S’engager dans une VAE ne consiste pas simplement à remplir un dossier, rencontrer un jury, puis attendre une décision.

C’est une démarche exigeante, structurée, qui demande de comprendre ce que l’on fait, à quel moment du parcours on se situe, et ce qu’il faut réellement produire pour avancer dans de bonnes conditions.

Quand on comprend la logique de la VAE, il devient plus facile de poser les bonnes actions, d’éviter certaines erreurs, et de mettre toutes les chances de son côté pour aller vers une validation.

Si je devais vulgariser la démarche VAE au maximum, je la résumerais en 3 grandes étapes :

1 – Sécuriser,

2 – Démontrer,

3 – Conforter.

Ces 3 étapes permettent de mieux lire son parcours, de comprendre ce qui est attendu à chaque phase, et d’éviter de fragiliser sa démarche, sans même s’en rendre compte.

Je vous propose donc d’entrer dans le détail aujourd’hui.


La première étape de la VAE consiste à sécuriser votre projet.

C’est une phase essentielle, et pourtant souvent sous-estimée.

On veut parfois aller trop vite, mais un mauvais départ peut fragiliser votre démarche toute la suite.

La première question n’est pas :
“Comment rédiger mon livret 2 ?”

La première question est :
“Est-ce que je vise le bon diplôme ?”

Sur ce point, on observe souvent deux situations :

  • certaines personnes se sous-estiment et visent un diplôme en dessous de leur véritable niveau d’expérience ;
  • d’autres surestiment leur parcours et choisissent une certification qui ne correspond pas réellement à leur niveau de responsabilité ou d’expertise.

Dans les deux cas, le risque est réel.

Si vous vous engagez sur un diplôme trop éloigné de votre expérience, vous risquez de vous retrouver en difficulté dès la rédaction, puis au moment du passage devant le jury, avec à la clé une validation partielle ou une non validation.

Choisir le bon diplôme, c’est donc :

  • identifier le domaine qui correspond réellement à votre expérience ;
  • évaluer votre niveau de responsabilité ;
  • vérifier que votre parcours est cohérent avec le niveau de diplôme visé.
  • pensez aussi la VAE comme un outil, au service de votre vie professionnelle

En VAE, il n’existe pas de logique de « prérequis scolaires » comme dans un parcours de formation classique.

Vous n’avez pas besoin d’avoir tel diplôme pour viser tel autre.

Ce qui compte, ce n’est pas votre niveau d’études initial, mais votre expérience, vos activités, vos responsabilités et votre capacité à démontrer les compétences attendues.

Autrement dit, une personne titulaire du bac, ou même sans diplôme, peut tout à fait viser un niveau licence ou master si son expérience le justifie.

Il est donc important de ne pas reproduire les barrières mentales issues du système scolaire classique dans une démarche de VAE.

Plusieurs solutions peuvent vous aider à sécuriser cette première étape :

  • les Points Relais Conseil, selon votre région ;
  • le DAVA si vous visez un diplôme de l’Éducation nationale (étude personnalisée) ;
  • certains services VAE d’université ;
  • un accompagnateur/architecte VAE, dans le cadre d’une prestation dédiée.

L’objectif n’est pas simplement de “demander un avis”, mais de vérifier si votre projet est cohérent, réaliste et viable.

Une VAE n’est pas une démarche que l’on improvise.

Elle demande :

  • du temps ;
  • de l’énergie ;
  • de l’engagement ;
  • parfois un investissement financier.

Il est donc important d’anticiper aussi la question du financement, qu’il s’agisse du CPF, d’un financement employeur, d’une aide de la région, ou d’un financement personnel.

Parfois, le projet est pertinent… mais le moment ne l’est pas encore.

Et le reconnaître en amont permet aussi d’éviter bien des difficultés.


Une fois le diplôme identifié et la faisabilité validée (avis de recevabilité émis), vous entrez dans le cœur du travail : la démonstration.

C’est souvent à cette étape que tout se joue.

Car ce n’est pas parce que votre expérience semble cohérente sur le papier que vous allez obtenir la validation.

Il faut maintenant prouver, montrer, faire apparaître vos compétences de manière explicite et convaincante.

Avant cela, revenons un instant sur l’étude de faisabilité.

Avec la réforme en cours, le livret 1 tend progressivement à disparaître au profit de l’étude de faisabilité.

Cette étape ne doit pas être prise à la légère.

Elle consiste déjà à mettre en regard :

  • votre expérience ;
  • vos activités ;
  • vos missions ;
  • et les compétences attendues dans le référentiel de la certification visée.

Ce travail peut sembler inhabituel, parfois technique, parfois décourageant.

Pourtant, il est fondamental, car il prépare tout le reste.

Il ne s’agit pas seulement de remplir un dossier administratif.

Il s’agit déjà de commencer à montrer au certificateur que votre expérience entre en résonance avec le diplôme visé.

C’est ici qu’un grand nombre de candidats se trompent.

Le dossier de VAE, aussi appelé livret 2, n’a pas pour objectif de raconter votre parcours ni de décrire votre poste.

Il doit démontrer, à travers des situations de travail choisies avec pertinence, que vous maîtrisez les compétences attendues.

Vous pouvez être dans deux cas :

  • soit une trame vous est imposée ;
  • soit vous devez construire un écrit de A à Z.

Dans les deux cas, le travail attendu reste le même : il faut produire une démonstration solide, guidante, argumentée.

1. Lire le référentiel avec méthode

Le référentiel ne doit pas être lu comme une simple liste de compétences.

Il doit être utilisé comme une grille de lecture de votre expérience.

L’objectif est de comprendre :

  • ce que le diplôme attend ;
  • ce que vous devez prouver ;
  • et comment votre expérience peut l’incarner.

2. Choisir les bonnes situations de travail

Toutes les expériences ne se valent pas dans une VAE.

Il faut sélectionner des situations :

  • cohérentes avec le référentiel ;
  • suffisamment riches ;
  • faciles à documenter ;
  • et, si possible, relativement récentes.

Une expérience ancienne peut être pertinente, mais si elle date trop et qu’elle est difficile à documenter, elle peut vous fragiliser.

3. Comprendre l’objectif de chaque rubrique

Lorsqu’une trame est imposée, chaque partie du livret 2 a une fonction précise.

Avant de rédiger une rubrique, vous devez vous poser ces questions :

  • Quel est l’objectif de cette partie ?
  • Qu’attend-on de moi ici ?
  • Qu’est-ce que je dois démontrer ?
  • Quels éléments doivent apparaître ?

Si vous ne faites pas ce travail de lecture en amont, vous risquez de rédiger “au fil de l’eau”, sans stratégie, et de passer à côté de l’attendu réel.

4. Construire un plan avant de rédiger

Un bon livret 2 ne s’écrit pas au hasard.

Il se construit.

Le plan permet :

  • d’organiser vos idées ;
  • de hiérarchiser les informations ;
  • de guider le jury ;
  • et d’éviter un écrit confus ou décousu.

Vous devez toujours garder en tête une idée centrale :
le jury ne doit jamais avoir à chercher ce que vous voulez démontrer.

C’est à vous d’être guidant.


Un livret 2 sans annexes sérieuses est fragilisé.

Les annexes ne sont pas là pour “faire du volume”. Elles servent à illustrer, appuyer, crédibiliser vos propos.

Le jury n’attend pas :

  • vos diplômes ;
  • vos attestations de formation ;
  • une masse de documents de 80 pages.

Il attend des éléments ciblés, synthétiques, pertinents.

Par exemple :

  • un compte rendu ;
  • un tableau de suivi ;
  • un document de travail ;
  • une synthèse ;
  • une production que vous avez réellement réalisée ou pilotée.

Chaque annexe doit venir appuyer votre démonstration, pas la remplacer.

Votre développement écrit doit rester central.

L’annexe vient en complément pour montrer que ce que vous expliquez s’appuie sur du concret.


Un autre point majeur concerne le style d’écriture.

Beaucoup de candidats expliquent ce qu’ils ont fait.
Mais cela ne suffit pas.

Dans une démarche de VAE, il faut certes décrire certaines actions, mais surtout :

  • analyser ;
  • justifier ;
  • prendre du recul ;
  • questionner sa pratique ;
  • expliciter ses choix ;
  • commenter les résultats obtenus.

Plus le niveau de diplôme visé est élevé, plus cette exigence est forte.

Sur certains diplômes, notamment en licence ou en master, on attend davantage qu’une simple restitution d’expérience.

Le jury veut voir si vous êtes capable :

  • d’analyser des situations ;
  • de mettre en perspective vos choix ;
  • d’adopter un regard critique ;
  • et de problématiser votre expérience.

Or, ce type d’écriture n’est pas intuitif pour tout le monde.

C’est précisément pour cette raison qu’il faut prendre le temps de comprendre les attendus du diplôme, de lire, de se documenter, ou parfois de se faire accompagner pour prendre un raccourci.


Une fois le livret 2 rédigé et déposé, la dernière étape consiste à conforter votre démarche lors de l’oral.

Là encore, cette phase ne doit pas être sous-estimée.

Le livret 2 a déjà fait une partie du travail.

Mais le jury va chercher à vérifier plusieurs choses :

  • que vous êtes bien l’auteur de votre dossier ;
  • que vous maîtrisez réellement ce que vous avez écrit ;
  • que vous êtes capable d’aller plus loin que l’écrit ;
  • que vous savez répondre avec précision, recul et cohérence.

L’oral sert à transformer l’essai.

Le jury va vous demander :

  • des précisions ;
  • des éclairages complémentaires ;
  • des approfondissements sur certaines situations ;
  • parfois des questions de connaissances ou de posture.

Votre objectif n’est pas de répéter votre dossier, mais de montrer que vous êtes en capacité de prolonger et incarner ce que vous avez présenté par écrit.


Au fond, toute la démarche VAE peut se résumer ainsi :

1. Sécuriser

Choisir le bon diplôme, valider la cohérence de son projet, penser sa démarche comme un vrai projet.

2. Démontrer

Sélectionner les bonnes situations, construire un dossier guidant, analyser sa pratique, documenter ses propos.

3. Conforter

Préparer l’oral pour confirmer, approfondir et défendre ce qui a été démontré dans le livret 2.

Quand vous comprenez cette logique, la VAE devient beaucoup plus lisible.

Vous ne subissez plus les étapes.


Vous comprenez ce que vous êtes en train de faire, pourquoi vous le faites, et ce qui est réellement attendu à chaque moment du parcours.


Choisir le bon diplôme, comprendre un référentiel, sélectionner les bonnes situations, structurer un livret 2 ou préparer l’oral : chaque étape peut fragiliser votre démarche si elle n’est pas bien comprise…

Si vous souhaitez être accompagné dans votre VAE, je peux vous aider à clarifier votre situation et à avancer avec une méthode adaptée à votre parcours.

Tous mes voeux de succès !

Alexandra