Vous pensez probablement que votre principal problème durant une VAE est un problème d’écriture.

Vous cherchez la bonne méthode.

La bonne trame.

Le bon accompagnement.

Le bon prompt Chat GPT.

Le bon logiciel.

Le bon outil qui va enfin débloquer votre livret 2.

Et pourtant…

Après plusieurs années à accompagner des candidats en VAE, je fais toujours le même constat :

la plupart des personnes que j’accompagne ne manquent pas d’expérience.

Elles ne manquent pas d’idées.

Elles ne manquent même pas de matière.

Elles manquent surtout de mots, qui permettent de révéler ce qu’elles savent déjà faire.

Car voilà le paradoxe.

Vous pouvez exercer votre métier depuis quinze ou vingt ans.

Avoir géré des situations complexes.

Prendre des décisions tous les jours.

Former des collègues.

Résoudre des problèmes.

Porter des responsabilités importantes.

Et malgré cela…

Vous retrouver TOTALEMENT bloqué devant une page blanche.

Avec le luxe de se sentir totalement « stupide » (ce que vous n’êtes clairement pas…).

Pourquoi ?

Parce que savoir faire et savoir expliquer sont deux compétences différentes.

La VAE ne vous demande pas simplement de raconter votre parcours.

Elle vous demande de comprendre ce que vous faites.

De l’analyser.

De le mettre en perspective.

De le rendre visible pour quelqu’un qui ne vous a jamais vu travailler.

Et c’est souvent à cet endroit que le blocage apparaît.

Pas parce que vous ne savez pas écrire.

Mais parce que vous n’avez pas encore trouvé les mots qui permettent de raconter votre expérience.

C’est précisément pour cette raison que je recommande souvent quelque chose qui surprend les candidats.

Avant d’écrire davantage…

Lisez davantage.

Car le meilleur outil pour écrire votre livret 2 n’est peut-être pas un clavier.

Ce n’est surement pas une intelligence artificielle (qui n’a d’intelligence que le nom).

C’est tout simplement un livre, des livres..

Alors à ce stade, vous aurez deux réactions :

« Pfiou », lire, non merci ce n’est pas pour moi (+ fermeture de cette page).

« Ok, elle a des résultats, je vais lui faire confiance et poursuivre la lecture de cet article, cela va sans doute m’aider ».

Pour les secondes réactions, qui iront dans la vie beaucoup plus loin que les flemmards du « pfiou », je voux explique tout.

C’est probablement l’un des paradoxes les plus étonnants.

Plus vous avez d’expérience, plus vous pensez que l’écriture devrait être facile.

Après tout, vous connaissez votre métier.

Vous le pratiquez parfois depuis dix, quinze ou vingt ans.

Vous avez accompagné des personnes.

Géré des équipes.

Pris des décisions.

Résolu des problèmes.

Traversé des situations complexes.

Alors pourquoi est-il parfois si difficile d’écrire quelques pages sur ce que vous faites ?

Parce qu’il existe une différence immense entre faire et expliquer, je le disais un peu plus haut.

Dans la vie professionnelle, nous apprenons avant tout par l’action.

Nous faisons.

Nous testons.

Nous ajustons.

Nous développons des réflexes.

Puis ces réflexes deviennent tellement naturels que nous ne les voyons même plus.

C’est ce qu’on appelle des automatismes.

La VAE va vous demander d »identifier ces automatismes, pour les faire remonter, en conscience,

De manière à les expliquer, les décortiquer, les analyser, et en tirer… une connaissance.

C’est ce que j’observe très souvent chez les personnes que j’accompagne.

Lorsqu’elles arrivent en entretien, elles me disent :

« Je ne sais pas quoi écrire. »

Puis nous commençons à échanger.

Et pendant une heure, elles me racontent leur métier avec une richesse incroyable.

Les situations s’enchaînent.

Les exemples apparaissent.

Les décisions prises deviennent visibles.

Les compétences surgissent naturellement.

Le problème n’était donc pas l’absence d’expérience.

Le problème était ailleurs.

Elles n’avaient jamais pris le temps de regarder leur propre pratique avec suffisamment de recul.

Car la plupart d’entre nous exerçons notre métier sans passer nos journées à analyser ce que nous faisons.

Heureusement, ce serait épuisant.

Un éducateur ne passe pas sa journée à décortiquer ses postures éducatives.

Un manager n’analyse pas chaque arbitrage qu’il réalise.

Un soignant ne verbalise pas chacune des décisions qu’il prend.

Ils travaillent.

Ils réfléchissent, ils décident, ils agissent.

Tout simplement.

Et c’est précisément ce qui rend l’exercice de la VAE si particulier.

Pour la première fois, on vous demande de RALENTIR.

De regarder derrière vous.

De comprendre ce que vous faites parfois depuis des années sans même y penser.

Autrement dit, la difficulté du livret 2 n’est pas toujours une difficulté d’écriture.

C’est souvent une difficulté de prise de conscience.

Vous savez beaucoup plus de choses que vous ne l’imaginez.

Mais tant que ces connaissances restent enfouies dans l’action quotidienne, elles demeurent invisibles.

Y compris pour vous.


Lorsque je conseille à un candidat de lire un ouvrage en lien avec son métier, la réaction est souvent la même :

« Mais je croyais que le livret 2 était basé sur l’expérience »

Et je comprends parfaitement cette réaction.

Parce que beaucoup de personnes associent encore la lecture à l’apprentissage scolaire.

Comme si ouvrir un livre signifiait forcément retourner sur les bancs de l’école.

Or, ce n’est pas du tout ce que je vous propose ici.

Je ne vous invite pas à lire pour devenir plus savant (même si c’est une belle manière d’apprendre).

Je vous invite à lire pour mieux comprendre ce que vous savez déjà faire.

La nuance est essentielle.

Car dans la plupart des métiers, nous apprenons avant tout par la pratique.

Nous apprenons en observant.

En essayant.

En nous trompant.

En reproduisant ce qu’un collègue nous a montré.

Parfois lors d’une formation de quelques jours.

Parfois grâce à une explication donnée rapidement entre deux portes, ou sur un coin de bureau.

Parfois simplement parce qu’il fallait bien trouver une solution à une situation qui se présentait :

On improvise aussi…

C’est ainsi que se construisent de nombreuses compétences professionnelles.

À la sueur de son front.

Sur le terrain.

Au contact du réel.

Et c’est précisément ce qui fait leur richesse.

Mais cette manière d’apprendre possède aussi une limite.

Elle nous apprend souvent à faire avant de nous apprendre à comprendre.

Nous développons des compétences sans toujours connaître les concepts qui se cachent derrière elles.

Nous maîtrisons des pratiques sans toujours savoir les nommer.

Les nommer vous rapproche du référentiel de certification, document qui utilse des termes professionnels et les compétences attendues,

Sur lesquelles votre jury vous évaluera.

C’est donc important d’appréhender ces termes.

Nous prenons de bonnes décisions sans forcément être capables d’expliquer précisément ce qui guide nos choix.

C’est là que la lecture devient extraordinairement utile.

Un bon ouvrage professionnel apporte quelque chose que l’expérience seule ne fournit pas toujours spontanément :

Des mots.

Des concepts.

Des modèles.

Des cadres d’analyse.

Des clés de lecture, pour revisiter votre propre expérience.

Tout à coup, une pratique quotidienne prend un nom.

Une intuition devient une méthode.

Un réflexe devient une compétence identifiable.

Une habitude professionnelle devient une véritable posture.

Et c’est souvent à ce moment-là que le déclic apparaît.

Cette phrase que j’entends régulièrement :

« Je n’avais jamais vu les choses comme ça… mais c’est exactement ce que je fais. »

Voilà toute la puissance de la lecture dans une démarche de VAE.

Le livre n’apporte pas nécessairement une nouvelle expérience.

L’expérience, vous l’avez déjà.

En revanche, il vous donne parfois les mots qui permettent enfin de la comprendre.

De rattacher votre action à des concepts.

Et lorsque les mots apparaissent, l’écriture devient soudain beaucoup plus simple.

Parce qu’il est toujours plus facile d’écrire ce que l’on comprend que d’écrire ce que l’on ressent confusément depuis des années, sans jamais l’avoir nommé.


Après plusieurs années d’accompagnement, il y a une scène que j’ai vue des dizaines de fois.

Un candidat lit un ouvrage en lien avec son métier.

Puis il m’envoie un message.

Ou il arrive en séance avec le livre à la main.

Et il me dit :

« Je crois que j’ai enfin compris quelque chose. »

Quelques pages ont suffi.

Parfois même quelques paragraphes.

Et soudain, ce qu’il faisait depuis des années devient plus clair.

Non pas parce qu’il vient d’apprendre quelque chose de nouveau.

Mais parce qu’il vient enfin de mettre des mots sur quelque chose qu’il savait déjà.

C’est une nuance fondamentale.

Car la plupart des personnes qui s’engagent dans une VAE ne partent pas de zéro.

Elles possèdent déjà une expertise.

Elles ont développé des compétences.

Simplement, elles les exercent depuis tellement longtemps qu’elles ne les voient plus.

Tout est devenu naturel.

Automatique.

Évident.

Et ce qui est évident pour vous devient souvent invisible.

Ce qui n’est pas dit dans votre livret 2, ne sera pas évalué, et par voie de conséquence, pas validé.

C’est exactement la même chose que lorsque vous conduisez une voiture.

Vous réalisez aujourd’hui des dizaines d’actions simultanément sans même y penser.

Pourtant, le jour où vous avez appris à conduire, chacune de ces actions demandait un effort conscient.

Le moniteur d’auto-école décompose les gestes, dans ses dufférentes leçons, afin de nous faire progresser dans la conduite, et les manoeuvres associées.

Avec l’expérience, les compétences disparaissent dans l’habitude.

Elles fonctionnent toujours.

Mais elles deviennent plus difficiles à expliquer.

La lecture agit alors comme un révélateur.

Comme un miroir.

Comme quelqu’un qui allume soudainement la lumière dans une pièce que vous connaissiez déjà.

Vous ne découvrez pas la pièce.

Vous découvrez ce qu’elle contient réellement.

Et c’est précisément ce qui se produit lorsqu’un professionnel lit un ouvrage qui parle de son activité.

Un éducateur découvre que certaines de ses pratiques relèvent d’une posture éducative précise.

Un manager comprend qu’il applique intuitivement des mécanismes de leadership qu’il n’avait jamais identifiés.

Un professionnel des ressources humaines met enfin un nom sur des démarches qu’il mène depuis des années.

Tout à coup, l’expérience cesse d’être uniquement vécue.

Elle devient compréhensible.

Et lorsque l’on comprend mieux son expérience, il devient beaucoup plus facile de l’écrire.

C’est souvent à cet instant que les pages du livret 2 commencent à se remplir.

Non pas parce que vous avez davantage d’expérience qu’avant.

Mais parce que vous êtes enfin capable de voir celle que vous possédez déjà.


Lorsque l’on parle de lecture professionnelle, beaucoup de personnes pensent immédiatement à l’acquisition de connaissances.

Comme si lire consistait uniquement à apprendre quelque chose que l’on ne sait pas encore.

Pourtant, dans une démarche de VAE, l’enjeu est souvent tout autre.

Vous avez déjà appris votre métier.

Pas forcément dans les livres.

Pas forcément à l’université.

Pas forcément dans un centre de formation.

Vous l’avez souvent appris sur le terrain.

Au contact des situations réelles.

À force d’essais.

D’erreurs.

D’ajustements.

De responsabilités assumées.

Vous l’avez appris parfois grâce à une formation de quelques jours.

Parfois grâce à un collègue qui vous a montré comment faire.

Parfois parce qu’il fallait trouver une solution rapidement et que personne n’allait la trouver à votre place.

C’est ainsi que se construisent de nombreuses carrières.

À la sueur de son front.

Dans l’action.

Dans le réel.

Et c’est précisément ce qui fait leur valeur.

Mais cette manière d’apprendre possède aussi une limite.

Elle nous apprend souvent à agir avant de nous apprendre à comprendre.

Nous savons faire.

Sans toujours savoir expliquer pourquoi nous faisons ainsi.

Nous développons des compétences sans forcément connaître les concepts qui les décrivent.

Nous prenons des décisions pertinentes sans toujours disposer du vocabulaire permettant de les analyser.

Or c’est exactement ce que la VAE vous demande.

Elle ne vous demande pas uniquement de raconter ce que vous faites.

Elle vous demande de comprendre ce que vous faites.

De l’expliquer.

De l’analyser.

De prendre du recul sur votre pratique.

Et c’est là que la lecture devient un formidable accélérateur.

Parce qu’elle apporte des concepts là où l’expérience a apporté des réflexes.

Elle apporte des modèles là où le terrain a construit des habitudes.

Elle apporte des clés de lecture là où les années ont accumulé du vécu.

Tout à coup, certaines situations prennent un sens nouveau.

Des liens apparaissent.

Des mécanismes deviennent visibles.

Des choix que vous faisiez intuitivement trouvent enfin une explication.

Le livre ne vous transforme pas en professionnel.

Vous l’êtes déjà.

En revanche, il vous aide à comprendre pourquoi vous êtes devenu ce professionnel.

Et cette différence change tout.

Car lorsque vous commencez à comprendre votre propre parcours, vous ne regardez plus votre expérience de la même manière.

Vous cessez de voir une succession de tâches.

Vous commencez à voir des compétences.

Vous cessez de voir des habitudes.

Vous commencez à voir des savoir-faire.

Vous cessez de voir votre quotidien.

Vous commencez à voir votre expertise.

Et c’est précisément à cet endroit que naissent les meilleurs livrets 2.

Non pas lorsque l’on accumule davantage d’informations.

Mais lorsque l’on commence enfin à comprendre la richesse de ce que l’on sait déjà faire.


Lorsque certains candidats bloquent sur leur dossier, leur premier réflexe est souvent le même.

Ils essaient d’écrire davantage.

Ils passent plusieurs heures devant leur écran.

Ils rédigent quelques lignes.

Les effacent.

Recommencent.

Cherchent une meilleure formulation.

Puis finissent par se convaincre qu’ils ne savent pas écrire.

Pourtant, le problème n’est pas toujours là.

Car un bon livret 2 ne naît presque jamais d’une page blanche.

Il se nourrit de nombreuses choses :

des situations vécues,

des échanges professionnels,

des formations suivies,

des réflexions accumulées au fil des années,

et parfois aussi de lectures qui viennent éclairer l’ensemble.

Je le constate régulièrement.

Les candidats qui avancent le plus vite ne sont pas forcément ceux qui écrivent le plus.

Ce sont souvent ceux qui prennent le temps d’alimenter leur réflexion.

Ils lisent un ouvrage.

Puis une idée leur rappelle une situation vécue.

Cette situation leur fait penser à une compétence clé.

Cette compétence les renvoie à une rubrique du référentiel.

Et soudain, une page entière du livret 2 se construit presque naturellement.

Parce qu’ils ne sont plus en train de chercher quoi écrire.

Ils sont en train d’expliquer quelque chose qu’ils viennent de comprendre.

C’est toute la différence.

La lecture devient alors un véritable outil de préparation du dossier.

Non pas pour recopier des théories.

Non pas pour impressionner le jury.

Mais pour enrichir son regard sur sa propre pratique.

Je conseille souvent aux personnes que j’accompagne de garder un carnet à proximité lorsqu’elles lisent.

Pas vraiment pour résumer le livre.

Mais pour noter les échos que cette lecture provoque.

Les passages à citer, pour donner « de la force » à son analyse.

Une situation qui revient en mémoire.

Un projet oublié.

Une difficulté rencontrée.

Une décision prise il y a plusieurs années.

Très souvent, ce sont ces notes qui deviennent ensuite les meilleures matières premières du livret 2.

Car une lecture réussie ne vous donne pas seulement des idées.

Elle réveille votre expérience.

Et lorsque l’expérience se remet à parler, l’écriture devient beaucoup plus fluide.


Lorsque l’on démarre une VAE, on pense souvent que la difficulté sera d’écrire.

Alors on se met en quête d’une méthode miracle.

Et bien sûr, tous ces outils peuvent être utiles.

Mais ils ne résolvent pas le problème principal.

Car le véritable défi du livret 2 n’est pas de produire du texte.

Le véritable défi consiste à rendre visible une expérience qui s’est construite parfois pendant dix, quinze ou vingt ans.

Une expérience devenue tellement naturelle qu’elle en est presque invisible pour nous-même.

C’est précisément pour cette raison que la lecture peut devenir un formidable accélérateur.

Parce qu’elle vous aide à comprendre ce que vous savez déjà.

Elle met des mots sur vos pratiques.

Elle donne du sens à certaines décisions.

Elle éclaire des situations que vous pensiez ordinaires.

Elle vous place en situation de lecteur, ce qui facilite l’analyse.

Elle révèle la richesse de compétences que vous exercez parfois quotidiennement sans même en avoir conscience.

Au fond, les meilleurs livrets 2 ne sont pas ceux qui impressionnent le plus.

Vous l’aurez compris.

Ce sont ceux qui rendent une expérience lisible.

Compréhensible.

Incarnée.

Et cela commence souvent bien avant l’écriture.

Cela commence lorsque vous prenez le temps de regarder votre propre parcours autrement.

Lorsque vous cessez de voir uniquement des tâches.

Pour commencer à voir des compétences.

Lorsque vous cessez de voir simplement votre quotidien.

Pour commencer à reconnaître votre expertise.

Et parfois, le meilleur outil pour écrire votre livret 2 n’est pas un clavier.

C’est un livre.

Une personne a pris le temps de réflechir, d’expliquer des concepts, d’ouvrir sur des réflexions.

C’est un cadeau que vous devez saisir : un beau raccourci que vous allez prendre.

J’espère de tout coeur que cet article vous aidera à comprendre davantage l’attendu d’une démarche de VAE.

Vous avez maintenant une mission :

  • identifier une liste de 5 à 10 ouvrages traitant de votre domaine d’activités, métier, univers professionnel
  • puis vous plonger dans leur lecture !

Tous mes voeux de succès.

Alexandra

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