Vous avez peur d’évoquer vos difficultés dans votre livret 2 ?

Vous hésitez à parler de ce qui n’a pas fonctionné.
Vous préférez montrer ce que vous maîtrisez.
Vous sélectionnez des situations “propres”, sans tension, sans erreur, sans zone d’inconfort.

Et au final, votre dossier ressemble à beaucoup d’autres.

Lisse.
Descriptif.
Peu incarné.

Le problème, c’est que ce type d’écrit ne permet pas au jury de vous évaluer réellement.

Parce qu’un professionnel ne se reconnaît pas dans ce qu’il réussit facilement.
Il s’apprécie aussi dans la manière dont il gère ce qui résiste.

Durant une démarche de VAE, vos difficultés ne sont pas un point faible à cacher.
Ce sont des points d’appui.

Elles montrent :

  • votre capacité à analyser
  • votre posture face à l’imprévu
  • votre manière de vous adapter
  • et surtout, votre capacité à apprendre

Autrement dit, votre niveau professionnel.

Encore faut-il savoir les utiliser !

Car une difficulté mal présentée peut desservir votre dossier.
Mais une difficulté analysée devient une démonstration.

C’est exactement ce que nous allons voir ensemble aujourd’hui !


Situation très commune dans un parcours de VAE d’un candidat.

Vous relisez votre livret 2.

Tout est propre.
Tout est fluide.
Tout semble maîtrisé.

Vous avez sélectionné des situations qui “fonctionnent”.
Vous avez évité celles où ça a été plus compliqué.
Vous avez supprimé ce qui pouvait donner une image imparfaite.

Et pourtant, quelque chose ne prend pas.

Votre dossier est correct… mais il ne marque pas.

Pourquoi ?

Parce que vous avez retiré ce qui fait votre valeur.

Un livret 2 n’est pas un document de communication.
Ce n’est pas une vitrine.

C’est un document d’analyse.

Et en retirant les difficultés, vous retirez :

  • les moments de réflexion
  • les prises de décision
  • les ajustements
  • et même certains arbitrages

Autrement dit, tout ce qui permet au jury de comprendre comment vous travaillez réellement.

Vous montrez ce que vous faites quand tout va bien.
Mais vous ne montrez pas ce que vous faites quand ça résiste.

Or, c’est précisément là que se situe la partie intéressante.

Un dossier trop lisse donne une impression trompeuse.
Il peut sembler maîtrisé… mais il manque de profondeur.

Il ne permet pas de voir votre capacité à gérer la complexité.

Et sans complexité, il n’y a pas d’analyse.


Vous associez peut-être encore difficulté et manque de compétence.

C’est ce qui vous pousse à les éviter.

Vous vous dites peut-être :
“Si j’en parle, cela va me desservir.”
“Le jury va penser que je ne maîtrise pas.”
“Il vaut mieux montrer ce que je réussis.”

Ce raisonnement est logique.

Nous avons tous envie de proposer notre « meilleure version ».
Mais ce raisonnmement est contre-productif.

Une difficulté ne remet pas en cause votre niveau.
Elle révèle votre manière de travailler.

Ce qui est évalué, ce n’est pas l’absence de problème.
C’est votre capacité à y faire face.

Prenons deux situations.

Dans la première, tout se déroule comme prévu.
Vous appliquez une méthode, vous obtenez un résultat.

Dans la seconde, rien ne se passe comme prévu.
Vous devez vous adapter, ajuster, réfléchir autrement.

Laquelle permet au jury de vous évaluer ?

Laquelle vous permet de proposer votre analyse ?

La réponse est évidente.

Une situation simple montre votre capacité à exécuter.
Une situation difficile montre votre capacité à penser.

C’est exactement ce qui est recherché.


Le jury ne lit pas votre livret pour vérifier si vous avez déjà réussi.

Il cherche à comprendre comment vous fonctionnez.

Il observe :

  • votre manière d’analyser une situation
  • votre capacité à prendre du recul
  • votre posture face à l’imprévu
  • et vos choix professionnels

Autrement dit, il regarde ce que vous faites quand ça ne se passe pas comme prévu.

C’est là que votre niveau apparaît.

Un candidat qui décrit une situation maîtrisée montre qu’il sait faire.
Un candidat qui analyse une difficulté montre qu’il comprend.

Et c’est cette compréhension qui est évaluée.

C’est aussi pour cela que certains dossiers très “propres” ne sont pas validés.

Ils montrent une activité.
Mais ils ne montrent pas une posture professionnelle.

À l’inverse, un dossier qui assume des difficultés, tout en les analysant, permet au jury de voir :

  • votre capacité d’adaptation
  • votre réflexion
  • et votre progression

Et donc votre niveau réel.


Une difficulté vous oblige aussi à sortir de l’automatisme.

Vous ne pouvez plus simplement appliquer.
Vous devez réfléchir.

Vous devez :

  • comprendre ce qui bloque
  • faire des choix
  • ajuster votre posture
  • parfois renoncer à une solution
  • pour en construire une autre

C’est dans ces moments que vos compétences deviennent visibles.

Une situation fluide est rarement révélatrice.
Elle ne vous met pas en tension.

Une situation difficile, au contraire, vous oblige à mobiliser votre analyse.

Elle crée de la matière, et vous oblige à rentrer dans le détail de l’action, du contexte, des contraintes.

C’est cette matière que vous devez exploiter dans votre livret.

Une difficulté n’est pas un problème à masquer.
C’est une opportunité à travailler.


Vous pensez peut-être ne pas avoir de “vraies” difficultés à présenter.

En réalité, vous en avez.
Simplement, vous ne les regardez pas comme telles.

Une difficulté ne se limite pas à un échec ou à une situation qui s’est mal terminée.
Elle est souvent plus subtile.

C’est un moment où quelque chose résiste.

Cela peut être une personne qui ne s’engage pas dans l’accompagnement.
Une situation qui n’évolue pas comme prévu.
Un cadre institutionnel qui limite votre action.
Un manque de moyens qui vous oblige à faire autrement.
Une tension dans l’équipe.
Une décision difficile à prendre.
Une action qui n’aboutit pas.

Ce sont des situations que vous rencontrez forcément.

Mais vous avez pris l’habitude de les contourner dans votre écriture.

Vous les jugez “pas assez valorisantes”.
Vous pensez qu’elles n’apportent rien.

C’est exactement l’inverse.

Ce sont ces situations qui permettent de vous montrer sous « un autre jour ».

Une difficulté n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être intéressante.

Ce qui compte, ce n’est pas son intensité.
C’est ce qu’elle révèle de votre manière de travailler.

Un blocage simple, analysé en profondeur, sera toujours plus pertinent qu’une réussite racontée sans recul.

La question à vous poser n’est donc pas :
“Ai-je des difficultés ?”

Mais plutôt :
“Qu’est-ce qui, dans mon quotidien, me demande de m’ajuster ?”

C’est là que se trouve la matière.


Une difficulté, en elle-même, n’a aucune valeur.

Si vous vous contentez de dire :
“J’ai rencontré un problème”
ou
“La situation était complexe”

Vous n’apportez rien au jury.

La difficulté devient intéressante uniquement à partir du moment où vous l’analysez.

C’est là que se fait le basculement.

Vous passez :

  • d’un constat à une démonstration

Ce qui est attendu, ce n’est pas la difficulté en elle-même.
C’est votre manière de la comprendre.

Vous devez être capable de montrer :

  • ce qui a posé problème
  • pourquoi cela a posé problème
  • comment vous avez réagi
  • ce que vous avez ajusté
  • et ce que cela a produit

C’est ce cheminement qui construit votre crédibilité.

Reprenons un exemple simple.

Dire :
“La personne ne s’impliquait pas dans son projet.”

Ne suffit pas.

En revanche, expliquer :
“Cette situation m’a amené à interroger mon mode d’accompagnement, à ajuster ma posture en prenant davantage en compte le rythme de la personne, ce qui a progressivement permis de favoriser son implication.”

Là, vous démontrez davantage.

Vous montrez que vous êtes capable de comprendre une situation, adapter votre intervention et faire évoluer votre pratique.

C’est exactement ce que le jury cherche.

Une difficulté non analysée fragilise votre dossier.
Une difficulté analysée le renforce.

Elle vous donne du crédit.

Alors maintenant, on va se parler franchement :


C’est ici que tout se joue.

Vous avez identifié une difficulté.
Maintenant, il faut la transformer en démonstration.

Et c’est précisément là que certains candidats se bloquent.

Ils évoquent la difficulté… puis passent à autre chose.
Sans aller au bout.

Or, ce n’est pas la difficulté qui est évaluée.
C’est la manière dont vous la travaillez.

Vous devez donc construire votre analyse.

D’abord, vous posez la situation.
Sans dramatiser, sans minimiser.
Vous expliquez ce qui se passe, simplement.

Puis, vous identifiez ce qui bloque réellement.

Pas en surface.
Pas en restant sur “la personne ne voulait pas” ou “la situation était compliquée”.

Vous allez plus loin.

Vous cherchez à comprendre :

  • ce qui freine
  • ce qui résiste
  • ce qui ne fonctionne pas

C’est cette étape qui donne de la profondeur à votre analyse.

Ensuite, vous expliquez vos choix.

  • Pourquoi avez-vous agi ainsi ?
  • Pourquoi avoir maintenu une posture ?
  • Et pourquoi avoir possiblement changé de stratégie ?

Vous montrez que vous ne subissez pas la situation.
Vous la pilotez.

Puis viennent les ajustements.

  • Qu’avez-vous modifié ?
  • Qu’avez-vous tenté autrement ?
  • Comment votre pratique a évolué dans la situation ?

C’est ici que votre capacité d’adaptation devient visible.

Ensuite, vous analysez les effets.

Même partiels.
Même progressifs.

  • Qu’est-ce que cela a changé ?
  • Pour la personne ?
  • Pour vous ?
  • Pour votre client, votre collègue, votre fournisseur ?
  • Dans la situation présentée ?

Enfin, vous en tirez un apprentissage.

C’est la clé.

  • Qu’est-ce que cette difficulté vous a appris ?
  • En quoi a-t-elle fait évoluer votre manière de travailler ?

C’est ce passage qui transforme définitivement votre discours.

Vous ne décrivez plus une situation.
Vous démontrez une compétence.


Une difficulté sans apprentissage est une impasse.

Vous pouvez avoir vécu une situation complexe, avoir fait des ajustements, avoir tenté plusieurs approches…

Si vous ne montrez pas ce que vous en avez tiré, votre analyse restera TOUJOURS incomplète.

Le jury ne cherche pas à savoir si la situation s’est bien terminée.
Il cherche à comprendre ce qu’elle vous a apporté.

C’est là que vous devez aller.

Les apprentissages peuvent prendre plusieurs formes :

Une évolution de posture.
Une meilleure compréhension du public/ de vos clients/fournisseurs
Une adaptation de vos méthodes.
Une prise de conscience sur votre manière d’intervenir.

Ce n’est pas forcément spectaculaire.

Mais c’est structurant.

Reprenons une formulation simple.

Au lieu de dire :
“J’ai adapté mon accompagnement.”

Vous pouvez écrire :
“Cette situation m’a amené à faire évoluer ma posture en intégrant davantage le rythme de la personne, ce qui a modifié ma manière d’accompagner sur les situations suivantes. Désormais, je ….”

Avec cette phrase, vous montrez :

  • une prise de recul
  • une évolution
  • un impact dans le temps

Vous n’êtes plus dans une action isolée.
Vous êtes dans un processus professionnel.

C’est exactement ce que le jury valide.


Vous relisez votre dossier une dernière fois.

Tout est fluide.
Tout est maîtrisé.
Tout semble cohérent.

Mais il manque quelque chose.

Votre livret est trop propre.

C’est une erreur fréquente.

À force de vouloir bien faire, vous avez supprimé :

  • les tensions
  • les hésitations
  • les ajustements
  • et les situations inconfortables

Vous avez construit un document rassurant… mais peu crédible.

Un livret trop lisse donne une illusion de maîtrise.
Mais il empêche le jury de voir comment vous travaillez réellement.

Il ne montre ni vos questionnements, ni vos arbitrages, ni votre capacité à gérer la complexité.

Or, c’est précisément cela qui est évalué.

Un professionnel n’évolue pas dans un environnement parfait.
Il fait face à des contraintes, à des imprévus, à des situations qui ne se déroulent pas comme prévu.

Ne pas en parler revient à présenter une pratique simplifiée.

Et cette simplification se voit.

À l’inverse, un livret qui assume ses zones de tension, tout en les analysant, gagne immédiatement en crédibilité.

Il devient plus juste.
Plus réaliste.
Plus professionnel.

Vous ne perdez pas en valeur en parlant de vos difficultés.
Vous en gagnez.

Vous donnez du relief à votre expérience, et du contexte.


Tant que vous cherchez à montrer que vous faites “bien”, vous restez en surface.

Votre objectif n’est pas de produire un livret irréprochable.
Votre objectif est de produire un livret compréhensible.

Cela change tout.

Vous ne devez plus chercher à valoriser uniquement vos réussites.
Vous devez chercher à faire comprendre votre manière de travailler.

Cela implique d’accepter :

  • de ne pas tout maîtriser
  • de montrer des ajustements et progressions
  • de parler de situations imparfaites

C’est cette posture qui fait la différence.

Vous passez d’un discours de justification à un discours d’analyse.

Vous ne cherchez plus à convaincre.
Vous cherchez à démontrer, expliquer, restituer.


Vos difficultés ne sont pas un problème à corriger.
Ce sont des éléments à exploiter.

Elles montrent votre capacité à faire face, à réfléchir, à vous adapter.

Mais à une condition.

Elles ne doivent pas être posées comme des faits isolés.

Elles doivent être analysées.

Et surtout, elles ne doivent pas être traitées à part.

Ces situations doivent être intégrées naturellement dans votre livret, au fil de vos expériences, de manière progressive.

Vous ne devez pas construire une partie “difficultés”.

Vous devez faire apparaître ces analyses par petites touches, dans chacune des situations de travail que vous présentez.

C’est cette intégration qui donne de la cohérence à votre dossier.

Un livret construit artificiellement se repère immédiatement.
Un livret qui intègre ces éléments de manière fluide devient crédible.

C’est une histoire que vous restituez : votre histoire !

Ce n’est pas la difficulté qui fait la différence.
C’est ce que vous en faites.

Et c’est précisément là que se joue votre validation.

J’espère que c’est plus clair pour vous et que vous saurez intégrer vos difficultés à votre écrit.

Pleine réussite,

Alexandra

Accompagnatrice VAE

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