Aujourd’hui, j’aimerais répondre à un « SOS » qui revient très souvent,

de la part de candidats VAE en détresse :

« Alexandra… je ne comprends pas les consignes du livret 2.

Qu’attend-on exactement de moi ? »

Et je comprends parfaitement cette inquiétude.

Lorsque vous ouvrez votre livret 2 pour la première fois, vous découvrez des rubriques, des consignes, des recommandations, parfois même des questions qui peuvent sembler très abstraites.

Vous vous demandez peut-être :

Pourquoi me demande-t-on d’utiliser le « je » ?

Pourquoi faut-il autant analyser ?

Est-ce que je dois respecter cette trame ?

Pourquoi dois-je choisir plusieurs situations de travail ?

Et d’ailleurs combien ?

Et bien souvent…

Vous considérez ces consignes comme une contrainte supplémentaire.

Pourtant…

J’aimerais aujourd’hui vous proposer un changement de regard.

Les consignes du livret 2 ne sont pas là pour compliquer votre travail.

Elles sont là pour permettre au jury de vous évaluer.

Et lorsqu’on comprend cette logique…

Le livret 2 devient beaucoup plus simple à rédiger.

Je vais donc vous expliquer comment répondre aux exigences de votre jury,

tout en conservant une marge de liberté dans votre rédaction.


Lorsque vous ouvrez votre livret 2 pour la première fois, il est fort probable que votre regard se porte immédiatement sur les espaces à compléter.

Vous voyez des rubriques.

Des questions.

Des consignes.

Parfois même plusieurs pages d’explications.

Et soyons honnêtes…

Votre premier réflexe est souvent de les survoler.

Vous vous dites :

« Je les lirai au fur et à mesure. »

Ou encore :

« Le plus important, c’est de commencer à écrire. »

Et pourtant…

C’est probablement l’une des premières erreurs que vous pouvez commettre.

Parce que ces consignes ne sont pas là pour alourdir votre travail.

Elles ne sont pas là non plus pour répondre à une exigence administrative.

Chaque consigne a une raison d’être.

Chaque rubrique poursuit un objectif précis.

Et cet objectif est toujours le même.

Permettre au jury de retrouver les informations dont il a besoin pour évaluer vos compétences.

Autrement dit…

Le livret 2 n’a pas été construit pour vous.

Il a été construit pour le jury.

C’est une nuance essentielle.

Lorsque le jury ouvre votre dossier, il ne connaît ni votre entreprise, ni votre environnement de travail, ni votre parcours.

Il ne vous a jamais vu travailler.

Il ne connaît pas vos collègues.

Il ne connaît pas vos clients.

Il ne connaît pas vos contraintes.

Votre livret 2 est donc le seul support dont il dispose pour comprendre qui vous êtes professionnellement.

Les consignes ont justement été pensées pour l’aider à reconstituer cette réalité.

Elles lui permettent de comprendre votre contexte d’intervention.

Vos missions.

Vos responsabilités.

Vos décisions.

Vos résultats.

Et surtout…

Les compétences que vous avez développées au regard du référentiel de certification.

Voilà pourquoi je vous invite toujours à ne pas voir les consignes comme une succession d’obligations.

Voyez-les plutôt comme un guide.

Un guide qui vous indique les informations dont le jury aura besoin pour comprendre votre expérience.

Et vous allez voir que cette logique se retrouve absolument partout dans le livret 2.

Pourquoi vous demande-t-on d’utiliser le « je » ?

Pourquoi insiste-t-on autant sur l’analyse ?

Pourquoi respecter une trame ?

Pourquoi présenter plusieurs situations de travail ?

Pourquoi joindre des annexes ?

À chaque fois…

La réponse est la même.

Parce que cela permet au jury de vous évaluer avec davantage de précision.

Et c’est précisément ce que nous allons voir ensemble dans la suite de cet article.


Parmi toutes les consignes que vous rencontrerez dans un livret 2, il y en a une qui revient presque systématiquement.

Utilisez le « je ».

Et pourtant…

C’est probablement l’une des consignes les moins bien comprises.

Lorsque j’évalue des livrets 2, il m’arrive très souvent de lire des phrases comme :

« Nous avons mis en place une nouvelle procédure. »

« Nous avons décidé de modifier notre organisation. »

« Nous avons créé un nouvel outil de suivi. »

Alors je pose toujours la même question.

« Et vous… qu’avez-vous fait précisément ? »

Très souvent, un silence s’installe.

Puis la réponse arrive.

« Je ne voulais pas paraître prétentieux. »

Ou encore :

« Je ne pouvais pas dire « je », puisque nous avons travaillé en équipe. »

Et je comprends parfaitement cette réaction.

Dans la majorité des métiers, les projets sont collectifs.

Vous travaillez avec des collègues.

Avec une hiérarchie.

Avec des partenaires.

Avec des clients.

Il serait donc faux de laisser penser que vous avez tout réalisé seul.

Mais ce n’est pas ce que le jury vous demande.

Le jury ne vous demande pas d’effacer le travail collectif.

Il vous demande d’expliquer votre contribution au sein de ce collectif.

Car le jury ne peut pas attribuer un diplôme à une équipe.

Il doit l’attribuer à une personne.

Cette personne…

C’est vous.

Lorsque vous écrivez :

« Nous avons décidé… »

Le jury ne sait pas si vous êtes à l’origine de cette décision.

Il ne sait pas si vous l’avez simplement appliquée.

Il ne sait pas si vous avez coordonné le projet ou uniquement participé à sa mise en œuvre.

Autrement dit…

Il lui manque une information essentielle.

Votre rôle.

C’est précisément pour cette raison que le « je » est indispensable.

Non pas parce qu’il faut vous mettre en avant.

Non pas parce qu’il faut vous attribuer les réussites de toute une équipe.

Mais parce que vous devez permettre au jury d’identifier ce que vous avez réellement fait.

Les décisions que vous avez prises.

Les difficultés que vous avez rencontrées.

Les arbitrages que vous avez réalisés.

Les compétences que vous avez mobilisées.

Utiliser le « je », ce n’est donc pas faire preuve d’arrogance.

C’est rendre votre action visible.

Et rassurez-vous…

Rien ne vous empêche de rappeler que vous avez travaillé dans un contexte collectif, au démarrage.

Vous pouvez présenter les acteurs de ce projet collectif, avant de recentrer sur votre rôle, et vos actions.

Vous valorisez ainsi votre contribution…

Sans jamais nier celle des autres.

Finalement, la vraie question n’est pas :

« Puis-je utiliser le « je » ? »

Mais plutôt :

« Est-ce que le jury est capable de comprendre ce que j’ai réellement fait ? »

Si la réponse est non…

Alors il lui sera très difficile d’évaluer vos compétences.

Et c’est précisément ce que le « je » permet d’éviter.


Après l’utilisation du « je », il existe une autre consigne qui déstabilise beaucoup de candidats.

On vous demande d’analyser votre expérience.

Vous avez peut-être lu ou vu le terme « d’analyse réflexive ».

Et là encore, une question revient très souvent.

« Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? »

Parce qu’après tout…

Vous avez déjà expliqué ce que vous avez fait.

Vous avez présenté votre contexte.

Vos missions.

Vos actions.

Alors pourquoi vous demander d’aller plus loin ?

Tout simplement parce que décrire n’est pas analyser.

Décrire, c’est raconter les faits.

Vous expliquez ce que vous avez réalisé, dans quel contexte et selon quelles modalités.

L’analyse commence là où la description s’arrête.

Elle consiste à prendre du recul sur votre propre pratique professionnelle.

Le jury ne cherche pas uniquement à savoir ce que vous avez fait.

Il cherche surtout à comprendre :

  • Pourquoi avez-vous fait ce choix ?
  • Quelles étaient les différentes options qui s’offraient à vous ?
  • Quels éléments avez-vous pris en compte avant de décider ?
  • Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
  • Comment les avez-vous dépassées ?
  • Quels résultats avez-vous obtenus ?
  • Comment les avez-vous évalués ?

Et avec le recul :

  • Que retenez-vous aujourd’hui de cette expérience ?

Vous voyez la différence ?

La description répond à la question :

« Que s’est-il passé ? »

L’analyse répond à une autre question

« Qu’est-ce que cette expérience démontre sur votre manière d’exercer votre métier ? »

Et c’est précisément ce que le jury cherche à évaluer.

Car le jury connaît déjà votre profession.

Il connaît les principales missions associées au diplôme que vous visez.

En revanche, il ne connaît pas votre manière de les exercer.

Il ne sait pas comment vous prenez vos décisions.

Comment vous adaptez votre pratique.

Comment vous résolvez un problème.

Comment vous évaluez les effets de vos actions.

C’est cette réflexion qui lui permettra d’apprécier votre niveau de maîtrise.

Vous offrez ainsi la possibilité à votre jury de « se brancher » sur votre raisonnement du moment.

Finalement…

Lorsque le livret 2 vous demande d’analyser votre expérience, il ne vous demande pas d’écrire davantage.

Il vous demande d’aller plus loin.

De montrer que vous ne vous contentez pas d’agir.

Mais que vous comprenez également pourquoi vous agissez de cette manière.

Et c’est souvent cette capacité à prendre du recul qui fait toute la différence entre un dossier descriptif…

…et un dossier véritablement démonstratif (qui le sera validé).


Après avoir compris l’importance d’utiliser le « je » et d’analyser votre expérience…

Il reste une autre consigne qui est parfois sous-estimée.

Respecter la trame du livret 2, autrement dit « l’ossature ».

Là encore, beaucoup de candidats s’interrogent.

« Pourquoi ne pourrais-je pas organiser mon dossier comme je le souhaite ? »

« Pourquoi répondre à toutes ces rubriques ? »

« Pourquoi ne pas raconter directement ma situation ? »

Ces questions sont tout à fait légitimes.

« Est-ce qu’on peut avoir un peu de liberté dans cette démarche ?!! »

Et pourtant…

La trame du livret 2 n’a pas été construite au hasard.

Elle suit une logique très précise.

Une logique qui permet au jury de comprendre progressivement votre démonstration.

Imaginez que vous regardiez un film…

…mais que les scènes soient diffusées dans le désordre.

Vous finiriez certainement par comprendre l’histoire.

Mais cela vous demanderait beaucoup plus d’efforts.

Pour le jury, c’est exactement la même chose.

Lorsqu’une situation est présentée sans contexte…

Lorsque les résultats apparaissent avant les actions…

Lorsque l’analyse est mélangée au récit…

Ou lorsque certaines informations sont oubliées…

Le jury doit reconstituer lui-même votre démonstration.

Et ce n’est pas son rôle.

Il ne le fera pas.

Son rôle est d’évaluer votre dossier.

Pas de deviner ce que vous avez voulu dire.

C’est précisément pour cette raison que les rubriques du livret suivent un ordre logique.

Vous commencez par poser le contexte.

Vous présentez ensuite les situations de travail.

Vous expliquez les actions que vous avez menées.

Vous exposez les résultats obtenus.

Puis vous prenez du recul grâce à votre analyse.

Le fait de vous imposer, parfois et selon les diplômes, un nombre de situations maximum vous oblige aussi à synthétiser votre expérience.

Chaque étape prépare la suivante.

Chaque rubrique apporte une information complémentaire.

Et toutes contribuent à répondre à une seule question :

« Ce candidat démontre-t-il les compétences attendues par le référentiel de certification ? »

Respecter la trame ne consiste donc pas à appliquer une « règle administrative ».

C’est faciliter la lecture du jury.

C’est lui permettre de retrouver rapidement les éléments qu’il recherche.

C’est rendre votre démonstration plus fluide.

Plus lisible.

Et donc…

Plus convaincante.

Finalement, la trame du livret 2 n’est pas une contrainte.

C’est un véritable fil conducteur.

Elle vous accompagne dans la construction de votre démonstration, tout en guidant le regard du jury tout au long de sa lecture.


Si vous deviez retenir une seule idée…

Retenez celle-ci.

Les consignes du livret 2 ne sont pas là pour vous compliquer la vie.

Elles sont là pour permettre au jury de comprendre votre expérience et d’évaluer vos compétences.

Lorsque l’on comprend cette logique, le regard change complètement.

Vous n’utilisez plus le « je » parce que c’est demandé.

Vous l’utilisez parce que vous souhaitez permettre au jury d’identifier votre rôle.

Vous n’analysez plus votre expérience parce qu’une consigne l’exige.

Vous l’analysez parce que c’est ce qui permettra au jury de mesurer votre niveau de maîtrise.

Vous ne respectez plus la trame parce qu’il le faut.

Vous la respectez parce qu’elle guide votre démonstration et facilite la lecture de votre dossier.

Vous ne choisissez plus vos situations de travail ni vos annexes au hasard.

Vous les sélectionnez parce qu’elles apportent chacune une preuve complémentaire des compétences attendues par le référentiel de certification.

En réalité…

Toutes les consignes du livret 2 poursuivent exactement le même objectif.

Donner au jury les moyens de vous évaluer avec justesse.

Alors, la prochaine fois que vous ouvrirez votre livret 2 et que vous lirez une consigne, ne vous demandez plus :

« Pourquoi me demande-t-on cela ? »

Demandez-vous plutôt :

« Qu’est-ce que cette consigne va permettre au jury de comprendre sur moi ? »

Je vous assure que cette simple question changera profondément votre manière d’aborder votre dossier.

Et vous verrez qu’au fil de votre rédaction, les consignes ne seront plus des obstacles…

Mais de véritables alliées.

Elles vous guideront.

Je vous laisse avec le défi de la semaine, pour que cet article vous aide vraiment !

Sans quoi, il ne restera qu’une lecture de plus dans votre VAE, que vous oublierez rapidement…

Alexandra

Accompagnatrice VAE

🎯 Le défi de la semaine

Avant de commencer la rédaction d’une nouvelle rubrique de votre livret 2, prenez quelques minutes pour relire attentivement les consignes.

Puis posez-vous ces deux questions :

  • Qu’attend réellement le jury au travers de cette consigne ?
  • Quelles informations dois-je lui apporter pour qu’il puisse évaluer mes compétences ?

Vous serez surpris de constater qu’en changeant simplement votre manière de lire les consignes… votre manière d’écrire changera elle aussi.

Articles complémentaires à consulter susceptibles de vous interesser :