« Je savais faire… mais je ne savais pas le dire. »

Cette phrase, des centaines de candidats en VAE pourraient la prononcer.

Et pour cause : vous avez l’expérience, les compétences, les années de pratique.

Mais quand il s’agit de mettre des mots dessus, tout se brouille. Les phrases restent vagues, les actions semblent banales, et le doute s’installe : « Est-ce que ce que je fais a vraiment de la valeur ? »

La vérité, c’est que ce n’est pas vous qui manquez de valeur.

Ce sont juste les bons mots qui manquent pour la révéler.

Comme j’ai pu l’entendre dans un dernier podcast que j’écoutais « Entre Nous », apprendre de nouveaux mots, c’est sortir de ses cadres habituels, élargir sa pensée, ouvrir des portes mentales.

C’est exactement ce qui se joue dans un parcours VAE : vous devez apprendre à penser votre pratique autrement, à l’analyser avec un vocabulaire professionnel, à nommer ce que vous savez faire, pour pouvoir enfin être reconnu.

Dans cet article, nous allons explorer pourquoi les mots comptent autant que votre expérience, et comment ils peuvent devenir vos meilleurs alliés pour faire de votre VAE un levier de transformation.

Pas seulement pour le livret.

Votre passage sera un « one-shot » !

Pour vous-même.

Vous allez comprendre où je veux en venir.


Si vous vous êtes lancé dans une démarche de VAE, il y a de fortes chances que cette phrase vous parle.

Elle résume à elle seule le sentiment de nombreux candidats au moment de commencer leur livret 2.

Vous avez l’expérience.

Vous avez les années.

Vous avez les responsabilités.

Mais quand il faut mettre tout cela en mots, la machine se grippe.

On vous demande d’écrire ce que vous faites, d’expliquer comment vous le faites, d’analyser pourquoi vous le faites…

Et soudain, tout paraît brouillon, pauvre, trop simple.

Ce qui vous semblait évident en situation devient difficile à décrire.

Vous doutez.

Vous vous demandez : « Est-ce que ça suffit ? Est-ce que c’est « bien » ce que je fais ? »

C’est un décalage de langage.

Le monde professionnel fonctionne souvent dans l’action : on fait, on agit, on résout, on avance.

Il y a peu de temps pour formaliser, structurer ou analyser.

Mais la VAE, elle, exige un autre mode de fonctionnement : elle vous demande de rendre visible ce que vous savez faire.

Et pour cela, il faut des mots précis, des formulations rigoureuses, des concepts qui viennent parfois d’un référentiel, d’un ouvrage, d’un article que vous ne connaissez pas encore.

Pourquoi ?

Parce que vous avez toujours fonctionné sans les clés !

Les concepts apportent une boite à outils de réponses, mobilisables quand les situations arrivent.

C’est comme vous donner les réponses, avant d’avoir la question.

Vous, vous avez bidouillé !

Vous vous êtes pris les questions, et avez cherché les réponses comme vous le pouviez…

Là où un jeune étudiant confronte les connaissances obtenues en formation, à la réalité du terrain,

Le chemin, pour vous, est donc d’aller retrouver ces concepts,

Qui soutiendront vos réponses, vos choix, vos actions,

Ou parfois les infirmeront, juste pour montrer la complexité d’un sujet.

C’est une phrase que j’entends souvent en accompagnement.

Ce que je réponds généralement, c’est : vous avez déjà les compétences.

Ce qu’il vous manque, c’est le lexique pour les exprimer.

Et c’est normal : personne ne vous a formé à ça.

Mettre des mots sur ce que l’on fait demande de prendre du recul, de réfléchir à ses intentions, ses méthodes, ses choix.

Cela demande aussi d’aller chercher des verbes d’action professionnels, de nommer des compétences transversales, de structurer une pensée.

Autrement dit : ce n’est pas juste un exercice d’écriture.

C’est une reconstruction de votre parcours à travers le langage.

Et cela demande du temps…

Aucune situation professionnelle ne se rédige en 2 jours.

Ce sentiment de ne pas savoir « bien dire » n’est pas un échec.

C’est une étape naturelle dans le processus de reconnaissance.

Rappelez-vous, le chemin à parcourir est d’aller rechercher les concepts !

Et la bonne nouvelle, c’est qu’il existe des outils, des techniques, pour vous aider à retrouver les bons mots, à vous approprier le vocabulaire professionnel, et à faire le pont entre l’action et la pensée.

C’est ce que nous allons explorer dans la suite de l’article.


Quand on parle de vocabulaire en VAE, il ne s’agit pas simplement de “parler comme dans les livres”.

Il s’agit de se doter d’un outil de pensée.

Les mots ne sont pas que des étiquettes : ce sont des structures mentales.

Ils permettent de donner forme à ce que l’on vit, d’organiser ses idées, de clarifier ce que l’on ressent ou comprend.

Sans les bons mots, la pensée reste floue, confuse, difficile à partager.

💡 Des mots pour structurer sa réflexion

Prenons un exemple simple.

Vous écrivez dans votre brouillon :

« Je réponds aux demandes des clients. »

Très bien.

Mais en approfondissant, on peut reformuler :

« J’identifie les besoins exprimés des clients, je priorise les demandes en fonction de leur urgence et je propose des solutions adaptées, en veillant à articuler les réponses avec les offres existantes. »

Même situation, mais autre niveau de pensée.

C’est là que réside toute la différence entre raconter ce que l’on fait… et analyser ce que l’on fait.

Ce passage à un langage plus précis, plus nuancé, plus professionnel oblige à penser autrement, à prendre de la hauteur, à interroger ses intentions, ses choix, ses méthodes.

Quand le langage devient un levier de lucidité

Souvent, les candidats me disent :

« Je n’avais jamais pensé à mon travail comme ça. »

Ou encore : « En l’écrivant avec ces mots-là, je me rends compte de tout ce que je sais faire. »

Enrichir son vocabulaire, ce n’est pas seulement “faire plus pro” : c’est révéler à soi-même l’étendue de ses compétences.

Et c’est là que le parallèle avec le podcast que j’évoquais en introduction prend tout son sens.

Dans Entre nous, Oussama et Basile expliquent que découvrir de nouveaux mots, de nouveaux concepts, permet de sortir de ses propres limites mentales.

Plus on a de mots, plus on a d’outils pour penser — pour penser plus grand.

🚪 Un vocabulaire élargi, c’est une porte ouverte vers autre chose

Quand vous trouvez les bons mots pour dire ce que vous faites :

Vous vous appropriez votre métier autrement

Vous prenez conscience de votre valeur professionnelle

Vous gagnez en légitimité et en confiance

Et surtout, vous vous ouvrez à des possibles.

Vous passez de « je fais » à « je me situe », « je choisis », « je construis ».

C’est un changement de posture, une montée en réflexivité… et souvent, une montée en ambition.


Vous l’aurez compris à ce stade, enfin je l’espère, vous entrez dans un exercice de traduction.

Votre mission, en tant que candidat, est de faire le lien entre ce que vous avez vécu… et ce que le référentiel de certification attend.

Et pour cela, il faut apprendre à parler la même langue.

🧭 Le référentiel : un outil, pas un obstacle

Certains candidats voient le référentiel comme une montagne de jargon.

En réalité, c’est votre meilleur allié.

Chaque diplôme s’appuie sur un ensemble de compétences formulées avec précision.

Ces formulations peuvent sembler techniques au départ — mais elles vous donnent la grille de lecture nécessaire pour valoriser ce que vous faites déjà.

Par exemple :

Le référentiel dit : « Conduire une analyse financière et proposer des axes d’optimisation. »

Vous, vous dites : « Je repère quand un poste de dépenses dérape et je propose une solution. »

C’est la même chose — mais pas avec les mêmes mots.

🛠 Apprendre à nommer, c’est apprendre à penser son métier

Utiliser le langage du référentiel, ce n’est pas faire semblant.

C’est mettre des mots professionnels sur des pratiques réelles.

Et c’est une compétence en soi.

Cela vous oblige à :

  • Clarifier vos intentions : pourquoi faites-vous cela ?
  • Justifier vos choix : comment décidez-vous ?
  • Décrire vos méthodes : avec quels outils, quelles étapes, quels critères ?
  • Articuler vos actions à un contexte plus large : pour qui, dans quel cadre, avec quels enjeux ?

Autrement dit, vous passez du terrain à la posture professionnelle.

Vous devenez capable de vous situer dans un métier, dans une logique de compétence, dans un système.

 Quelques pistes pour s’approprier ce langage

  • Relisez le référentiel régulièrement. Même si vous ne comprenez pas tout au départ, les termes vont peu à peu devenir familiers.
  • Créez un lexique personnel. Notez les mots-clés du diplôme et cherchez comment ils se traduisent dans votre quotidien.
  • Comparez vos formulations avec celles du référentiel. Demandez-vous : “Comment est-ce que je pourrais dire ça autrement ou emprunter un terme professionnel ?”
  • Reformulez avec un tiers. Parfois, il suffit d’une reformulation extérieure pour faire jaillir la bonne formulation.

Et n’oubliez pas : le processus d’écriture demande du temps !!!

Sans cela, vous ne pouvez produire un écrit réfléchi et analysé.

L’analyse demande de se poser, de laisser, d’y revenir, de modifier…


Au fil d’un parcours VAE, beaucoup de candidats vivent une transformation silencieuse mais profonde : ils commencent à se voir autrement.

Et cette transformation ne vient pas seulement du diplôme visé.

Elle vient des mots qu’ils apprennent à utiliser pour parler d’eux-mêmes et de leur travail.

Car enrichir son vocabulaire, ce n’est pas seulement “parler plus joliment” ou “faire pro”.

C’est changer de point de vue sur soi.

C’est passer du mode exécutant au mode acteur.

C’est sortir d’une posture modeste (voire effacée) pour adopter une parole claire, solide, assumée.

💭 Quand on change ses mots, on change sa perception

Il y a un vrai pouvoir dans le langage : celui de créer une nouvelle image de soi.

Quand vous commencez à dire :

  • « Je prends des décisions », au lieu de « Je fais ce qu’on me demande »
  • « Je coordonne une équipe », au lieu de « Je donne un coup de main quand il faut »
  • « Je mets en œuvre une stratégie », au lieu de « J’essaie de faire de mon mieux »

… vous ne parlez plus seulement différemment : vous pensez différemment.

Et surtout, vous vous autorisez à prendre votre place.

Penser plus grand, ce n’est pas tricher. C’est se repositionner.

Certains candidats ont peur d’en faire “trop”, de “se survendre”, en adoptant un langage plus structuré ou plus stratégique.

Mais ce n’est pas de la prétention : c’est de la prise de recul.

Ce que vous faites au quotidien a de la valeur.

Le rôle de la VAE est de vous aider à le formaliser et à l’assumer.

Utiliser les bons mots, ce n’est pas vous éloigner de qui vous êtes.

C’est vous rapprocher de ce que vous valez vraiment.

🎯 Et après la VAE ?

Une fois le diplôme obtenu (ou même avant !), ce nouveau langage vous reste.

Il vous aide à :

mieux parler de votre travail en entretien,

mieux négocier,

mieux vous positionner dans une équipe,

mieux envisager la suite de votre parcours.

Bref : élargir votre vocabulaire, c’est élargir vos perspectives.


La VAE n’est pas seulement un processus de validation.

C’est une expérience de traduction, parfois même de transformation.

Car pour faire reconnaître ce que vous savez faire, vous devez d’abord apprendre à le nommer.

Et pour le nommer, vous devez parfois élargir votre langage, et donc votre regard sur vous-même.

Trouver les bons mots, c’est prendre conscience.

Prendre conscience, c’est structurer sa pensée.

Et structurer sa pensée, c’est ouvrir la voie à la reconnaissance — par les autres, mais aussi par soi-même.

Alors oui, enrichir son vocabulaire demande un effort.

Mais cet effort est un levier de lucidité, de légitimité, et d’émancipation.

Les bons mots ne sont pas juste des outils pour le livret : ils sont des clés pour avancer.

La VAE va vous challenger : si vous recherchez une certaine facilité, ce parcours n’est pas pour vous.

Tous mes vœux de succès.

Alexandra

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