Aujourd’hui, je vous propose le témoignage de Justine, qui a obtenu et validé son DEEJE par VAE en septembre et nous livre ce précieux retour d’expérience.
Elle a réalisé, ce que je considère comme, une triple performance :
- Valider l’ensemble des 4DC/8BC en un seul passage devant le jury
- Passer d’un CAP Petite Enfance à un BAC + 3 en validant le diplôme d’Educateur de Jeune Enfant nouvellement réformé
- Rédiger un livret 2 singulier, authentique, percutant, touchant… qui je dois bien l’avouer m’a laissée sans voix une fois que j’en ai terminé la lecture
J’ai donc souhaité profiter de son expérience, de sa réussite, de son regard aussi sur sa profession, et de ses conseils, afin que les prochain(e)s EJE s’en inspirent.
Voici le témoignage d’une éducatrice de jeune enfant diplômée, dès son premier passage et après l’application de la réforme portée sur les cinq diplômes du domaine social.
Belle lecture !
Justine : pouvez-vous vous présenter rapidement ?
Bonjour, j’ai 46 ans, mariée, 2 enfants. Je travaille dans la petite enfance depuis 8 ans après une première carrière dans le tourisme et l’événementiel. Je me suis expatriée au Québec pendant 10 ans. De retour en France depuis 9 ans, je vis dans la région de Bordeaux.
Dans quel type de structure exerciez-vous jusqu’à présent ?
Lorsque j’ai obtenu mon CAP petite enfance (à présent nommé CAP AEPE) par correspondance en 2014, j’ai été recrutée tout de suite par la collectivité dans laquelle j’ai effectué l’un de mes stages. J’ai ainsi pu intégrer un multi accueil d’une capacité de 25 places entre 3 mois et 3 ans, dans lequel je suis restée 7 ans.
Pourquoi avez-vous décidé d’entreprendre une VAE pour obtenir le DEEJE ?
Lorsque j’ai obtenu mon CAP, j’avais en tête de gravir des échelons pour obtenir des responsabilités plus importantes. On se rend vite compte que le CAP petite enfance présente peu de possibilité d’évolution. On est cantonné à un type de poste, ce que je regrette.
Dans ma structure, j’ai pu découvrir les différents métiers de la petite enfance parmi mes collègues. EJE, auxiliaire de puériculture, infirmière. Il m’a été facile de questionner chacune sur les particularités de leur métier et de les observer au quotidien. Pour moi, le constat était clair : j’avais envie de faire la même chose que ma collègue EJE. Le côté éducatif et social m’attirent et c’est ainsi que je me suis mise en tête de devenir un jour EJE.
Combien de temps a duré l’ensemble de votre démarche de VAE ?
Ma toute première démarche était le livret 1 en mai 2019. Admissibilité reçue en 2 mois, plutôt rapide.
C’est par la suite que j’ai perdu du temps. J’ai été confronté à la réforme des diplômes du social. J’ai dû patienter 18 longs mois puisque le nouveau référentiel a été publié en février 2021 (Complément sur ce point : le référentiel du DEEJE était publié et disponible en ligne depuis 2018, mais les huit blocs de compétences, qui découlent des 4DC n’ont fait leur apparition qu’en février 2021, en même temps que la parution du livret 2 « nouvelle version »).
Avec du recul, ce délai a été profitable. Il m’a permis de mettre en place des projets à la crèche, j’ai travaillé en binôme avec l’EJE en place, j’ai beaucoup lu. J’ai donc gagné en compétences.

Votre avis sur l’accompagnement
J’ai fait appel à Alexandra (Accompagnatrice VAE et créatrice du site sur lequel vous êtes) en janvier 2021 pour m’aider à structurer mon livret, à être guidée au fur et à mesure afin d’éviter de partir dans tous les sens (comme ça peut arriver quand on est en mode ‘panique’). Une fois le référentiel en place, j’ai eu 4 mois pour rédiger mon livret 2. Là, le stress est monté.
Heureusement, le contenu de l’accès privé à Pro-avenir a été une vraie chance pour moi. J’ai regardé les nombreuses vidéos d’Alexandra, toujours très claires, argumentées, étayées en fonction du diplôme, orientées vers l’efficacité, pas de chichi.
L’accès illimité permet d’y revenir autant de fois que nécessaire. Une bibliothèque de ressources fournies, variées et très utiles est aussi à notre disposition. Les outils d’Alexandra sont de véritables pépites à utiliser sans modération pour acquérir un écrit de qualité, un vocabulaire professionnel adapté à l’attendu du jury, des astuces de langage. Bref, un vrai gage de qualité pour réussir.
De plus, Alexandra a mis en place une messagerie interne permettant au candidat de poser toutes les questions. Et honnêtement, je n’ai jamais attendu plus que quelques heures avant d’obtenir une réponse d’Alexandra, toujours très précise dans ses éléments de réponse.
(Pour celles et ceux qui se poseraient la question, Justine a eu recours à ce programme d’accompagnement)
Quelles ont été vos difficultés durant cette démarche ?
La principale difficulté a été de ne pas savoir si mon écrit allait dans la bonne direction au fur et à mesure. Je n’ai pas choisi l’option « relecture » dans l’accompagnement sélectionné, avant l’envoi du livret 2. Avec du recul, j’aurais sans doute dû le prévoir pour éviter cette incertitude jusqu’à l’oral. Je le recommande !

Combien de temps était consacré à l’écriture de votre livret 2 par semaine ?
Pendant tout le processus, je travaillais à temps complet. Je consacrais 2h par soirée à mon livret, mais pas tous les soirs. J’ai fonctionné avec un compte à rebours à J-30, pour ne pas me faire piéger par le temps.
Je suis alors passée en mode « bachotage » en consacrant chaque dimanche et chaque soir jusqu’à parfois 1h voire 2h de matin. L’adrénaline jouant son rôle, je n’étais pas si épuisée. La nature est bien faite !
Quand j’ai eu des moments de découragements, je venais me remotiver auprès d’Alexandra qui a toujours un bon mot pour retrouver entrain et confiance. C’est normal d’avoir des passages à vide, il faut les accepter pour mieux rebondir.

Avez-vous validé tous les domaines de compétences du DEEJE dès votre premier passage ?
Oui, j’ai validé les 4 domaines de compétences au premier passage !

Comment avez-vous vécu l’oral avec le jury de VAE ?
J’ai pratiqué en amont à l’oral en faisant l’exercice de répondre à toutes les questions possibles et inimaginables sur le sujet. Grâce à un ami jury de VAE, je me suis entraînée à défendre mon projet oralement.
À mon sens, c’est indispensable. D’abord pour bien gérer son temps, bien gérer son stress, être incollable sur toutes les questions posées.
Le jour J, j’ai pratiqué la cohérence cardiaque (respiration guidée) afin de garder mon calme. Les bienfaits sont immédiats, je le recommande à tous ! L’entretien s’est bien passé. Le jury est bienveillant, à l’écoute. On sent qu’ils ont un réel souci de bien faire et nous écoute vraiment, c’est très agréable.
Selon vous, quel domaine de compétence était le plus difficile à illustrer par votre expérience et pourquoi ?
C’est le DC 3 lié à la communication en équipe. En tant que CAP, je n’ai pas souvent eu l’opportunité de conduire une réunion et tout ce qui incombe à une EJE dans ce domaine en temps normal. J’ai pourtant eu la chance d’avoir la confiance de ma hiérarchie pour expérimenter ces compétences. Cela m’a aidé, mais j’ai eu plus de difficulté à le démonter à l’écrit.
Quels conseils donneriez-vous à un(e) candidat(e) qui souhaite entamer une démarche de VAE et obtenir le DEEJE ?
D’abord, je lui conseillerai de bien lire, comprendre et s’imprégner du référentiel afin de vérifier si chaque compétence a bel et bien été acquise. Pour cela, il faut être capable d’être autocritique par rapport aux compétences.
Cela évitera une grosse déconvenue le jour de l’oral quand le jury expliquera que le candidat ne maîtrise pas les compétences. J’ai plusieurs exemples de candidates recalées (souvent des assistantes maternelles) qui dans leur quotidien, ne peuvent maîtriser certaines compétences comme le DC3, puisqu’elles sont seules chez elle. Quelle énorme déception après avoir fourni un effort si important.

Ensuite, je dirai de foncer, même si au début, toute cette démarche semble une montagne infranchissable. Avec l’aide d’Alexandra, vous serez épaulé pour gravir les étapes une à la fois. L’objectif est plus facile à atteindre quand on a un bon guide et qu’on est bien outillé.
L’expérience de la VAE est extrêmement enrichissante, elle nous permet un vrai travail intérieur. C’est une métamorphose de nous-mêmes et de notre pratique professionnelle.
Pour illustrer mon propos, je me souviens pendant le processus, je parlais de moi en disant « quand je serai EJE… » et je me suis surprise quelques mois plus tard à parler de moi comme une EJE. Un lapsus révélateur de mon cheminement professionnel et personnel.
« Je conseille aux candidats VAE de bien lire, comprendre et s’imprégner du référentiel afin de vérifier si chaque compétence a bel et bien été acquise ».
Si c’était à refaire, recommenceriez-vous votre démarche ?
Oh que oui !

Quel regard portez-vous sur la profession d’Éducatrice de Jeune enfant aujourd’hui ?
Je porte un regard bienveillant et je suis pleine de gratitude d’avoir pu réaliser mon objectif. C’est un métier fantastique, mais malmené et dévalorisé. Malgré cela, je suis fière de pouvoir le pratiquer avec passion et dévouement. Accompagner les enfants, leurs familles, tous les acteurs sociaux de la petite enfance, c’est un cadeau pour moi.
De plus, je tiens à dire à ceux et celles qui aimeraient comme moi devenir EJE que ce métier est très demandé. Il y a une pénurie d’EJE à l’échelle nationale, voire internationale. L’investissement sera donc vite récompensé par de nombreuses opportunités professionnelles.
Quelle est votre plus belle réussite en tant qu’EJE ?
C’est une question difficile, je ne suis EJE que depuis quelques mois. Comme je le mentionnais à la question précédente, les opportunités sont nombreuses en tant qu’EJE, il y a l’embarras du choix. J’ai ainsi reçu une bonne dizaine de propositions de postes en CDI depuis l’obtention du diplôme (je me suis inscrite sur Pôle Emploi).
Le social ayant la réputation d’être un secteur mal payé, dévalorisé ; j’ai décidé de « tenir tête » aux employeurs lorsqu’ils me proposaient un SMIC ou juste au-dessus.
J’ai rappelé que ce diplôme a été valorisé à Bac+3 et que je n’accepterai un poste qu’avec un salaire correspondant au niveau reconnu. J’ai obtenu le salaire demandé. Je peux donc dire que c’est une réussite.

Les opportunités sont nombreuses en tant qu’EJE (…). J’ai reçu une dizaine de propositions de postes en CDI »
Et votre plus grosse déception ?
Pour l’instant, je n’y vois que du positif.
Vous êtes donc diplômée EJE aujourd’hui, quels sont vos projets pour l’avenir et ces prochaines années ?
Je viens de prendre mes fonctions dans un Relais Petite Enfance (à temps partiel) où mes missions résident dans le soutien et l’accompagnement des assistantes maternelles dans leur quotidien pas toujours facile, car seules chez elles à gérer jusqu’à 4, voire 6 enfants, et l’accompagnement et le conseil aux parents pour trouver un mode de garde. Un rôle social qui me tient à cœur.
Par ailleurs, je suis en attente d’une réponse pour être formatrice de CAP AEPE dans un centre d’apprentis.
Pour finir, un projet à plus long terme, mais déjà en construction, c’est la création d’une crèche nature, inspirée directement de mon projet défendu dans mon livret 2 de VAE. Comme quoi, cette VAE apporte son lot de surprises.
Un dernier conseil pour celles et ceux qui liront ce témoignage ?
Croyez en vous, ne laissez personne vous décourager, bossez dur et vous atteindrez votre objectif. J’étais de nature timide, pas trop de confiance en moi… j’ai voulu me défier en tentant la VAE. J’ai réussi, je me sens fière de moi et à ma place.
N’hésitez pas à vous faire accompagner par Alexandra, elle a ce petit « je ne sais quoi » qui fait la différence. Merci à elle de m’avoir donnée les clés de la réussite, je lui suis très reconnaissante.
Croyez en vous, ne laissez personne vous décourager !
Ce que vous devez retenir de ce témoignage et mes conseils
Justine est un bel exemple à suivre. Elle illustre à elle seule le fait qu’une personne peut réussir tout ce qu’elle souhaite, pourvu qu’elle l’ait décidé et qu’elle mette tout en œuvre pour prioriser son projet.
Chaque personne dispose des mêmes 24 heures dans une journée.
Vous allez parfois rogner sur votre sommeil, sur vos moments de vie, mais la récompense promise sera à la hauteur du sacrifice et de l’engagement fourni.
En fonction de vos facilités rédactionnelles, de votre aisance dans l’exercice d’écriture et de prise de parole en public que demande la VAE, savoir s’entourer peut être une manière de maximiser vos chances de réussite (collègues ayant réalisé cette démarche, managers, accompagnateur VAE…).
L’accompagnement VAE constitue souvent un GPS pour un candidat en démarche de VAE, en retraçant chaque étape, chaque action à entreprendre, pour rédiger votre livret 2 puis préparer l’oral avec le jury.
Mais c’est bien vous qui allez ensuite parcourir le chemin et appliquer ces conseils : vous êtes à 100 % responsable de votre réussite !
Et quand je vois les opportunités auxquelles accèdent Justine avec l’obtention de ce diplôme, et les projets en perspective, je suis heureuse de savoir que le monde de la petite enfance compte une professionnelle de plus comme elle, et la remercie du temps passé à répondre à ces questions.
Merci pour ce précieux témoignage et les conseils livrés aux futur(e)s EJE diplômé(es) !
Prêt à vous lancer dans la VAE et à réussir ce merveilleux projet professionnel ?
Recevez tous mes voeux de réussite.
Alexandra
Articles complémentaires pour vous aider dans l’obtention de votre DEEJE par VAE :
1 – Guide complet pour réussir son DEEJE par VAE de A à Z
2 – Comment rédiger son livret 2 pour le DEEJE
3 – La liste des livres indispensables pour valider votre VAE et devenir EJE