ?

Quel était le problème à résoudre ?

Quels étaient les enjeux ?

Quelles informations aviez-vous à votre disposition ?

Quelles décisions avez-vous prises ?

Pourquoi avez-vous fait ce choix plutôt qu’un autre ?

Quels outils avez-vous mobilisés ?

Avec qui avez-vous travaillé ?

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Comment vous êtes-vous adapté ?

Quels résultats avez-vous obtenus ?

Et surtout…

Qu’avez-vous appris de cette expérience ?

Vous voyez ce qui se passe ?

Sans avoir écrit une seule ligne, vous commencez déjà à faire apparaître les compétences que le jury attend de retrouver dans votre livret.

C’est précisément cette étape que TROP de candidats sautent.

Ils passent directement à la rédaction.

Puis ils s’étonnent de ne pas savoir quoi écrire.

En réalité, ils ne manquent pas de mots.

Ils manquent d’analyse, de structure.

Prenez donc le temps de disséquer votre situation avant de vouloir la rédiger.

Vous découvrirez très souvent qu’elle est beaucoup plus riche que vous ne l’imaginiez.

Et surtout…

Vous disposerez d’une véritable feuille de route pour construire une démonstration claire, logique et convaincante.

Une fois cette première étape réalisée, une autre question se pose naturellement.

Par quoi commencer ?

Le contexte est-il vraiment si important ?

Oui… mais à une condition : qu’il serve à comprendre votre action !

C’est ce que nous allons voir dans la partie suivante.


A condition qu’il reste au service de votre démonstration.

Lorsque vous commencez à analyser une situation de travail, il est tout à fait normal de vouloir expliquer où elle s’est déroulée.

Dans quel établissement.

Dans quel service.

Avec quel public.

Dans quelles circonstances.

C’est ce que l’on appelle le contexte.

Et il est indispensable.

Pourquoi ?

Parce que le jury ne connaît pas votre environnement professionnel.

Il a pris naturellement connaissance de votre présentation portant sur votre environnement,

votre structure, et votre poste, dans la partie dédiée.

Mais, il a besoin de comprendre les conditons dans lesquelles se réalisent cette situation de travail.

Il ne connaît pas votre organisation.

Il ne connaît ni vos contraintes, ni les moyens dont vous disposiez.

Vous devez donc lui donner suffisamment d’éléments pour qu’il comprenne dans quel cadre votre situation s’inscrit.

Mais attention…

Le contexte n’est pas le cœur de votre livret 2

C’est simplement la porte d’entrée de votre démonstration.

Le décor.

Une erreur que je rencontre régulièrement consiste à consacrer plusieurs pages à ce sujet.

À ce stade, le candidat pense bien faire.

Il souhaite que le jury comprenne parfaitement son environnement.

Pourtant, plus vous développez ce contexte…

Plus vous retardez le moment où le jury va enfin découvrir ce qu’il attend réellement.

Votre action

C’est la description de votre action, qui permet au jury d’engager votre évaluation.

Posez-vous toujours cette question :

Les informations que je donne permettent-elles de comprendre les décisions que je vais ensuite présenter ?

Si la réponse est oui, elles ont toute leur place.

Si elles n’apportent rien à la compréhension de votre situation…

Alors elles n’ont probablement pas besoin d’être développées.

Le contexte doit permettre au jury de comprendre :

  • dans quel environnement vous intervenez ;
  • quels étaient les enjeux de la situation ;
  • quelles contraintes existaient ;
  • et quels acteurs étaient concernés.

Puis, très rapidement…

Il doit vous conduire vers la véritable question.

Que s’est-il passé ?

Car c’est à partir de ce moment que votre démonstration commence réellement.

N’oubliez jamais que le jury ne lit pas votre livret pour découvrir votre établissement.

Il le lit pour comprendre comment, dans cet environnement, vous avez mobilisé les compétences attendues par le référentiel de certification.

Le contexte éclaire donc votre action.

Il ne doit jamais la masquer.

Maintenant que le jury comprend le contexte de votre intervention, il est prêt à découvrir ce qui fait véritablement la richesse de votre situation.

Non pas la succession de vos tâches…

Mais votre manière de réfléchir, de décider et d’agir.

Autrement dit…

Votre raisonnement.


Une fois le contexte posé, vous pouvez être naturellement tenté de raconter votre journée de travail.

« J’ai reçu la demande… »

« J’ai organisé une réunion… »

« J’ai contacté les partenaires… »

« J’ai réalisé… »

« Puis… »

« Ensuite… »

Et poursuivre ainsi jusqu’à la fin de votre situation.

Pourtant…

Ce n’est pas ce que le jury attend.

Le jury ne cherche pas une chronologie

Il cherche à comprendre votre manière d’exercer votre métier.

Il veut entrer dans votre réflexion.

Comprendre votre raisonnement.

Vos choix.

Vos arbitrages.

Votre capacité d’analyse.

En réalité, derrière chacune de vos actions se cache une réflexion professionnelle.

Et c’est cette réflexion qui intéresse le jury.

Lorsque vous décidez d’agir, vous ne le faites jamais au hasard.

Vous observez une situation.

Vous recueillez des informations.

Vous identifiez un problème.

Vous évaluez les risques.

Vous choisissez une stratégie.

Vous mobilisez certains outils plutôt que d’autres.

Vous sollicitez certains partenaires.

Vous adaptez votre posture.

Toutes ces décisions témoignent de votre niveau de compétence

Pourtant…

Beaucoup de candidats les passent sous silence.

Comme si elles n’existaient pas, ou elles étaient évidentes…

Pourquoi ?

Parce qu’elles leur semblent évidentes.

Elles sont devenues automatiques.

Avec les années d’expérience, vous ne réfléchissez même plus consciemment à certains choix.

Vous les faites naturellement.

Et c’est précisément pour cette raison qu’il est indispensable de prendre du recul avant de rédiger.

Je vous invite souvent à vous poser une série de questions.

Pas pour écrire immédiatement les réponses.

Mais pour retrouver le cheminement qui a guidé votre action.

Par exemple :

  • Quel était précisément le problème à résoudre ?
  • Quel objectif poursuivais-je ?
  • De quelles informations disposais-je ?
  • Quelles étaient les différentes possibilités ?
  • Pourquoi ai-je retenu cette solution plutôt qu’une autre ?
  • Quels outils ai-je mobilisés ?
  • Avec qui ai-je travaillé ?
  • Quels obstacles ai-je rencontrés ?
  • Comment ai-je adapté mon intervention ?
  • À quels moments ai-je dû prendre une décision importante ?

Vous remarquerez qu’à aucun moment je ne vous demande simplement :

« Qu’avez-vous fait ? »

Parce que cette question n’est pas suffisante

Ce qui donnera de la valeur à votre livret 2, ce n’est pas la liste de vos actions.

C’est la compréhension de votre raisonnement professionnel.

Et c’est là que se construit une véritable démonstration.

Le jury ne valide pas un diplôme parce qu’une action a été réalisée.

Il le valide parce qu’il comprend que cette action résulte d’une réflexion professionnelle maîtrisée, cohérente et adaptée au contexte.

C’est cette réflexion qui transforme une simple description en une véritable démonstration de compétences.

Votre raisonnement est désormais clair.

Vos décisions sont expliquées.

Vos actions prennent du sens.

Mais une dernière étape reste indispensable.

Car une situation de travail ne s’arrête jamais lorsque l’action est terminée.

Le jury attend également que vous soyez capable de prendre du recul sur votre pratique, d’évaluer les résultats obtenus… et d’en tirer des enseignements.

C’est cette analyse qui donnera toute sa profondeur à votre démonstration.


L’erreur est de penser qu’une situation de travail est terminée lorsque vous avez expliqué ce que vous avez fait.

Voilà ce que retiennent globalement les candidats pour leur dossier :

Ils décrivent leurs actions.

Ils présentent les différentes étapes.

Ils proposent une conclusion.

Puis ils passent à la situation suivante.

Pourtant…

C’est souvent à cet instant que le jury attend la partie la plus intéressante.

Car une fois l’action réalisée, une autre compétence entre en jeu.

Votre capacité à prendre du recul sur votre propre pratique

En tant que professionnel, vous ne vous contentez pas d’agir.

Vous observez également les effets de vos décisions.

Vous évaluez les résultats obtenus.

Vous identifiez les difficultés rencontrées.

Vous mesurez les limites de votre intervention.

Vous vous appuyez sur des concepts et des théories.

Et surtout…

Vous en tirez des enseignements pour vos pratiques futures.

C’est précisément cette posture réflexive qui permet au jury d’apprécier votre niveau de maîtrise.

Je vous invite donc, avant même de rédiger, à poursuivre votre réflexion.

Posez-vous simplement quelques questions.

Les objectifs que je m’étais fixés ont-ils été atteints ?

Quels résultats ai-je réellement obtenus ?

Qu’est-ce qui a bien fonctionné ?

Quelles difficultés sont apparues au cours de la situation ?

Comment ai-je réagi ?

Avec le recul, referais-je les mêmes choix ?

Existe-t-il des points que j’améliorerais aujourd’hui ?

Qu’est-ce que cette expérience m’a appris sur ma pratique professionnelle ?

Sur quel(s) concept(s) ai-je appuyé ma décision/mon raisonnement ?

Vous remarquerez que ces questions ne servent pas à justifier votre travail.

Elles servent à montrer que vous êtes capable d’analyser votre propre action.

Et c’est une compétence professionnelle à part entière.

Il ne s’agit donc pas d’affirmer que tout s’est parfaitement déroulé.

Bien au contraire.

Reconnaître une difficulté.

Expliquer un ajustement.

Présenter une limite.

Ou identifier un axe d’amélioration…

N’affaiblit pas votre démonstration.

Au contraire.

Cela montre que vous êtes capable de porter un regard lucide sur votre pratique et d’enrichir continuellement vos compétences.

C’est cette capacité d’analyse qui fait souvent la différence entre un dossier descriptif…

…et un dossier qui convainc réellement le jury.

À ce stade, vous avez désormais tous les éléments de votre situation.

Le contexte.

Votre raisonnement.

Vos décisions.

Vos actions.

Les compétences mobilisées.

Les résultats obtenus.

Votre analyse.

Vous êtes alors dans une situation très différente de celle du début de cet article.

Vous ne regardez plus une page blanche.

Vous disposez déjà d’un véritable plan de rédaction.

Et c’est précisément ce qui rend l’écriture beaucoup plus fluide.


Si vous avez suivi toutes les étapes que nous venons de voir, vous allez probablement faire un constat.

Vous n’avez toujours pas commencé à rédiger.

Et pourtant…

Vous avez déjà réalisé une grande partie du travail.

Vous connaissez le contexte de votre situation.

Vous avez identifié les enjeux.

Vous avez retrouvé votre raisonnement professionnel.

Vous avez analysé vos décisions.

Vous savez quelles compétences vous allez démontrer.

Vous avez pris du recul sur les résultats obtenus et les enseignements que vous en avez tirés.

Autrement dit…

Votre démonstration est déjà construite.

Il ne vous reste plus qu’à la mettre en mots.

Et c’est précisément là que beaucoup de candidats prennent conscience d’une chose.

Le problème n’a jamais été l’écriture.

Le véritable problème était de vouloir écrire avant d’avoir organisé sa pensée.

Je compare souvent cette étape à la construction d’une maison.

Personne ne commencerait par poser les briques sans avoir réalisé les fondations et les plans.

Pourtant, c’est exactement ce que font beaucoup de candidats lorsqu’ils ouvrent leur livret 2.

Ils veulent rédiger immédiatement.

Alors qu’ils n’ont pas encore pris le temps de comprendre leur propre expérience.

À l’inverse, lorsque votre réflexion est structurée, la rédaction devient beaucoup plus fluide.

Les idées s’enchaînent naturellement.

Chaque paragraphe trouve sa place.

Vous savez où vous allez.

Vous savez pourquoi vous écrivez.

Et surtout…

Vous ne cherchez plus vos idées au fil de l’écriture.

Vous les avez déjà construites.

C’est cette méthode qui permet de gagner un temps considérable.

Mais surtout…

Elle permet de produire un dossier beaucoup plus cohérent, beaucoup plus démonstratif et beaucoup plus agréable à lire pour le jury.

Parce qu’un bon livret 2 ne s’improvise pas.

Il se construit.

Page après page.

Et cette construction commence bien avant la première phrase.


Si vous deviez retenir une seule idée de cet article, ce serait celle-ci.

Ne commencez jamais par rédiger votre situation de travail.

Commencez par la comprendre.

Prenez le temps de l’observer.

De la découper.

D’identifier les décisions que vous avez prises, les compétences que vous avez mobilisées, les difficultés que vous avez rencontrées et les enseignements que vous en avez tirés.

Lorsque cette réflexion est menée en profondeur, la rédaction cesse d’être un obstacle.

Elle devient simplement la traduction écrite de votre analyse.

C’est d’ailleurs ce que j’observe systématiquement lors des accompagnements.

Les candidats qui prennent le temps de construire le plan de leur situation avant de rédiger avancent plus sereinement, gagnent du temps et produisent des écrits beaucoup plus cohérents.

Alors, avant d’ouvrir votre livret 2…

N’essayez pas de trouver les bons mots.

Cherchez d’abord à comprendre votre propre pratique professionnelle.

Les mots viendront ensuite.

Il y’a un temps pour tout dans l’écriture.

Et pour que cet article vous soit profitable,

Je vous laisse avec le défi de la semaine, à consulter.

Tous mes voeux de réussite.

Alexandra

🎯 Le défi de la semaine

Cette semaine, je vous propose de ne rédiger… aucune phrase.

À la place, choisissez une seule situation de travail.

Puis prenez une feuille blanche et construisez son plan en répondant simplement à ces questions :

  • Dans quel contexte cette situation s’est-elle déroulée ?
  • Quel était le problème ou le besoin de départ ?
  • Quels objectifs poursuivais-je ?
  • Quelles décisions ai-je prises, et pourquoi ?
  • Quelles actions ai-je réellement menées ?
  • Quelles compétences ai-je mobilisées ?
  • Quels résultats ai-je obtenus ?
  • Qu’est-ce que cette situation m’a appris sur ma pratique professionnelle ?
  • Quel document peut accompagner mon développement, en guise de preuve ?

Vous constaterez qu’à la fin de cet exercice, votre situation sera déjà largement construite.

Et vous n’aurez plus devant vous une page blanche…

Mais une véritable démonstration qu’il ne vous restera plus qu’à rédiger.

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