Guide méthodologique pour comprendre et réussir votre dossier de validation

Depuis le 1er septembre 2026, le Diplôme d’État d’Éducateur de Jeunes Enfants (DEEJE) est entré dans une nouvelle ère.

Le nouveau référentiel du diplôme modifie l’architecture des compétences attendues, désormais organisées autour de quatre blocs de compétences.

Mais cette nouvelle organisation ne constitue pas un simple changement de présentation.

Elle vient réaffirmer et préciser ce qui fait la spécificité du métier d’éducateur de jeunes enfants :

Accompagner le jeune enfant dans son développement global, son épanouissement et son processus d’autonomisation, en prenant en compte son environnement, ses besoins fondamentaux, ses droits et la singularité de son parcours, tout en associant et en accompagnant sa famille.

L’EJE inscrit ainsi son intervention dans une approche à la fois éducative, sociale et préventive, en accordant une place centrale à l’observation du jeune enfant, à son développement, à son bien-être, à son éveil et à son inclusion.

Il conçoit et met en œuvre des situations éducatives adaptées, aménage des espaces favorisant l’exploration et les apprentissages, accompagne les interactions entre enfants et soutient progressivement leur autonomie.

Son intervention ne peut toutefois pas être dissociée de l’environnement familial de l’enfant.

Le soutien et l’accompagnement à la parentalité, la reconnaissance des parents comme premiers éducateurs de leur enfant, la prise en compte de leurs attentes et la construction d’une relation de confiance avec les familles occupent ainsi une place essentielle dans l’exercice professionnel de l’EJE.

Le nouveau référentiel accorde également une place importante aux droits de l’enfant, à sa participation, à la prise en compte de son expression et de ses potentialités, ainsi qu’à la prévention et à l’inclusion.

Il renforce parallèlement la démarche réflexive, le travail au sein des équipes pluriprofessionnelles, l’inscription dans les dynamiques institutionnelles, partenariales et territoriales, l’actualisation des connaissances ainsi que l’adaptation des interventions à l’évolution des besoins des jeunes enfants et de leurs familles.

Cette réforme entraîne également une évolution du dossier de validation utilisé dans le cadre de la VAE pour les candidats s’engageant sur le nouveau référentiel.

J’ai pu obtenir et prendre connaissance de cette nouvelle trame du dossier de validation des acquis de l’expérience, anciennement appelé livret 2.

Si elle ne constitue pas une révolution dans sa structure générale, elle comporte plusieurs évolutions qu’il est important de comprendre avant de commencer à rédiger.

L’une d’entre elles est particulièrement visible : dans la partie consacrée à la description de votre expérience, le nouveau dossier permet désormais de présenter jusqu’à quatre situations de travail.

Mais attention : disposer de quatre espaces de rédaction ne signifie évidemment pas qu’il suffit de présenter une situation par bloc de compétences.

Ce serait même passer à côté de la logique de la VAE.

Une même situation professionnelle peut permettre de mobiliser plusieurs compétences et plusieurs blocs.

L’accompagnement d’un jeune enfant au moment de son accueil au sein d’une structure, pour exemple, peut vous conduire à observer ses besoins et ses manifestations, à adapter progressivement votre accompagnement et son environnement, à favoriser sa sécurité affective et son exploration, mais également à associer ses parents, à partager vos observations avec l’équipe pluriprofessionnelle et à inscrire votre intervention dans le projet éducatif de la structure.

De la même manière, la conception d’une situation éducative peut mobiliser simultanément votre connaissance du développement du jeune enfant, vos capacités d’observation, votre réflexion sur l’aménagement de l’environnement, votre prise en compte de la singularité de chaque enfant et votre capacité à analyser et à réajuster votre intervention.

Tout l’enjeu sera donc de choisir des situations suffisamment riches et complémentaires, de les mettre en relation avec le nouveau référentiel et surtout de démontrer, à travers leur explicitation et leur analyse, les compétences que vous avez réellement développées au cours de votre expérience.

C’est précisément l’objectif de ce guide.

Pour ceux qui ont moins de temps, voici une vidéo à consulter (mais vous aurez nettement moins d’infos !).


Lorsque vous ouvrez votre nouveau dossier de validation pour la première fois, vous retrouverez de nombreuses rubriques déjà présentes dans l’ancien livret 2.

Vous devrez notamment présenter :

  • vos motivations ;
  • votre parcours professionnel ;
  • votre parcours de formation ;
  • la ou les expériences professionnelles que vous souhaitez mobiliser ;
  • votre environnement institutionnel ;
  • votre structure ;
  • votre positionnement professionnel ;
  • vos activités ;
  • le public que vous accompagnez ;
  • vos situations de travail ;
  • une analyse globale de votre expérience ;
  • ainsi que les documents que vous souhaitez joindre en annexe.

La logique générale du dossier reste donc relativement familière.

Pour autant, quelques évolutions méritent votre attention.


La principale évolution concerne le nombre de situations professionnelles proposées dans la nouvelle trame.

Le précédent livret 2 permettait de développer trois situations de travail.

La nouvelle version en prévoit désormais quatre au maximum.

Difficile de ne pas faire le rapprochement avec la nouvelle architecture du diplôme, elle-même organisée autour de quatre blocs de compétences.

Attention toutefois à une interprétation qui pourrait rapidement vous mettre en difficulté :

Quatre blocs de compétences ne signifient pas nécessairement une situation exclusivement consacrée à chacun des quatre blocs.


Lorsque vous accompagnez un jeune enfant et sa famille lors de son accueil au sein d’une structure, pour exemple, vous pouvez simultanément mobiliser des compétences relatives à l’observation et à l’accompagnement du développement de l’enfant, à la relation avec ses parents, au travail en équipe pluriprofessionnelle ou encore à l’inscription de votre intervention dans le projet éducatif et institutionnel.

De la même manière, la conception et la mise en œuvre d’une situation éducative peuvent vous conduire à observer les besoins, les capacités et les manifestations des jeunes enfants, à penser l’aménagement de l’espace, à favoriser leur exploration et leur autonomie, à ajuster votre intervention, mais également à partager vos observations avec l’équipe et à associer les familles lorsque cela est pertinent.

Certaines compétences sont donc naturellement transversales.

L’objectif n’est pas de forcer vos expériences à entrer artificiellement dans quatre cases.

Il consiste plutôt à identifier, pour chaque situation, les compétences que celle-ci vous permettra de démontrer de manière suffisamment approfondie.


À l’inverse, évitez de sélectionner quatre situations en essayant, à chaque fois, d’y faire entrer l’intégralité du référentiel.

Vous risqueriez de multiplier les références aux compétences sans jamais réellement les démontrer.

Une situation de travail doit vous permettre de prendre le temps d’expliquer :

  • ce que vous avez observé ;
  • ce que vous avez compris de la situation ;
  • les besoins, capacités et potentialités que vous avez identifiés chez le jeune enfant et, selon la situation, auprès de sa famille ;
  • les hypothèses que vous avez formulées ;
  • les choix éducatifs et pédagogiques que vous avez réalisés ;
  • les actions que vous avez mises en œuvre ;
  • la manière dont vous avez adapté votre accompagnement, l’environnement, les espaces ou les propositions éducatives ;
  • la place que vous avez accordée à l’enfant et à sa famille ;
  • les membres de l’équipe et les partenaires que vous avez mobilisés ;
  • les effets observés ;
  • la manière dont vous avez évalué votre intervention ;
  • les éventuels réajustements réalisés ;
  • et ce que cette expérience vous a appris ou vous a conduit à questionner dans votre pratique.

Le jury n’évalue pas le nombre de compétences que vous citez.

Il cherche surtout à identifier celles que votre expérience vous permet réellement de démontrer.

C’est toute la différence entre raconter une situation professionnelle et produire une démonstration de compétences.


La nouvelle trame vous permet toujours de présenter plusieurs expériences professionnelles.

Une précision s’impose ici : une expérience professionnelle n’est pas une situation de travail.

Une expérience correspond à un poste que vous avez occupé au sein d’un établissement ou d’un service.

Au sein de cette expérience, vous allez ensuite sélectionner des situations professionnelles précises permettant de démontrer vos compétences, appelées « situations de travail ».

Une seule expérience peut parfaitement suffire.

Si votre expérience actuelle ou récente est suffisamment riche pour vous permettre de démontrer l’ensemble des compétences attendues dans le nouveau référentiel du DEEJE, il peut être beaucoup plus pertinent de construire votre dossier autour de celle-ci.

Cette solution présente plusieurs avantages.

Votre expérience récente sera généralement plus facile à restituer avec précision.

Vous disposerez également plus facilement de documents permettant d’étayer vos situations : projet éducatif ou pédagogique, observations réalisées auprès d’un enfant ou d’un groupe, support d’activité ou de médiation éducative, outil de transmission, projet personnalisé, compte rendu de réunion, document relatif à l’accompagnement des familles, support d’action autour de la parentalité, outil d’évaluation, document partenarial…

Vous éviterez enfin d’alourdir inutilement votre dossier.

Car chaque nouvelle expérience présentée nécessite de nouveau de contextualiser votre environnement professionnel, votre structure, votre positionnement et votre public.

De quoi faire de votre dossier un sacré pavé, pour le plus grand malheur de votre jury de VAE.


Une deuxième expérience devient intéressante lorsque la première ne vous permet pas de couvrir suffisamment certains attendus du référentiel.

Prenons un exemple.

Imaginez que votre poste actuel vous permette de démontrer très largement vos compétences dans l’accompagnement du jeune enfant, l’observation de son développement, la conception de situations éducatives et le travail avec sa famille, mais qu’il vous offre peu d’occasions de développer une véritable dynamique partenariale ou de participer à des actions de prévention à l’échelle d’un territoire.

Une précédente fonction vous a, au contraire, conduite à participer à un projet associant différents acteurs de la petite enfance, du soutien à la parentalité, de la santé ou du secteur social.

Cette deuxième expérience peut alors venir compléter intelligemment votre démonstration.

La question à vous poser n’est donc pas :

« Combien d’expériences puis-je présenter ? »

mais :

« De quelles expériences ai-je réellement besoin pour démontrer les compétences attendues ? »


C’est un point particulièrement important.

Même si vous choisissez de présenter plusieurs expériences professionnelles, vous ne disposez pas de quatre situations pour chacune d’entre elles.

Les quatre situations de travail constituent un maximum pour l’ensemble de votre dossier de validation.

Vous pourriez donc retenir :

  • trois situations issues de votre expérience actuelle et une situation issue d’une expérience antérieure ;
  • deux situations issues d’une première expérience et deux d’une seconde ;
  • ou tout simplement quatre situations issues d’une seule et même expérience (simple et efficace).

Le choix dépendra entièrement de votre parcours et de la richesse des situations que vous avez rencontrées.

Vous comprenez dès lors pourquoi il serait dommage de commencer à rédiger immédiatement.

Avant toute rédaction, un travail de cartographie de votre expérience au regard du référentiel est indispensable.

C’est cette étape qui va vous permettre de déterminer quelles expériences retenir, quelles situations sélectionner et quelles compétences vous pourrez réellement démontrer.

Et c’est précisément ce que nous allons construire dans la suite de ce guide.


Vous l’avez compris : disposer de quatre situations de travail ne signifie pas qu’il faut commencer immédiatement à les rédiger.

Une étape préalable est indispensable : vous assurer que les expériences et situations que vous envisagez de présenter vous permettront effectivement de démontrer les compétences attendues pour le DEEJE.

Partez du référentiel, pas uniquement de vos souvenirs.

Le premier réflexe consiste souvent à rechercher les situations professionnelles qui nous semblent les plus importantes, les plus complexes ou simplement celles dont nous nous souvenons le mieux.

Ce n’est pas nécessairement le meilleur point de départ.

Une situation peut avoir été particulièrement marquante dans votre parcours sans pour autant constituer la situation la plus pertinente pour votre VAE.

Votre objectif reste bien de démontrer les compétences du diplôme visé.

Avant d’arrêter votre choix, prenez donc le temps de relire les quatre blocs de compétences du DEEJE et de les mettre en perspective avec les activités que vous exercez réellement.

Interrogez notamment :

  • les accompagnements éducatifs que vous conduisez auprès du jeune enfant ;
  • vos observations du développement, des besoins, des capacités et des potentialités de l’enfant ;
  • les situations éducatives que vous concevez, organisez et faites évoluer ;
  • la manière dont vous aménagez les espaces et l’environnement pour favoriser l’éveil, l’exploration, les interactions et l’autonomie ;
  • la façon dont vous individualisez votre accompagnement en tenant compte de la singularité et du rythme de chaque enfant ;
  • la place accordée à l’expression, aux choix et à la participation du jeune enfant ;
  • la relation que vous construisez avec les parents et la manière dont vous les associez à l’accompagnement de leur enfant ;
  • les actions que vous conduisez en matière de soutien à la parentalité, de prévention ou d’inclusion ;
  • votre contribution à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des projets éducatifs ;
  • votre travail avec l’équipe pluriprofessionnelle, votre réseau et vos partenaires ;
  • votre inscription dans l’environnement institutionnel et territorial ;
  • ainsi que la manière dont vous analysez et faites évoluer vos pratiques.

Cette première lecture permet généralement de faire émerger plusieurs situations intéressantes.


Votre dossier doit être pensé dans sa globalité.

Une situation pourra mettre particulièrement en évidence certaines compétences, tandis qu’une autre viendra compléter votre démonstration sur des dimensions moins présentes dans la première.

Une situation centrée sur l’accompagnement d’un jeune enfant pourra ainsi vous permettre de développer vos capacités d’observation, votre analyse de son développement et de ses besoins, la construction de votre relation avec lui, vos propositions éducatives et les adaptations progressivement réalisées.

Une autre situation pourra davantage mettre en évidence la relation avec les parents, le soutien à la parentalité, la conception d’un projet éducatif, le travail en équipe ou encore la mobilisation de partenaires.

Il est donc préférable de rechercher la complémentarité entre vos situations, plutôt que d’essayer de reproduire quatre fois la même démonstration.

Cela peut sembler logique, mais j’ai déjà vu passer des livrets 2 portant sur trois accompagnements individuels différents.

Cela n’a que peu d’intérêt pour votre évaluation si ces trois situations vous conduisent finalement à démontrer les mêmes compétences et à viser principalement le même bloc.

Certaines compétences apparaîtront naturellement dans plusieurs situations.

Ce n’est pas un problème.

L’important est qu’à l’issue de la lecture de votre dossier, le jury puisse disposer d’éléments suffisamment précis pour apprécier votre maîtrise des différents attendus du diplôme, avec une documentation (annexes) qui appuie votre développement.


Avant de sélectionner définitivement une situation professionnelle, demandez-vous simplement :

  • Quel était mon rôle dans cette situation ?
  • Que me permet-elle de montrer de mon accompagnement du jeune enfant et, le cas échéant, de sa famille ?
  • Quelles compétences puis-je réellement y démontrer ?
  • Ai-je suffisamment de matière pour expliquer mes observations, mon analyse, mes choix éducatifs, mes adaptations et ma démarche ?
  • Quelle place ai-je réellement occupée dans la conception et la mise en œuvre de l’intervention ?
  • Cette situation apporte-t-elle quelque chose de complémentaire aux autres situations retenues ?
  • Puis-je l’étayer avec des éléments ou documents issus de ma pratique ?

Si vous peinez à répondre à ces questions, il est probablement utile de poursuivre votre réflexion avant de commencer la rédaction.

Ne choisissez pas vos quatre situations uniquement parce qu’elles vous paraissent intéressantes à raconter.

Choisissez-les parce qu’ensemble, elles donnent au jury une vision suffisamment riche et représentative de votre exercice du métier d’éducateur de jeunes enfants.

C’est cette cohérence globale qui donnera ensuite du sens à votre dossier de validation.

On passe maintenant aux choses sérieuses !


dossier de validation vae deeje

Avant d’entrer dans la présentation détaillée de votre expérience professionnelle, le nouveau dossier de validation vous invite à revenir sur votre parcours et sur les raisons qui vous conduisent aujourd’hui à engager une VAE pour ce DEEJE.

Ces premières rubriques sont relativement simples à compléter.

Elles permettent au jury de mieux comprendre le cheminement professionnel qui vous conduit aujourd’hui vers le Diplôme d’État d’Éducateur de Jeunes Enfants.

Présenter vos motivations pour ce DEEJE

La rubrique consacrée à vos motivations doit permettre de comprendre pourquoi vous avez choisi d’engager une VAE et pourquoi vous visez précisément le DEEJE.

Il ne s’agit donc pas uniquement d’expliquer que l’obtention du diplôme vous permettra d’évoluer professionnellement ou d’obtenir une reconnaissance de votre expérience.

Prenez également le temps de faire apparaître le lien entre :

  • votre parcours ;
  • les fonctions que vous exercez ou avez exercées ;
  • les compétences progressivement développées auprès des jeunes enfants et de leurs familles ;
  • l’évolution de votre positionnement professionnel ;
  • votre projet professionnel ;
  • et votre projet de certification.

Après lecture de cette partie, une première concordance entre votre expérience et le référentiel du DEEJE doit émerger.

Votre présentation doit aussi permettre de comprendre la cohérence de votre démarche.

Restez personnel et professionnel

Cette partie doit vous ressembler.

Évitez les formulations très générales sur le métier d’éducateur de jeunes enfants, qui pourraient finalement correspondre à n’importe quel candidat.

Votre motivation prend davantage de sens lorsqu’elle s’appuie sur votre propre parcours : les fonctions que vous avez progressivement exercées auprès des jeunes enfants, les responsabilités éducatives que vous avez assumées, votre connaissance du développement du jeune enfant, la place prise progressivement par l’observation et l’analyse dans votre pratique, les relations construites avec les familles, votre participation aux projets éducatifs ou encore l’évolution de votre positionnement au sein d’une équipe pluriprofessionnelle.

Expliquez finalement ce qui, dans votre expérience, vous conduit aujourd’hui à reconnaître dans le DEEJE le diplôme correspondant aux compétences que vous avez développées et que vous souhaitez faire reconnaître.

Présenter votre parcours professionnel (tableau)

Le dossier vous invite ensuite à retracer les principales expériences qui composent votre parcours.

Cette rubrique donne au jury une première vision de votre trajectoire professionnelle avant d’entrer dans l’analyse détaillée de la ou des expériences que vous aurez choisi de développer.

Soyez précis sur les périodes, les structures, les fonctions exercées et les principales activités réalisées, tout en restant synthétique.

Vous pourrez également faire apparaître, lorsque cela est pertinent, des expériences réalisées en dehors du cadre salarié, notamment certaines activités bénévoles.

L’objectif n’est pas encore de démontrer vos compétences : vous donnez ici au jury les repères nécessaires pour comprendre votre parcours.

N’oubliez pas votre parcours de formation

Votre expérience professionnelle ne constitue pas la seule source de développement de vos compétences.

Au fil de votre parcours, vous avez probablement suivi des formations, obtenu des diplômes ou certifications, participé à des actions de professionnalisation ou actualisé vos connaissances sur le développement du jeune enfant, l’accompagnement éducatif, la parentalité, l’inclusion, la prévention ou encore les publics que vous accueillez.

Ces éléments ont leur place dans votre dossier.

Ils permettent notamment de rendre compte de votre dynamique de professionnalisation et d’actualisation de vos connaissances.

Vous pourrez ainsi renseigner les formations qui présentent un intérêt au regard de votre pratique et du diplôme visé, en veillant à conserver les justificatifs permettant d’en attester les dates et, le cas échéant, la durée.

À retenir

Cette première partie doit permettre au jury de répondre à trois questions simples :

  • D’où venez-vous professionnellement ?
  • Comment votre expérience et votre positionnement auprès des jeunes enfants et de leurs familles ont-ils évolué ?
  • Pourquoi cette trajectoire vous conduit-elle aujourd’hui vers le DEEJE ?

Après votre parcours, le dossier de validation vous demande de présenter le contexte dans lequel s’inscrit l’expérience professionnelle que vous avez choisi de développer.

La nouvelle trame adopte ici une organisation assez logique : elle part de votre environnement institutionnel pour aller progressivement vers votre structure, puis vers votre propre positionnement professionnel.

Cette partie permet au jury de comprendre le cadre dans lequel vous exercez avant de découvrir vos situations de travail.

Elle doit rester synthétique : votre objectif reste de fournir les éléments nécessaires à la compréhension de votre pratique.

Présenter votre environnement institutionnel

Commencez par situer votre structure dans son environnement.

Selon votre secteur d’intervention, vous pourrez notamment faire apparaître :

  • le champ dans lequel s’inscrit votre activité : accueil du jeune enfant, petite enfance, prévention, protection de l’enfance, soutien à la parentalité, handicap et inclusion, action sociale…
  • les principales politiques publiques qui encadrent votre intervention ;
  • les acteurs institutionnels concernés ;
  • les principaux partenaires avec lesquels votre structure est amenée à travailler.

Sélectionnez les informations qui ont un lien réel avec votre activité et avec l’accueil et l’accompagnement des jeunes enfants et de leurs familles.

Ne faites pas, par pitié, un « copier-coller » du site internet de votre association, de votre collectivité ou de votre structure.

Il n’est pas nécessaire d’accumuler les textes législatifs, les dispositifs ou les sigles.

Quelques éléments pertinents et correctement contextualisés seront beaucoup plus utiles au jury qu’une présentation très théorique du secteur de la petite enfance.

Faites apparaître votre compréhension de cet environnement.

Vous travaillez dans un cadre institutionnel qui influence nécessairement votre pratique.

Une évolution réglementaire, une politique publique en faveur de la petite enfance ou du soutien à la parentalité, les orientations d’un financeur ou encore l’organisation territoriale des réponses proposées aux familles peuvent avoir des conséquences concrètes sur l’accueil et l’accompagnement des jeunes enfants.

Votre présentation doit donc montrer que vous savez situer votre intervention éducative dans un environnement plus large que votre seule structure.

Présenter votre structure

Vous pouvez ensuite resserrer progressivement votre présentation sur la structure dans laquelle vous exercez.

Donnez au jury les informations indispensables pour comprendre son fonctionnement :

  • sa nature et ses missions ;
  • le public accueilli ou accompagné (rapidement, car une autre rubrique est dédiée à ce sujet) ;
  • son organisation générale ;
  • le cadre légal et réglementaire ;
  • les principaux professionnels qui interviennent ;
  • les modalités d’accueil et d’accompagnement proposées ;
  • les orientations et principes du projet éducatif ou pédagogique ;
  • la place accordée aux familles et à leur participation ;
  • ainsi que les éléments réglementaires utiles à la compréhension de son activité.

Une nouvelle fois, restez sélectif.

Le jury n’a pas besoin de connaître toute l’histoire de votre structure depuis sa création si ces informations n’apportent rien à la compréhension de votre expérience.

Posez-vous plutôt cette question :

« De quelles informations le jury a-t-il besoin pour comprendre l’environnement dans lequel j’exerce mon métier et notre organisation ? »

Expliquer votre position dans la structure

Après avoir présenté votre environnement puis votre établissement ou service, vous allez pouvoir vous recentrer sur votre propre place.

Précisez votre fonction, vos principales responsabilités, votre niveau d’autonomie et la manière dont vous vous inscrivez dans l’organisation.

Cette partie est particulièrement importante dans le cadre de votre VAE.

Votre intitulé de poste ne suffit pas, à lui seul, à déterminer les compétences que vous exercez réellement.

Vous pouvez occuper une fonction d’éducateur de jeunes enfants ou exercer sous un autre intitulé de poste : ce sont les activités réellement exercées, les responsabilités assumées et votre niveau d’implication qui permettront au jury d’apprécier votre expérience.

Évitez donc de simplement reproduire votre fiche de poste.

Donnez plutôt à comprendre votre place réelle dans la structure : les missions que vous prenez en charge, votre marge d’initiative, vos responsabilités, vos principaux interlocuteurs, votre articulation avec l’équipe pluriprofessionnelle et, lorsque cela est pertinent, les limites de votre champ d’intervention.

Pour le DEEJE, il sera également intéressant de faire apparaître la manière dont vous mobilisez l’observation dans votre pratique, comment vous accompagnez le développement global et l’autonomie du jeune enfant, comment vous concevez et adaptez vos propositions éducatives, comment vous aménagez l’environnement, comment vous construisez la relation avec les familles et soutenez la parentalité, mais également comment vous contribuez aux projets et travaillez avec l’équipe et les partenaires.

Vous comprendrez ici que votre présentation doit déjà faire écho aux compétences attendues du DEEJE et préparer la lecture des situations que vous développerez ensuite.

Présenter vos activités (tableau)

Le dossier vous invite également à présenter les activités que vous réalisez dans le cadre de cette expérience.

Cette rubrique constitue une première passerelle entre votre poste et les compétences que vous développerez ensuite dans vos situations de travail.

Restez toutefois à ce stade dans une présentation synthétique de votre activité professionnelle.

Vos situations viendront ensuite montrer concrètement comment vous mobilisez vos compétences dans l’action.

Veillez simplement à ce que les activités présentées donnent une image fidèle de votre exercice professionnel et soient cohérentes avec le diplôme que vous souhaitez obtenir.

Et surtout, n’oubliez pas la veille professionnelle !!!

Pour un futur EJE, celle-ci peut notamment concerner le développement et les besoins du jeune enfant, les pratiques éducatives, la prévention, la santé et le bien-être, l’inclusion, le soutien à la parentalité, les évolutions des politiques de la petite enfance, les recommandations professionnelles ou encore la réglementation applicable à votre secteur d’intervention.

Présenter le public que vous accompagnez

Enfin, prenez le temps de présenter les jeunes enfants et les familles auprès desquels vous intervenez.

Là encore, ne vous contentez pas d’indiquer une tranche d’âge ou le nombre d’enfants accueillis.

Sans entrer dans une analyse exhaustive, donnez au jury quelques repères permettant de comprendre :

  • les caractéristiques des enfants accueillis ;
  • leurs besoins fondamentaux et les particularités éventuellement rencontrées ;
  • leurs capacités, potentialités et rythmes de développement ;
  • la diversité des situations familiales ;
  • les besoins auxquels votre structure tente de répondre ;
  • les éventuels enjeux liés à la socialisation, à l’autonomie, à l’inclusion, à la prévention ou au soutien à la parentalité ;
  • et les incidences que ces réalités peuvent avoir sur votre accompagnement, vos observations et vos propositions éducatives.

Cette présentation permettra ensuite de mieux comprendre pourquoi vous intervenez de telle manière dans les situations professionnelles que vous avez choisies.

À retenir pour cette première partie du dossier de validation

Cette partie de votre dossier fonctionne comme un zoom progressif :

environnement institutionnel

À l’issue de sa lecture, le jury doit pouvoir comprendre où vous travaillez, auprès de qui, dans quel cadre et quelle place vous occupez réellement.

Choisir vos quatre situations de travail pour votre dossier de validation – DEEJE


Nous arrivons à la partie centrale de votre dossier de validation : les situations de travail.

C’est à travers elles que le jury pourra comprendre comment vous exercez concrètement vos fonctions, quelles compétences vous mobilisez et quelle analyse vous portez sur votre pratique professionnelle.

Elles constituent donc une part essentielle de votre démonstration.

Pour le DEEJE, cette démonstration doit notamment permettre de retrouver ce qui fait la spécificité de votre pratique : l’accompagnement du développement global du jeune enfant, l’observation et l’analyse de ses besoins, la conception de situations éducatives adaptées, mais également la place accordée à sa famille, le soutien à la parentalité, la prévention, l’inclusion, votre contribution aux projets et votre inscription dans un travail d’équipe et dans des dynamiques partenariales.

Le choix de vos situations ne doit donc rien au hasard.

Qu’est-ce qu’une situation pertinente pour votre VAE ?

Une bonne situation de travail n’est pas nécessairement une situation exceptionnelle.

Vous n’avez pas besoin d’avoir accompagné un enfant présentant une situation particulièrement complexe, créé un projet éducatif de A à Z ou piloté une action partenariale de grande ampleur pour démontrer vos compétences d’éducateur de jeunes enfants.

Une situation beaucoup plus quotidienne peut être particulièrement pertinente.

L’accueil progressif d’un enfant et de sa famille, l’accompagnement d’une séparation difficile, l’observation d’un enfant conduisant à faire évoluer votre accompagnement, l’aménagement d’un espace, la conception d’une proposition éducative, l’accompagnement des interactions au sein d’un groupe, une action de soutien à la parentalité, une démarche favorisant l’inclusion d’un enfant ou encore un projet mené avec l’équipe ou différents partenaires peuvent constituer d’excellents supports.

Ce qui importe n’est pas le caractère exceptionnel de la situation.

C’est ce qu’elle vous permet de démontrer de votre pratique professionnelle.

Privilégiez donc des situations dans lesquelles votre rôle est clairement identifiable, dans lesquelles vous avez réellement observé, analysé, conçu, proposé, accompagné, adapté, coordonné ou pris des initiatives et pour lesquelles vous disposez de suffisamment de recul pour expliquer et justifier vos choix.

Une situation complexe dans laquelle votre intervention reste finalement secondaire sera souvent moins intéressante qu’une situation plus ordinaire dans laquelle vous pouvez précisément montrer votre raisonnement et votre positionnement professionnel.

Pensez vos situations comme un ensemble

Vos situations ne doivent pas être choisies indépendamment les unes des autres.

Avant de les retenir définitivement, prenez le temps d’observer ce qu’elles permettent, ensemble, de donner à voir de votre expérience.

Si toutes vos situations concernent exclusivement l’accompagnement individuel de jeunes enfants, pour exemple, même si vous maîtrisez parfaitement cette dimension de votre fonction, votre dossier risque de ne donner à voir qu’une partie de vos compétences.

Votre expérience vous permet peut-être également de démontrer votre capacité à observer et analyser le développement du jeune enfant, concevoir et faire évoluer des propositions éducatives, aménager son environnement, favoriser son autonomie et sa participation, construire une relation avec les familles, soutenir la parentalité, participer à des actions de prévention ou d’inclusion, contribuer aux projets de la structure, travailler avec l’équipe pluriprofessionnelle ou encore mobiliser des partenaires.

L’objectif n’est donc pas de rechercher artificiellement la situation parfaite.

Il s’agit plutôt de construire un ensemble suffisamment complémentaire pour donner à voir les différentes dimensions de votre exercice professionnel.

Une situation peut mobiliser plusieurs blocs de compétences

Dans la réalité professionnelle, vous ne mobilisez évidemment pas vos compétences bloc par bloc.

Prenons l’exemple de l’accompagnement d’un jeune enfant dont vous observez des difficultés dans son quotidien au sein de la structure.

Vous pouvez commencer par observer l’enfant dans différents temps et espaces afin de mieux comprendre ses manifestations, ses besoins, ses capacités mais également ses ressources et ses potentialités.

Cette analyse peut ensuite vous conduire à adapter votre posture, l’environnement, les propositions éducatives, les temps de transition ou encore les modalités d’accompagnement que vous mettez en place.

Mais cette même situation peut également vous amener à échanger avec ses parents, à croiser vos observations avec celles des autres professionnels, à contribuer à une réflexion collective, à solliciter ou travailler avec un partenaire et à participer à l’évolution du projet d’accompagnement.

Une seule situation peut donc naturellement faire apparaître plusieurs blocs de compétences.

C’est même souvent ce qui rend une situation particulièrement riche.

En revanche, soyez prudent si vous considérez qu’une seule situation permet, à elle seule, de démontrer l’intégralité du référentiel.

À vouloir tout traiter, vous risquez de multiplier les références aux compétences sans disposer de suffisamment de matière pour réellement les démontrer.

Car une compétence n’est pas démontrée parce que vous avez repris son intitulé dans votre dossier.

Elle doit pouvoir être observée dans votre manière d’observer, d’analyser, d’accompagner, de concevoir, d’adapter, de prendre en compte l’enfant et sa famille, de travailler avec les autres professionnels et d’évaluer les effets de votre intervention.

Ne racontez pas seulement ce qui s’est passé

C’est probablement l’un des points les plus importants à retenir pour la rédaction de votre dossier de validation.

Le jury ne cherche pas uniquement à savoir ce que vous avez fait.

Il doit pouvoir comprendre comment et pourquoi vous l’avez fait.

Si vous présentez, par exemple, l’accompagnement d’un jeune enfant lors de son accueil au sein de la structure, raconter chronologiquement son arrivée, les échanges avec ses parents et les différentes étapes de son intégration ne suffira pas nécessairement.

Il faut creuser :

  • Comment avez-vous évalué la situation initiale ?
  • Qu’avez-vous observé chez l’enfant ?
  • Quels besoins, capacités et potentialités avez-vous identifiés ?
  • Comment avez-vous pris en compte son rythme, ses manifestations et son expression ?
  • Qu’avez-vous recueilli auprès de ses parents ?
  • Quelles hypothèses avez-vous formulées à partir de vos observations ?
  • Quels objectifs avez-vous poursuivis ?
  • Pourquoi avez-vous choisi cette manière de l’accompagner ?
  • Comment avez-vous adapté votre posture, vos propositions ou son environnement ?
  • Quelle place avez-vous accordée aux parents dans votre démarche ?
  • Comment avez-vous articulé votre intervention avec celle des autres professionnels ?
  • Quels effets avez-vous observés chez l’enfant ?
  • Comment avez-vous évalué votre intervention ?
  • Quels réajustements avez-vous réalisés ?

Votre récit constitue le support de votre démonstration.

Mais c’est votre analyse qui permet au jury de comprendre votre raisonnement professionnel.

Ne négligez pas vos références professionnelles

Ce point prend une importance particulière pour le DEEJE.

Votre intervention ne repose pas uniquement sur votre expérience auprès des jeunes enfants.

Elle mobilise également des connaissances relatives au développement global du jeune enfant, à ses besoins fondamentaux, aux processus d’attachement et de séparation, à l’observation, aux apprentissages, à la socialisation, à la parentalité, à la prévention, à l’inclusion ou encore aux politiques publiques et au cadre institutionnel dans lequel vous intervenez.

Vos pratiques doivent également pouvoir évoluer au regard des recommandations professionnelles, des transformations du secteur de la petite enfance, des évolutions des besoins des enfants et des familles ou encore de l’actualisation de vos connaissances.

Ces connaissances doivent pouvoir apparaître dans vos situations lorsqu’elles permettent d’éclairer votre pratique.

Si vous présentez une situation autour de l’accueil et de la séparation, par exemple, certaines références relatives à l’attachement, à la sécurité affective, aux repères ou à la continuité pourront venir éclairer vos observations et vos choix.

Si votre situation porte sur une proposition éducative ou l’aménagement d’un espace, des connaissances relatives au développement psychomoteur, à l’exploration, au jeu, à l’autonomie ou aux interactions entre jeunes enfants pourront nourrir votre analyse.

Dans une situation impliquant les parents, des références relatives à la parentalité, à la coéducation, à la place des familles ou à la construction d’une relation de confiance pourront également permettre de mettre en perspective votre intervention.

L’objectif n’est toujours pas de transformer votre dossier en mémoire universitaire.

Une référence n’a d’intérêt que lorsqu’elle permet de comprendre votre analyse ou de justifier un choix professionnel.

Pensez également aux preuves de votre pratique (annexes)

Au moment de sélectionner vos situations, posez-vous enfin la question des éléments professionnels susceptibles de venir les étayer.

Vous avez peut-être :

  • réalisé des observations et construit un outil pour les formaliser ;
  • conçu une proposition ou un projet éducatif ;
  • participé à l’élaboration ou à l’évolution d’un projet pédagogique ;
  • créé un support destiné aux enfants ou aux familles ;
  • contribué à un projet individualisé ;
  • réalisé un écrit professionnel ou des transmissions ;
  • préparé ou animé une réunion ;
  • participé à une action de soutien à la parentalité ;
  • contribué à une démarche de prévention ou d’inclusion ;
  • construit un outil d’évaluation ;
  • participé à une action avec un partenaire ;
  • ou produit tout autre document permettant de rendre compte de votre intervention.

Certains de ces éléments pourront trouver leur place dans vos annexes, sous réserve naturellement du respect de la confidentialité et de l’anonymisation des informations.

Mais retenez un principe essentiel : l’annexe ne remplace jamais votre démonstration.

Elle vient l’illustrer, l’étayer ou apporter au jury un élément complémentaire.

Les documents annexés doivent consolider le récit et non s’y substituer : leur pertinence et leur diversité comptent davantage que leur nombre.

Avant de valider définitivement vos situations

Prenez un dernier temps de réflexion.

Demandez-vous si, prises ensemble, elles permettent réellement au jury de comprendre l’éducateur de jeunes enfants que vous êtes dans votre pratique.

Retrouve-t-on :

  • votre capacité à observer et à analyser les besoins, les capacités et les potentialités du jeune enfant ?
  • votre prise en compte de son développement global, de son rythme et de sa singularité ?
  • votre manière de concevoir, mettre en œuvre et adapter des situations éducatives ?
  • votre capacité à penser et aménager un environnement favorable à son développement, à son exploration et à son autonomie ?
  • la place que vous accordez à l’enfant, à son expression et à sa participation ?
  • votre manière de construire la relation avec les familles et de soutenir la parentalité ?
  • votre contribution à la prévention et à l’inclusion ?
  • votre participation à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des projets ?
  • votre travail avec l’équipe et les partenaires ?
  • votre inscription dans votre environnement institutionnel et territorial ?
  • votre capacité à analyser votre intervention, à l’évaluer et à la réajuster ?
  • votre actualisation des connaissances et votre réflexion sur votre pratique professionnelle ?

Et surtout : disposez-vous, pour chacune de ces situations, de suffisamment de matière pour expliquer ce que vous avez fait, comment vous l’avez fait et pourquoi vous avez agi ainsi ?

Si la réponse est oui, vous disposez probablement d’une base pertinente pour commencer votre rédaction.


Après la présentation de vos situations de travail, le dossier vous invite à prendre davantage de recul sur l’expérience professionnelle présentée.

Contrairement à une conclusion libre, cette analyse globale est guidée par plusieurs rubriques précises.

Vous n’avez donc pas à rechercher vous-même la manière de l’organiser : le dossier vous indique les différentes dimensions de votre pratique sur lesquelles vous devez revenir.

L’objectif est ici de permettre au jury d’apprécier votre exercice professionnel de manière plus transversale, au-delà des situations particulières précédemment développées.

Pour le DEEJE, cette partie est particulièrement intéressante : elle vous permet notamment de faire ressortir ce qui structure votre accompagnement du jeune enfant et de sa famille, les principes éducatifs qui orientent votre pratique, votre place au sein de l’organisation, votre autonomie professionnelle, votre inscription dans le travail collectif ainsi que votre capacité à observer, évaluer et faire évoluer vos interventions.

Les principes et objectifs qui guident votre action

Vous êtes tout d’abord invité à expliciter les principes qui orientent votre intervention : principes éthiques et déontologiques, objectifs poursuivis dans l’accompagnement, mais également manière dont vous construisez la relation avec les jeunes enfants et leurs familles.

Pour le DEEJE, pensez notamment à la place que vous accordez aux besoins fondamentaux du jeune enfant, à son rythme, à sa singularité, à son expression, à ses capacités et potentialités, à sa participation et au développement progressif de son autonomie.

Pensez également à la place des parents et à la manière dont vous reconnaissez et prenez en compte leurs connaissances de leur enfant, leurs choix et leurs compétences parentales.

Vous pouvez montrer comment ces principes influencent votre manière d’accueillir un enfant et sa famille, d’observer, de proposer une situation éducative, d’aménager un espace, d’accompagner un moment du quotidien ou encore d’intervenir auprès d’un groupe d’enfants.

Attention toutefois à ne pas produire une simple liste de valeurs.

Écrire que votre pratique repose sur le respect, la bienveillance, la confidentialité, le non-jugement ou encore le respect du rythme de l’enfant apporte finalement peu d’informations au jury si vous n’expliquez pas comment ces principes influencent concrètement votre manière d’accompagner :

  • Comment prenez-vous en compte l’expression du jeune enfant, y compris lorsqu’elle n’est pas verbale ?
  • Comment adaptez-vous votre intervention à son rythme et à ses besoins ?
  • Comment favorisez-vous son exploration et son autonomie sans faire à sa place ?
  • Comment associez-vous ses parents et prenez-vous en compte leurs observations ?
  • Comment construisez-vous une continuité entre l’environnement familial et le lieu d’accueil ?
  • Comment conciliez-vous parfois besoins individuels de l’enfant, vie en collectivité, sécurité et contraintes institutionnelles ?

C’est en reliant ces principes à votre pratique qu’ils prennent véritablement du sens.

Vos sources d’information et de documentation

Le dossier vous demande ensuite d’identifier les ressources que vous mobilisez dans votre activité.

Cette rubrique prend une dimension particulière pour l’EJE, dont la pratique suppose une actualisation régulière des connaissances relatives au développement du jeune enfant, aux pratiques éducatives et aux évolutions des besoins des enfants et des familles.

Vous pouvez notamment présenter les ressources que vous consultez sur le développement global du jeune enfant, ses besoins fondamentaux, l’attachement, les processus de séparation et d’individuation, le jeu, les apprentissages, la socialisation, la santé, la prévention ou encore l’inclusion.

Pensez également aux ressources relatives à la parentalité, aux politiques publiques de la petite enfance, aux recommandations professionnelles, au cadre juridique et réglementaire ou encore aux évolutions du secteur social et médico-social.

Vous pouvez aussi mobiliser des ressources institutionnelles, des études, des ouvrages ou articles professionnels, des formations, des conférences, des journées professionnelles, des analyses de pratiques ou des travaux théoriques lorsque ceux-ci contribuent réellement à faire évoluer votre intervention.

L’objectif n’est donc pas de dresser une longue bibliographie.

Montrez plutôt comment vous maintenez vos connaissances à jour et, surtout, comment cette veille influence concrètement vos pratiques éducatives et votre accompagnement des jeunes enfants et de leurs familles.

Votre participation au fonctionnement collectif

Vous devrez également préciser la manière dont vous contribuez au fonctionnement collectif de votre structure : travail au sein d’une équipe pluriprofessionnelle, réunions, transmissions, échanges professionnels, groupes de travail, projets ou autres espaces institutionnels auxquels vous participez.

Ne vous contentez pas d’énumérer les réunions auxquelles vous assistez.

Expliquez ce que vous y apportez.

En tant qu’EJE, vous pouvez notamment être amené à apporter vos observations relatives au développement d’un enfant, à ses interactions, à ses besoins, à son comportement ou à son évolution.

Vous pouvez également partager votre analyse d’une situation, contribuer à la réflexion autour d’un accompagnement, proposer une évolution de l’environnement ou des pratiques éducatives, participer à l’élaboration et à l’évaluation d’un projet, apporter votre regard sur les besoins d’un groupe ou encore contribuer à la réflexion menée avec et autour des familles.

Votre regard professionnel vient ainsi croiser celui des autres membres de l’équipe.

Le jury doit donc pouvoir comprendre non seulement les espaces auxquels vous participez, mais surtout la place professionnelle que vous y occupez et la contribution spécifique que vous apportez au collectif.

Votre degré d’autonomie et d’initiative

Cette rubrique est particulièrement intéressante dans une démarche de VAE.

Elle permet de distinguer ce qui relève de votre propre champ de responsabilité de ce qui nécessite une concertation avec l’équipe, une validation hiérarchique ou une décision collective.

Dans votre pratique, qu’êtes-vous en mesure d’observer, d’analyser, de proposer ou de décider vous-même ?

  • Pouvez-vous concevoir ou adapter une situation éducative ?
  • Faire évoluer l’aménagement d’un espace ?
  • Proposer une adaptation de l’accompagnement d’un enfant ?
  • Construire un outil d’observation ou de transmission ?
  • Proposer ou conduire une action auprès des familles ?
  • Contribuer à l’évolution d’un projet éducatif ?
  • Initier une réflexion au sein de l’équipe ?
  • Solliciter ou proposer la mobilisation d’un partenaire ?
  • À quel moment devez-vous solliciter votre hiérarchie ou vous concerter avec d’autres professionnels ?

Vous pourrez ainsi donner à comprendre votre marge d’initiative, votre manière de rendre compte de votre activité, mais également les limites de votre champ d’intervention.

Il ne s’agit surtout pas de chercher à démontrer une autonomie absolue.

Savoir solliciter un autre professionnel, reconnaître qu’une problématique dépasse son champ de compétences ou identifier qu’une décision ne relève pas de sa responsabilité participe également au positionnement professionnel.

L’évaluation de votre intervention

Le dossier vous demande ensuite comment vous évaluez votre intervention et sur quels critères ou indicateurs vous vous appuyez.

Cette rubrique doit permettre de montrer que votre accompagnement ne s’arrête pas à la mise en œuvre d’une action ou d’une proposition éducative.

  • Quels changements observez-vous chez l’enfant ?
  • Comment manifeste-t-il son intérêt, son bien-être, son inconfort ou son désengagement ?
  • Investit-il progressivement un espace, une activité ou une relation ?
  • Développe-t-il de nouvelles capacités ou davantage d’autonomie ?
  • Ses interactions avec les autres enfants ou les adultes évoluent-elles ?
  • Les objectifs éducatifs poursuivis sont-ils atteints, totalement ou partiellement ?
  • Les adaptations réalisées produisent-elles les effets recherchés ?
  • Comment recueillez-vous l’expression de l’enfant et prenez-vous en compte ses manifestations ?
  • Quels retours recueillez-vous auprès de ses parents ?
  • Que vous apportent les observations et analyses des autres professionnels ?

L’évaluation ne signifie pas nécessairement que tous les objectifs ont été atteints.

Elle consiste également à être capable d’identifier les limites d’une intervention, de comprendre pourquoi certains effets attendus ne sont pas observés et, lorsque cela est nécessaire, de réajuster vos objectifs, votre posture, l’environnement ou les propositions éducatives.

Cette capacité à observer les effets de votre intervention et à la faire évoluer participe pleinement à la démarche réflexive attendue de l’éducateur de jeunes enfants.

Pensez également aux autres retours qui permettent d’évaluer votre action : enfants, parents, collègues, hiérarchie, partenaires ou autres professionnels intervenant auprès de l’enfant et de sa famille.

On se construit aussi en intégrant ces évaluations.

Les compétences mises en œuvre

Enfin, vous êtes invité à identifier les principales compétences et les principaux savoirs mobilisés dans le cadre de votre expérience.

Cette dernière rubrique constitue naturellement un point important dans un dossier de VAE.

Évitez toutefois de transformer votre réponse en copie du référentiel en reprenant successivement les intitulés des compétences.

Revenez plutôt sur ce que cette expérience dit réellement de votre exercice professionnel.

Selon l’expérience présentée, vous pourrez notamment faire ressortir votre capacité à :

  • observer et analyser les besoins, les capacités et les potentialités du jeune enfant ;
  • prendre en compte son développement global, son rythme et sa singularité ;
  • construire et ajuster un accompagnement éducatif ;
  • concevoir, mettre en œuvre et évaluer des situations éducatives ;
  • penser et aménager des environnements favorisant l’exploration, les apprentissages, les interactions et l’autonomie ;
  • prendre en compte l’expression et la participation du jeune enfant ;
  • construire une relation avec les familles et soutenir la parentalité ;
  • contribuer à des démarches de prévention et d’inclusion ;
  • participer à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des projets ;
  • travailler au sein d’une équipe pluriprofessionnelle ;
  • coopérer avec des partenaires ;
  • communiquer avec différents interlocuteurs ;
  • évaluer les effets de votre intervention et faire évoluer votre pratique.

Pensez également aux savoirs qui soutiennent ces compétences : développement global du jeune enfant, besoins fondamentaux, observation, attachement, processus de séparation et d’individuation, jeu et apprentissages, parentalité, prévention, inclusion, méthodologies d’intervention, cadre juridique et réglementaire, politiques de la petite enfance, environnement institutionnel et territorial…

L’enjeu reste le même : permettre au jury de comprendre quelles compétences vous avez réellement construites et mobilisées à travers cette expérience, plutôt que de lui restituer le contenu du référentiel.

Retenez donc que…

L’analyse globale n’est pas une répétition de vos quatre situations de travail.

analyse globale livret 2 deeje

C’est l’occasion de prendre de la hauteur sur votre pratique et de montrer au jury ce qui caractérise aujourd’hui votre positionnement professionnel.

Pour le DEEJE, gardez surtout en tête ce fil conducteur : accompagner un jeune enfant ne consiste pas à juxtaposer des activités ou à répondre uniquement à ses besoins immédiats.

Chaque temps du quotidien, chaque interaction, chaque observation, chaque aménagement de l’environnement et chaque proposition éducative peut devenir un support permettant d’accompagner son développement global, son épanouissement, son autonomie et sa place parmi les autres, en lien avec sa famille.

C’est précisément cette capacité à observer, penser, construire et ajuster l’accompagnement éducatif du jeune enfant, tout en associant sa famille et en inscrivant votre action dans une dynamique collective, que votre dossier doit permettre au jury de comprendre.

L’analyse globale vous amène finalement à regarder votre expérience sous plusieurs angles.

Après avoir montré au jury comment vous agissez dans des situations concrètes, vous prenez ici davantage de hauteur pour lui donner à comprendre ce qui structure votre pratique d’EJE : les principes qui orientent vos interventions, les connaissances et ressources sur lesquelles repose votre expertise, votre inscription dans le collectif de travail, votre autonomie, votre manière d’évaluer vos actions et les compétences que vous mobilisez.

Elle ne doit donc pas répéter les situations précédemment développées.

Elle vient les compléter en donnant au jury une lecture plus transversale de votre identité professionnelle.


Le nouveau dossier de validation du DEEJE ne bouleverse pas fondamentalement la démarche de VAE.

Sa nouvelle organisation et le passage à quatre situations de travail viennent toutefois accompagner l’évolution du référentiel du diplôme et nécessitent de penser votre dossier dans sa globalité avant de commencer à rédiger.

Au fil de ce guide, vous avez pu identifier les principaux repères pour vous approprier cette nouvelle trame et mieux comprendre ce qui est attendu de vous.

Gardez néanmoins à l’esprit qu’un dossier de validation ne consiste pas à faire entrer votre expérience dans des cases.

Votre parcours est singulier.

Votre structure, les jeunes enfants et les familles que vous accompagnez, vos responsabilités, les situations que vous avez rencontrées, votre manière d’observer le développement de l’enfant, de penser vos interventions éducatives, d’associer les parents et de travailler avec les autres professionnels le sont également.

C’est précisément cette réalité professionnelle que votre dossier doit permettre au jury de découvrir.

Au-delà des intitulés du référentiel, donnez-lui à comprendre l’éducateur de jeunes enfants que vous êtes dans votre pratique : votre manière d’observer et d’analyser les besoins du jeune enfant, de prendre en compte son rythme et sa singularité, de concevoir et d’adapter vos propositions éducatives, de favoriser son autonomie et son épanouissement, de construire une relation avec sa famille, de contribuer aux projets et de travailler avec les autres professionnels, mais aussi d’interroger vos interventions et de les faire évoluer.

Votre expérience ne doit pas simplement être racontée.

Elle doit être explicitée, analysée et mise en perspective pour permettre au jury d’en apprécier toute la richesse.

Faites-vous confiance, et suivez aussi votre intuition.


Si vous souhaitez rejoindre la team des EJE diplômées, que j’ai eue le plaisir d’accompagner, je vous retrouve ici pour faire ce chemin avec vous.

Voici un échantillon des résultats obtenus !

  • Emilie, DEEJE décroché dès son premier passage devant le jury !
  • Laurie : qui ne doit sa VAE qu’à elle même, travail, acharnement, et un diplôme à la clé !
  • Diatou, DEEJE validé dès son premier passage !
  • Clémence : premier passage, DEEJE décroché ! Un dossier travaillé, des recommandations suivies, un jury convaincu !

Tous mes vœux de réussite dans votre démarche de VAE.

Je vous souhaite d’être la prochaine EJE diplômée !

Alexandra

Accompagnatrice VAE

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